Prochain ouvrage à paraître : un essai sur…l’Amour !

novembre 12, 2012 dans À propos de Nathan Malory, essai "Et si l'amour...", Réflexions, Œuvres littéraires

 

La 4ème de couverture.

Et si l'Amour... de Nathan Malory

 

Et si…Nathan Malory nous donnait sa vision de l’Amour au 21ème siècle ?

Cela donnerait sans doute un portrait sombre et affligeant, saigné par une perte de valeurs et de repères.

Et si…des cœurs solitaires ou pas, se sentaient emprisonnés dans une société moderne toujours plus égoïste, superficielle et intéressée ?

Et si…les sentiments étaient devenus des produits de supermarché au rabais au profit d’un dogme du cul exclusif brut et animal qui règne en maître responsable d’un Amour vrai en voie d’extinction ?

Et si…au fond…

Tout n’était pas perdu ?

Alors peut-être que Nathan Malory lancerait aussi une bouteille à la mer. Il s’adresserait aux plus audacieux et nous livrerait son secret : la différence entre l’ »Amour » réflexe et l’Amour conscient, seul Amour de qualité qui peut nous permettre de vivre pleinement et consciemment une Véritable histoire d’Amour basée sur l’essentiel.

Et si l’Amour vrai…n’attendait plus que vous ?

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« Laisse-moi entrer » de John Ajvide Lindqvist

septembre 12, 2011 dans Lectures et critiques littéraires

Août 2011

Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist

 

« Oskar a 12 ans, il vit seul avec sa mère au coeur d’une banlieue glacée de Stockholm. Martyrisé par trois adolescents de son collège, il rève de devenir tueur en série pour se venger de ses tortionnaires.
Eli emménage un soir dans l’appartement voisin. Elle sort le soir, semble ne craindre ni le froid ni la neige et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable.
Entre ces deux adolescents que tout oppose naît le plus violent des sentiments : l’amour. Mais, tandis que des meurtres se succèdent dans ce quartier réputé tranquille, Oskar découvre la vraie nature d’Eli et comprend qu’elle est un vampire…

Une magnifique et sanglante histoire d’amour et d’amitié entre deux êtres désespérement seuls et différents. »


Dans mon dernier billet de lectures, j’avais donné un premier avis sur « La promesse des ténèbres«  de Maxime Chattam avant de me lancer dans un autre pavé, de 547 pages, celui de « Laisse-moi entrer » (« Låt den rätte komma in » dans la langue d’Ingrid Bergman) du Suédois John Ajvide Lindqvist (publié en 2010 et traduit par Carine Bruy) que j’ai terminé le mois dernier.

Ce livre a été ma deuxième entrée en matière satisfaisante dans le monde littéraire suédois bien que j’ai préféré « Millenium 1«  de Stieg Larsson ; cela étant, le roman de Lindqvist n’est pas un thriller à proprement parler et j’ai retrouvé — ce qui semble assez récurrent dans les romans suédois — l’envie de faire découvrir la culture nordique, notamment au niveau de l’atmosphère des lieux où l’on se retrouve en Suède et ça change (enfin !) de l’Angleterre ou des USA… N’attendez donc pas d’intrigue spécialement extraordinaire comme dans un thriller classique.

« Laisse-moi entrer », c’est donc un premier voyage dans une petite ville réelle de la Suède hivernale, Blackeberg (qui a vu naître Lindqvist), dans la banlieue de Stockholm. Dans le roman, l’histoire utilise une série de meurtres mystérieux comme toile de fond pour décrire LE vrai thème du livre : l’état, pourri, de la société contemporaine dont John Ajvide Lindqvist nous brosse un portrait plus que gore ! Alcoolisme, drogue, pédophilie, violence entre enfants, et prostitution infantile sont au rendez-vous. Âmes sensibles s’abstenir ! J’ai pour ma part trouvé certains passages très durs à lire tant c’était abject. C’est finalement la ville, Blackeberg elle-même, qui semble être un dépotoir de la noirceur la plus sombre de la nature humaine en pleine décadence. Une trame qui semble être devenue un « phénomène de mode » dans la littérature contemporaine où dépeindre le pire semble être devenu une obligation.

Le roman de Lindqvist nous plonge du début à la fin dans un sentiment dominant et omniprésent de solitude. Une solitude vécue par chaque personnage de façon différente. Oskar, cet enfant de 12 ans, martyrisé par ses camarades et qui n’a que comme seul « ami », Tommy, un autre gamin un peu plus âgé, seul lui aussi, paumé dans la drogue et le vol. Håkan, le « gardien » d’Eli, seul et isolé après avoir été désocialisé de par ses penchants pour les enfants. Et enfin, Lacke et Virginia qui ont peur de terminer leur vie seuls.

Enfin, et c’est quand même l’aspect le plus présent du roman hormis l’immersion dans le monde des vampires (très différente de la littérature classique dans ce genre), celui des deux personnages principaux : Oskar et Eli. Deux personnages à la fois pareils et différents. Oskar, petit garçon peureux, soumis et solitaire et Eli, petite fille (ou petit garçon ?), solitaire également, qui est à mon avis le personnage le plus abouti dans le roman. Un personnage qui se décrit comme « rien », à la fois masculin et féminin, jeune et vieux, monstre et humain, mort et vivant… Un personnage basé sur l’opposition, le tout et son contraire.

Quant à la relation qui les unit tous les deux : une relation forte et puissante où la frontière entre l’amour et l’amitié semble s’effacer tant leur relation est unique, attachante et émotionnelle. Une romance dramatique qui se veut humaine et tolérante dans l’acceptation des différences et dans la force — inconditionnelle — des sentiments. Une relation elle aussi en opposition car difficile à vivre. Comment leur relation va-t-elle évoluer ? Pourront-ils rester l’un auprès de l’autre ?… Je vous laisse ce roman entre les mains si vous souhaitez explorer leur lien, travaillé jusqu’au bout par Lindqvist !

