« La fille de papier » de Guillaume Musso

septembre 26, 2011 dans Lectures et critiques littéraires

Septembre 2011

La fille de papier de Guillaume Musso


« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
D’où sortez-vous ?
Je suis tombée.
Tombée d’où ?
Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel…

J’ai fini hier « La fille de papier«  … Je faisais du stop. Billie et Tom m’ont renversé.

Vous m’avez braqué. Vous m’avez offert la plus belle des histoires.

Vous m’avez plongé dans votre univers. C’est le cas de le dire. J’ai fait de l’apnée du début jusqu’à la fin. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vous m’avez tenu en haleine pendant près de 500 pages. Tout ça pour… me couper le souffle, enivré dans les dernières pages !

Je ne peux trop en dire quant à l’histoire en elle-même ; ça serait cruel envers ses futurs lecteurs. Mais assurément vous m’avez touché en plein cœur.

J’ai trouvé dans la fille de papier une authenticité rare au niveau des personnages. Par ailleurs très attachants. Des personnages « banals » dans un sens, au point que j’aurai pu les croiser là comme ça. Dans la rue. Dans un café. Ou je ne sais où. J’aurais pu les toucher, leur parler… je me serais peut-être bien entendu avec eux. Et pourtant il y avait aussi en eux, un petit je-ne-sais-quoi d’inexplicable. De mystique ? D’extraordinaire ? Je ne saurais dire. En tout cas ils étaient bien réels pour moi. Certains sortent avec des amis. « Alors on se fait un bowling ce soir ? », « Et si on se faisait une petite bouffe ? ». Moi je me disais « Tiens, ce soir je vais retrouver Tom et Billie. » Ils étaient mon rêve. Mon évasion de la journée.

Bref des personnages comme vous et moi, mais qui sont frappés de plein fouet par l’extraordinaire. Deux destins qui s’ignoraient. Deux destins égarés dans la nuit. Deux destins qui se sont télescopés. Foudroyés. Beaucoup d’émotions qui se bousculent et qui s’entrechoquent. Des questions qui viennent frapper à la porte. Des souvenirs passés qui viennent hanter le présent. Des décisions qui réveillent des peurs. Des envies. Et malgré tout…

Vous n’avez pas construit une histoire. Vous avez fait vivre des émotions. Vous êtes allé les chercher. Où ? Je ne sais pas… Mais vous y êtes allé. Vous êtes allé les faire naître. Ces émotions sont devenues vivantes. Indépendantes. Elles ont pris vie. Elles se sont révoltées avec un ardent désir : « Nous voulons vivre nous aussi ! ». Et vous y êtes arrivé, Monsieur Musso. Vous avez réussi l‘art de la transformation. Car ces émotions sont devenues cette belle histoire. Car après tout c’est ça une belle histoire. Ce n’est pas qu’une suite de mots ou d’idées à conter pour raconter et/ou décrire un imaginaire. C’est une histoire fantasmée qui arrive à devenir réelle. Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un cœur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.

J’aurai pu lire votre livre d’une traite. Mais je ne l’ai pas fait, non. Au contraire, j’ai voulu faire durer le plaisir. Un plaisir que vous avez subtilement inoculé en moi. Mot après mot. Phrase après phrase. Page après page. Comme un virus. Celui de la curiosité. Celui de l’envie. Celui de… l’espoir ? Chaque page que je tournais « m’emprisonnait » davantage dans un rêve que je ne voulais plus quitter.

J’étais quelqu’un avant de lire la fille de papier. Je n’étais plus le même après l’avoir terminé.

J’ai encore du mal à sortir des mots cachés sous une couverture de pudeur. Trop tôt. Trop frais. Trop… immature.

Dès le début vous m’avez happé. Quelle drôle d’idée que celle d’écrire sur un auteur qui s’est perdu en chemin ! Un écrivain talentueux ; mais un écrivain égaré en lui-même…

Heureusement que Billie est arrivée pour l’aider à retrouver le fil des mots !

 

Je voudrais quand même relever un point négatif…Vous m’avez obligé à lire jusqu’à la fin. Vous m’avez obligé, avec tristesse, à revenir dans la réalité alors que j’avais envie de rester dans les pages de votre livre…

Je m’arrête ici… Je vais mettre un moment pour « digérer » votre chef-d’œuvre, tant il m’a marqué…

 

Mon dernier mot aux futurs lecteurs : Si vous avez toujours eu envie de rencontrer l’amour et l’amitié…alors lisez la fille de papier !

Tout ça pour vous dire, Monsieur Musso… Merci. Merci du fond du cœur ! Ce que je vous souhaite : continuez de nous faire rêver avec votre plus belle encre. Celle des émotions.

