Bien écrire. Règle n°4 : observer et écouter l’environnement extérieur

mai 24, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Dans un récent billet : « Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras ! », j’évoquais alors la nécessité d’une certaine maîtrise de la langue française.

J’aborde maintenant un autre aspect également important qui est celui de l’environnement extérieur, dimension qui répond d’ailleurs implicitement à la question : Pour qui écrit-on ? Pour soi ou pour les autres ? J’aurais tendance à dire pour les deux ; du moins quand on veut dépasser le stade de son ego.

En effet, il me semble primordial de se faire plaisir lorsqu’on écrit puisqu’on est d’abord son propre lecteur. Et il est a priori plus facile de se satisfaire soi-même que de satisfaire tout le monde puisque l’on se connaît mieux soi-même ! Nous savons ce que nous aimons, ou pas. Nous savons ce qui nous effraie, ou pas. Nous savons ce qui nous touche, ou pas.

Et quand bien même nous n’aimerions pas ce que nous aurions écrit, la réponse est simple : poubelle ! Ni plus ni moins. Et puis…personne ne sera au courant ; la prise de risques est faible.

Mais qu’en est-il de ces autres lecteurs qui sont une entité différente de nous-mêmes ? Ce qui nous plaît à nous-mêmes plaît-il forcément aux autres ? Rien n’est moins sûr…

Le meilleur moyen de le savoir est de s’y confronter…en observant ces « autres ». Il s’agit pour cela de partir à leur rencontre. Il faut les observer et les écouter. Y a-t-il une tendance majoritaire que l’on retrouverait dans une partie importante d’un groupe de lecteurs ? Quand on prend le temps d’étudier les différents ingrédients qui font recette dans les livres à succès, on peut le penser.

Il arrive ce moment où l’on a envie de faire plaisir à son lectorat, en plus de soi-même. Il arrive ce moment où on se sent prêt à prendre ce risque. Il arrive ce moment où cette petite voix en nous, essaie de se frayer un chemin, quitte à se déchirer au bord de nos lèvres en accouchant une sorte de : « J’ai envie d’écrire aussi pour vous. Mais au fait…qui êtes-vous ? J’ai besoin de vous connaître ! Qu’est-ce que vous aimez ? Qu’avez-vous envie de trouver dans un livre pour vous sentir heureux et/ou bouleversé ?

Alors, oui. Il arrive ce moment où l’on a ce désir de se hisser jusqu’à l’autre pour qu’il puisse trouver sa propre place dans une histoire qui a commencé à être nôtre pour devenir celle de l’autre.

Alors…c’est quand que l’on se rencontre ? :-)

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La mort a un visage

avril 11, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Un peu de poésie, Œuvres littéraires

 

Peu de gens prennent le temps de penser à elle

Par crainte, par ignorance ou par superstition

J’sais pas, j’me suis toujours posé la question

 

Experte du tourisme final

Elle a toujours voyagé en solitaire

Proposant des billets unitaires

 

Depuis des siècles et des millénaires

Elle a toujours traversé le temps

Fière de sa dictature autoritaire

 

Coquette, elle a toujours su prendre soin d’elle

Et même avec une loupe, vous trouverez pas une ride

C’est comme ça qu’elle a toujours été, très sûre d’elle

 

Dedans ou dehors

Devant ou derrière

Elle est toujours là à côté de toi

 

Que tu sois dans la rue

Dans un café, ou dans ton lit

Elle plane toujours à côté de toi

 

De jour comme de nuit

Elle t’observe

Comme si elle te défiait du regard

 

Des fois je pense à elle

Pas du tout pour la défier, mais juste pour l’approcher

Et tenter de l’apprivoiser

 

J’ai toujours eu envie de faire un brin de causette avec elle

Apprendre à la connaître

Et puis qui sait, devenir ami avec elle

 

Des fois je la croise

Au coin d’une rue

Ou à la table d’un café

 

Elle me fait un petit clin d’œil

Depuis le temps qu’on se connaît

C’est presque devenu une habitude

 

Nathan Malory – Recueil « Tourbillon », éditions Arkhadia

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« Si… » de Rudyard Kipling

mars 20, 2011 dans Coups de ♥, Un peu de poésie

 

L’un de mes poèmes préférés !