Après une lecture aussi noire et dure qu’intense et passionnelle, je vais maintenant m’atteler à la lecture de  « La fille de papier«  de Guillaume Musso ! Vous êtes curieux ? Alors suivez le guide, c’est par là ! :-)

N.B : Le roman « Laisse-moi entrer » existe aussi en film (sorti la même année) dont le scénario a été confié à Lindqvist en personne.

Extraits :

[...] — Oskar…
Cela provenait de la fenêtre. Il ouvrit les yeux et regarda dans cette direction. Il vit les contours d’un petit visage de l’autre côté de la vitre. Il écarta ses couvertures mais avant qu’il ait eu le temps de sortir de son lit, Eli murmura :
— Attends. Reste dans ton lit. Est-ce que je peux entrer ?
Oskar chuchota :
— Oui.
— Dis que je peux entrer.
— Tu peux entrer. [...]

 

[...] Il suffit que tu piques un doigt ou quelque chose. Ensuite nous mêlerons nos sangs et notre pacte sera conclu.
Eli ne prit pas le couteau. Oskar le posa sur le sol afin de pouvoir attraper une goutte de sang qui était tombée de sa blessure.
— Allez. Tu ne veux pas ?
— Oskar… nous ne pouvons pas. Tu serais infecté, tu…[...]
— Pars ! Sinon tu vas mourir !
Oskar se leva et fit quelques pas en arrière. Ses pieds cognèrent dans le sac de bouteilles, qui tomba dans un grand bruit de verre cassé. Il se plaqua contre le mur tandis qu’Eli rampait jusqu’à la petite flaque de sang qui avait coulé de sa main. [...]

 

[...] — Je… ne tue pas des gens.
— Non, mais tu aimerais bien. Si tu pouvais. Et tu le ferais vraiment si c’était nécessaire.
— Parce que je les déteste. Il y a une grande…
— … différence. Vraiment ?
— Oui… ?
— Si tu t’en sortais sans être inquiété. Si ça arrivait simplement. Si tu pouvais souhaiter leur mort et qu’ils meurent. Tu ne le ferais pas dans ce cas ?
— … Si.
— Si. Et tu le ferais par plaisir. Par vengeance. Je le fais parce que je le dois. il n’y a pas d’autre moyen.
— Mais, c’est juste parce qu’ils… qu’ils me font du mal, parce qu’ils m’embêtent, parce que je…
— Parce que tu veux vivre. Exactement comme moi.
Eli tendit les mains, les posa sur les joues d’Oskar et rapprocha son visage du sien.
— Mets-toi un peu à ma place.
Et il l’embrassa. [...]


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Le rôle d’un écrivain (3)

juillet 12, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

[...]La vie d’un écrivain est son propre point de référence (par la force des choses, pas par égocentrisme !).

C’est un premier constat. [-> « Le rôle d’un écrivain (2) »]

 

Le deuxième c’est de savoir pourquoi on écrit. Certains recherchent la notoriété (nouvelle ou pas !) et sont prêts, pour cela, à faire du plagiat ou à demander à d’autres d’écrire pour eux, les écrivains fantômes sont là pour ça…

La plupart heureusement ne sont pas comme ça. En tout cas c’est ce que je crois !

D’autres font, consciemment ou pas, de « l’écriture-thérapie ». Ils extériorisent leurs démons et/ou écrivent leur autobiographie, explicitement ou implicitement. Ils expriment avec des mots leurs maux, ce qui a pour effet de fondre leurs douleurs intérieures en souffrances extérieures.

Je pense que nous le faisons tous, avec des proportions différentes.

Enfin, on peut écrire pour faire rêver. Donner la possibilité à d’autres de faire un voyage. Pas spécialement dans le temps, mais aussi dans une autre dimension. Une autre réalité. Écrire afin de faire lire pour oublier. L’espace d’un moment. Vivre une parenthèse de vie qui aide à mieux surmonter, à mieux vivre tout simplement.

Mais pas seulement !

À mon sens, l’écrivain doit jouer un rôle au niveau de la société. C’est-à-dire qu’il doit — avant d’écrire — savoir entendre, écouter, observer ce qui se passe dans notre société. Il doit savoir faire preuve d’un certain sens de l’analyse afin de cerner les tenants et les aboutissants afin, non pas de « dénoncer », mais de dévoiler les dysfonctionnements quels qu’ils soient, et/ou de constater ce qu’il voit et entend, notamment au niveau du comportement humain. En d’autres termes, il a cette liberté — et ce devoir — d’utiliser les mots, soit pour exprimer sa propre opinion, soit pour se faire porte-parole ou encore, et c’est là toute la difficulté, pour lever le voile sur le monde du caché. Oser porter le costume du « méchant », celui du révélateur de vérités. Celui qui va déranger en exprimant très clairement ce que beaucoup refusent de voir ou d’entendre.

Car oui, écrire c’est révéler et donc responsabiliser et faire réfléchir.

Écrire c’est prendre le risque d’être soi-même responsable.

Écrire c’est prendre le risque d’éveiller les consciences endormies.

Écrire c’est enfin passer le relais. Celui de la responsabilité. Car c’est prendre le risque de dire au lecteur : « Attention, vous allez devenir responsable. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas et vous devrez faire un choix. Celui de faire comme si et de ne rien faire et de rester inconscient ou celui d’agir en étant conscient et responsable. »

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