 

Extraits :


[...] — Les liens se font et se défont, c’est la vie. Un matin, l’un reste, l’autre part sans que l’on sache toujours pourquoi. Je ne peux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Je fais de la musique parce que la musique ne partira jamais de ma vie. J’aime les livres parce que les livres seront toujours là. [...]
— Moi, ce que je voulais, repris-je, c’était partager la vie avec toi. Au fond, je crois que ça n’est rien d’autre que ça l’amour : l’envie de vivre les choses à deux, en s’enrichissant des différences de l’autre.[…]
[…] — Je sais que pour mériter l’amour, il faut se donner corps et âme, et prendre le risque de tout perdre… mais je n’étais pas prête à le faire et je ne le suis toujours pas aujourd’hui…[…]


[...] — Vous êtes peut-être très fort pour raconter une histoire, pour peindre les émotions, les douleurs, les emballements du cœur, mais vous ne savez pas décrire ce qui fait le sel de la vie : les saveurs. [...]
[...] J’affichais une moue dubitative, mais je savais qu’elle n’avait pas tout à fait tort : j’étais incapable de saisir la merveille de l’instant. Elle m’était inaccessible. Je ne savais pas la cueillir, je ne savais pas en jouir et je ne pouvais donc pas la faire partager à mes lecteurs.
— Dans vos romans, vous allez écrire : Billie mangea une mangue pour le dessert, mais vous n’allez jamais prendre le temps de détailler la saveur de cette mangue.
Délicatement, elle se mit dans la bouche un morceau de fruit juteux.
— Alors, elle est comment ?
Piqué au vif, je me prêtai malgré tout au jeu et tentai de décrire le fruit avec le plus de précision possible :
— Elle est bien mûre, fraîche juste ce qu’il faut.
— Vous pouvez faire mieux.
— Sa pulpe est sucrée, fondante, savoureuse et très parfumée…[…]

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Belle histoire en citation

septembre 25, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un coeur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.


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Se dépasser en citation

juillet 11, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Ne rêve rien. N’espère rien. N’attend rien. Ni de la vie, ni de qui que ce soit. Garde-toi de reculer ou de rester sur place. Ton seul but : ne compte que sur toi. Garde la rage pour avancer et te dépasser en considérant la vie comme si tu n’avais rien.


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« Mon rêve familier » de Paul Verlaine

avril 24, 2011 dans Coups de ♥, Un peu de poésie

 

L’un de mes poèmes préférés de ce grand poète !

 

Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

 

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine (Poèmes Saturniens)


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Elfe de nuit

mars 23, 2011 dans Poésie sensuelle & érotique, Recueil "Sexplosions", Un peu de poésie

La nuit dernière je t’ai rêvée ou peut-être était-ce la réalité ?

Engourdi dans la torpeur du sommeil,

Le contact de ton corps m’a réveillé

Tu t’étais glissée à côté de moi, à mon insu, pendant que je dormais

Ta présence s’était alors déguisée sous la forme d’un courant d’air

À peine perceptible, mais avec une adresse tactile,

Comme une plume qui s’était déposée sur ma poitrine

Ta douceur était suffisamment subtile

Pour ne pas me réveiller à ton arrivée

 

Mes yeux se sont alors ouverts, dans l’obscurité,

Je nous découvrais tendrement enlacés,

Sans te voir, ni pouvoir te regarder

Mon cou abritait ton visage et tes longs cheveux

Qui habillaient ma poitrine Voilaient ta joue et tes yeux

Comme pour te cacher, t’abriter d’un quelconque danger

Gardiens d’un corps et d’un cœur solitaires à protéger

 

Plongées dans le noir, mes mains guidaient mes yeux

Pour venir caresser tes cheveux,

y plonger mes doigts et faire des nœuds

Je libérais ton visage pour y poser délicatement ma main

Comme si elle avait une âme et une conscience

Pour se souvenir de ce visage d’elfe de la nuit

 

Je la laissais m’assurer afin d’escalader

La peau glissante de ton visage

Mes doigts s’arrêtèrent un instant sur ces yeux recouverts

de leurs rideaux bien veilleurs

Dont ils essayaient de deviner la forme et d’apercevoir la couleur

Au milieu de la salle obscure de cet écran accrocheur

 

Je sentais la chaleur de nos corps nus embrasés l’un contre l’autre

Nos jambes et nos bras embrassés comme les pierres d’un collier

Ton cœur battait aussi doucement qu’une blanche sur une portée

Influencé, j’aurais voulu prendre un instrument,

Choisir une clé

Et commencer à composer une mélopée

Dans l’espoir d’accorder ce cœur chahuté en recherche de stabilité

Dissimulé dans un corps embarqué dans les vagues de l’insécurité

 

Inspiré, stimulé, excité,

J’inventerais une nouvelle profession

Et je deviendrais à corps explorateur !

Je partirai, le cœur vaillant et conquérant à la conquête de tes reliefs,

Me reposerai dans tes vallées et en ferai mon fief

Avant de repartir gravir tes monts et merveilles

Y puiser, enivré dans les parfums de ton plaisir,

l’intense désir que tu m’inspires

 

Nathan Malory – Poésie sensuelle

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Portrait chinois de Nathan

mars 3, 2011 dans À propos de Nathan Malory

Qui est Nathan Malory ?

Un apprenti romancier, nouvelliste, poète et essayiste ! Et puis blogueur ! Mais avant tout chercheur d’idées et de mots. Passionné d’explorations intérieures à la recherche d’un univers.