 

Si…

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être que penseur ;

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,

Si tu sais être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral et pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme mon fils !

 

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Tombé dans les mots !

février 22, 2011 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain

Aïe ! Maman, bobo !

J’ai toujours été bercé par les mots. Qui ne l’a pas été d’ailleurs ?

Par les contes que nos parents nous racontent pour nous border, enfants. Par ces histoires que l’on voit ou entend. Par ces histoires, remplies d’images, de symboles et de mots que l’on s’invente à soi-même ; avec l’intention consciente ou pas de nous mentir à nous-mêmes ou pour le plaisir nécessaire de se construire son propre monde intérieur. Un monde de rêves et d’espoirs où tout est permis. Peut-être le seul « vrai » moment de notre vie où on est un héros. Pas aux yeux des autres. Non. Ce monde intérieur nous est intime, c’est notre jardin secret. Nous sommes un héros à nos yeux. « Je suis un héros ». « Je suis une héroïne ».

Je me souviens des heures passées, étant enfant, à lire ! Y compris en vacances, jusqu’à 4 livres par jour ! « Les six compagnons » de Paul-Jacques Bonzon, « Sherlock Holmes » de Sir Conan doyle, « Arsène Lupin », de Maurice Leblanc m’ont accompagné pendant ma première partie de vie.

Ainsi que certains livres qui m’ont marqué à mon adolescence, tels que : « Fahrenheit 451″ de Ray Bradbury, « Ravage » de René Barjavel, « Les robots de l’aube » d’Isaac Asimov… Ainsi que d’autres auteurs tels que Stephen King, Agatha Christie, Maurice G. Dantec, Mary Higgins Clark, Patricia Highsmith et beaucoup d’autres…

Bien sûr je me suis aussi plongé dans Jules Verne, un auteur de génie, un visionnaire ! (Selon l’Index Translationum de l’Unesco, il serait d’ailleurs l’auteur de langue française le plus traduit dans le monde avec pas moins de 4223 traductions !)

Je me suis toujours demandé s’il n’avait pas percé le secret du voyage dans le temps…Des histoires extraordinaires, tirées d’on ne sait où ! Des personnages charismatiques. Des engins qui n’existaient pas encore à l’époque.

Le gentleman Phileas Fogg avec son flegme britannique. Michel Strogoff avec son sens du devoir et de l’importance de la parole donnée. Le Capitaine Nemo avec son génie et ses convictions philo-sociétales. Cyrus Smith et l’étendue de son savoir. Arsène Lupin avec tous ses talents. Sherlock Holmes et son sens de l’observation et de l’analyse. Clarisse McClellan avec sa libre pensée, et encore beaucoup d’autres…autant de personnages qui ont commencé à façonner (je ne m’en rendais pas encore compte à l’époque) mon imaginaire de petit garçon et à contribuer à ma future vie d’homme.

Des lectures qui m’ont donc accompagné. Soigné. Fait rêver. Une rencontre, déterminante, avec les mots. Des lectures qui m’ont appris à regarder, à observer, à écouter, à être curieux, à vouloir comprendre ce qui m’intriguait, à penser. Des lectures qui m’ont appris à apprendre. Des lectures qui m’ont construit et fait grandir. L’une de ces rencontres qui changent la vie.

Et vous ? Comment avez-vous rencontré les mots ?

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Ombre

février 12, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Un peu de poésie, Œuvres littéraires

 

Relation de premier ordre

Amitié de qualité

Tu m’as toujours accompagné

 

Toujours à m’observer

Prête à me protéger

Ton humilité m’a toujours impressionné

 

Tu n’as jamais cherché la reconnaissance

Ni la gloire

Tu t’es simplement contentée de la discrétion

 

Mais je t’ai toujours reconnue

Toujours appréciée

Toujours remerciée

 

Avec tes dons de polymorphe

Tu t’es toujours adaptée

À chaque situation

 

Prenant le contrôle de la situation

Quand il le fallait

Comme il le fallait

 

Sans jamais rien me demander en retour

Un simple don de toi-même

À la hauteur de ce que tu es

 

Nathan Malory - Recueil « Tourbillon », éditions Arkhadia

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