Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras !

avril 9, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Je continue d’apprendre à écrire.

D’ailleurs, écrire est comme tout métier. Il y a une part de talent, ce fameux coup de baguette magique qui semble inné à des « élus », que l’on ne sait pas trop expliquer et qui permet de faire des merveilles dans une voie, qu’elle soit professionnelle, sportive ou artistique et qui transforme un homme ou une femme en artiste reconnu et admiré par la société humaine.

ET il y a aussi l’expérience que l’on acquiert au fil du temps. Ces réussites et ces échecs qui nous permettent de réfléchir à ce qui nous anime à l’intérieur et de faire évoluer notre passion. L’expérience peut-elle donner naissance au talent ?

Quoi qu’il en soit, cette expérience représente une sorte de base à l’épistémologie — celle de l’écriture ici — sur laquelle je me pencherai un jour davantage, quand j’aurai acquis plus d’expérience et de maturité littéraires. Le jour où je ne serai plus un apprenti mais un écrivain confirmé.

Cela étant, j’écris au quotidien et je côtoie également beaucoup de gens qui écrivent déjà aussi, d’autres qui ont essayé et qui ont laissé tomber, d’autres enfin qui n’osent pas se lancer.

Nous sommes tous différents, et nous écrivons différemment, et pour des raisons différentes. Nous avons chacun un rapport aux mots qui n’est pas le même et aussi une expérience et un regard différents sur l’écriture.

J’ai envie de dire : « Allez-y ! Osez ! Jetez-vous dans les mots, ils n’attendent que vous ! »

Certes… Mais par où commencer ?

Instinctivement, si au départ vous n’écrivez que pour vous, pas d’exigence particulière, j’aurais tendance à vous dire de vous laisser guider par votre intuition. Laissez votre main, ou vos doigts, écrire pour vous, peu importe le sujet. J’y reviendrai ultérieurement dans un autre billet.

Mais si vous écrivez pour être lu, l’exigence est alors de rigueur et aujourd’hui, je compte environ 5 qualités que je juge nécessaires pour « bien écrire » en dehors du talent de l’artiste, et qui sont issues de ma propre expérience. Elles ne sont donc pas absolues et d’autres personnes pourraient vous donner d’autres qualités qu’ils jugeraient également tout aussi pertinentes ! Il est même très probable que ces mêmes qualités que je considère aujourd’hui ne seront pas tout à fait les mêmes dans l’avenir ou alors elles seront complétées. Ça ne sera plus un top 5 mais un top 10. :-)

Aujourd’hui, je commence donc par la première qualité ou règle qui me semble la moins importante (j’expliquerai dans un autre billet pourquoi) mais qui paradoxalement est tellement capitale qu’il n’est pas envisageable de passer à côté… Celle d’être…

…un bon technicien de la langue. J’entends par là, connaître les règles élémentaires de la langue : l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la ponctuation. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de connaître toutes les règles et d’ailleurs il serait assez difficile de toutes les connaître tellement la langue française est tordue et regorge d’exceptions ! Je laisse cette perfection à ces cracks qui ne font aucune faute aux dictées complètement insensées de M. Pivot, et qui forcent mon admiration. Moi-même enfant, je faisais environ 15 fautes aux dictées adultes !

Néanmoins, je dirais qu’il est possible, tout en connaissant quelques règles de base de corriger au moins 80% des fautes usuelles que l’on rencontre tous les jours. Ce sont des règles dont la maîtrise ne demande aucun talent et qui peuvent s’acquérir très facilement juste en les apprenant. Une certaine humilité me semble aussi importante, celle de vérifier au moindre doute ! Grevisse, Bescherelle et Google sont vos amis ! N’hésitez donc pas à vérifier, revérifier ET aussi à solliciter l’aide de votre entourage. Beaucoup oublient une règle essentielle qui est de se faire relire !

Pourquoi cette règle n°5 est-elle importante ? Eh bien parce que c’est elle qui viendra en bout de chaîne de votre création littéraire et qui empêchera vos lecteurs de partir en courant au bout de la dixième faute ! Lire un texte plein de fautes est épuisant, gêne la lecture et surtout sa compréhension ! Bref…on referme le livre au bout de deux pages…c’est dommage ! Qui sait…vous venez peut-être de passer à côté du nouveau prix Goncourt ! Avant d’être un auteur, soyez d’abord votre propre lecteur ! (dans la mesure du possible bien sûr…)

Sachant que tous les grands auteurs ne sont pas forcément de bons techniciens de la langue. Certains sont corrigés. Comme quoi on peut avoir du talent tout en faisant des fautes (dans une proportion raisonnable.)