Un illuminé de la vie ! Voilà ce qu’est Nathan Malory ! Un type un peu bizarre. Passionné ! Rebelle aussi ! Un touche-à-tout originaire de Paname. Tombé dans la fontaine des mots dès le plus jeune âge, il a toujours été un explorateur de nouveaux mondes intérieurs. Déjà à l’école, il était voyageur et passait plus de temps à arpenter les reliefs accidentés de la vie en se perdant avec plaisir dans les livres et les mots. Taquin dans l’âme, Nathan Malory aime s’amuser avec ses amis. Jouer de leurs sens, et de leurs sons. Tantôt pour provoquer, tantôt pour toucher. Son style littéraire ? Aucun. Il est inclassifiable. C’est tout un orchestre d’émotions vastes et variées qu’il conduit pour créer un univers à part. Le sien. Une seule idée en tête : faire voyager et tisser un lien avec le lecteur. Lui parler de cœur à cœur.

Lyonnais d’adoption, il aime cette région et c’est de celle-ci qu’il a décidé de se lancer…dans les mots bien évidemment !

Nationalité : Citoyen du monde

Âge : variable ! L’âge qu’on veut bien me donner !

Résidence : Partout et nulle part à la fois mais à Lyon pour l’instant!

Influences littéraires :

Bernard Werber, Maxime Chattam, Guillaume Musso, Jules Verne, Antoine de Saint-Exupéry, Kazuo Ishiguro, Isaac Asimov, Elizabeth George, Ray Bradbury, Kim Stanley Robinson, Paulo Coelho, Dan Brown, David Lodge, Maurice G. Dantec, Stieg Larsson, Marc Levy

Livres « initiatiques » favoris :

  • L’alchimiste (Paulo Coelho)
  • Le chevalier à l’armure rouillée (Robert Fisher),
  • Le petit Prince (Antoine de Saint-Exupéry)

Poètes favoris : Jacques Prévert, Pablo Neruda, Khalil Gibran,

Passions poétiques : « les nuits » de Musset, « Pour faire le portrait d’un oiseau » de Prévert, « Mon rêve familier  » de Paul Verlaine, « Si » de Rudyard Kipling, « Invictus » de William Ernest Henley

Peintres favoris : Joan Miró, Vladimir Kandinsky, Salvador Dalí, Marc Chagall, Jacques Villon, Georges Mathieu, Jackson Pollock, Leonid Afremov

Styles musicaux : un peu de tout, pop-rock, jazz (dont Petrucciani bien sûr !), blues (James Cotton notamment), trip hop, instrumental, variétés, classique, métal symphonique ! Aller, je vous donne quelques noms ! Ayo, Norah Jones, Nightwish, Scorpions, Jean-Michel Jarre, Vangelis, Yom, Cabrel, Hooverphonic, Epica, Enya, Enigma, Kosheen, Sonata Arctica, Within temptation, Sirenia, Yom, Skye, Joaquin Rodrigo (notamment Concerto d’Aranjuez), Anja Garbarek, Bo Kaspers Orkester, Kraftwerk, Téléphone, Indochine et beaucoup beaucoup d’autres !

Quelques passions : l’harmonica (diatonique), le piano, le dessin, la peinture (acrylique), la sculpture (béton cellulaire), l’escalade et la Salsa Cubaine (je débute en tout mais je m’éclate !) J’ai par ailleurs toujours été passionné par l’ésotérisme dont l’Astrologie humaniste (celle de Dane Rudhyar notamment) ainsi que la Tarologie (de Marseille).

Adhésions : membre de l’UERA (Union des écrivains de Rhône-Alpes) et de l’association littéraire La Vague Des Livres

Qui j’aime rencontrer ?

Des écrivains, des paroliers, des groupes, des musiciens, des artistes quoi ! Qu’ils soient anonymes ou pas, introvertis ou extravertis, qu’ils soient heureux ou malheureux. Mais au-delà, tout simplement des passionnés des mots ! Des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs, du passé comme du présent ou du futur ! Des gens, curieux, qui cherchent et qui se cherchent. Des gens qui vivent et qui ressentent ! Des personnes en quête d’inspirations diverses à l’affût de nouvelles découvertes et de nouvelles rencontres pour partager des émotions et partir explorer de nouvelles destinations.

Mon utopie : arriver à toucher des âmes, au moins à en approcher quelques-unes. Les aider à mieux se comprendre, et se révéler à elles-mêmes pour devenir plus vraies. Arriver également à pouvoir donner à des lecteurs ce que la lecture m’a apporté (et ce qu’elle continue de m’apporter). Convaincu du pouvoir réel des mots, je souhaite arriver un jour à transmettre un message et utiliser les mots pour changer les mentalités plutôt que la guerre qui n’aboutira qu’à notre destruction globale pure et simple. Je ne changerai probablement pas la face du monde, mais si je peux changer et influencer positivement la vie de 2 ou 3 personnes qui à leur tour se poseront comme relais, alors je saurai que j’ai réussi à réaliser mon rêve.

Mise à jour : mardi 26 mars 2013

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