J’en profite pour insister sur un dernier point et là je m’adresse autant aux auteurs qu’aux lecteurs et aux éditeurs. Toutes les maisons d’édition n’imposent pas une correction des manuscrits. Et à une époque où les petits éditeurs se multiplient, beaucoup ne proposent une correction qu’en option, laquelle n’est souvent pas choisie par l’auteur pour des raisons qu’on peut comprendre : beaucoup d’entre eux (la plupart en fait…) ne gagnent pas leur vie avec l’écriture et ces petits éditeurs publient, sans que cela les dérange le moins du monde, des ouvrages qui donnent malheureusement une mauvaise image de la profession d’écrivain et d’éditeur. Il est du devoir de chacun, dans la chaîne du livre, de ne pas faire de tort aux professions, de faire honneur à la langue française et de respecter les lecteurs.

À bon entendeur !

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Un peu de prose…

mars 27, 2013 dans Un peu de poésie

 

Comme vous l’aurez peut-être remarqué, l’image de fond de mon site représente un texte que j’ai incliné. Mais il est vrai qu’il est difficile de pouvoir le lire dans son intégralité.

Le voici donc présenté tout simplement ci-dessous. Il est beaucoup plus lisible. :-)

La vie, c’est un peu comme un bout de poésie. Elle a un début et une fin dont on en ignore le moment. C’est aussi un cadeau. Un drôle de cadeau d’ailleurs. Un cadeau qui a le pouvoir de nous tuer comme celui de nous donner la vie. La vie tout comme la poésie nous ouvre la porte de son monde et nous rappelle l’humilité obligée de notre statut d’invité. La vie tout comme la poésie se respecte, tout autant dans son humanité que dans son intimité. La vie tout comme la poésie, ce sont des moments. La vie tout comme la poésie, ce sont des mots qui ne mentent pas. Des mots de vérité, des mots qui restent gravés autant sur l’étendue d’une page blanche que des mots qui restent prisonniers dans un cœur noirci de douleur. La vie tout comme la poésie, ce sont des mots saignés par la vie.

 

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Quand les émotions s’éveillent dans les cœurs endormis

avril 7, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Recueil "Tourbillon", Réflexions, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Lorsque j’ai commencé mon recueil, il y a eu, au début, des raisons conscientes et d’autres pas. J’en parle d’ailleurs dans sa genèse. Et puis une évolution durant la phase d’écriture.

L’inconscient s’est conscientisé. Une réflexion également, sur l’avant, le pendant et l’après. C’est-à-dire arriver à se plonger dans le travail littéraire en cours tout en se projetant notamment sur les travaux suivants.

Penser global.

Se concentrer dans l’instant tout en gardant une vision à long terme.

Créer un fil directeur entre les ouvrages. Les broder ensemble.

Quant à la mesure de l’impact émotionnel chez les lecteurs, je ne pouvais pas du tout avoir le recul pour l’évaluer ! Cela dit les quelques privilégiés qui ont pu en lire une partie pendant l’écriture, qui sont des proches et qui connaissent ma vie, m’avaient exprimé ce qui semble devenir maintenant un leitmotiv récurrent : « C’est dur. » Ou encore « C’est noir. », « Beaucoup de souffrance, de tristesse, de douleur ».

Oui c’est ça ! Exactement ça !

Créer un condensé. De souffrance. Créer un concentré. De douleur.

Pari plus ou moins gagné semble-t-il. En tout cas aux premiers échos que j’en ai.

Mon but, ou plutôt mes buts : exprimer et partager ce que j’ai vécu dans ma vie. Avec mes amis les mots. Et la façon dont je les utilise. Mais pas dans un but exhibitionniste ou malsain.

C’était un besoin.

C’était une envie aussi bien sûr.

Mon seul regret : j’ai gardé une certaine retenue. Je n’ai pas réussi à me lâcher totalement. C’est dommage. Je suppose que ça viendra avec le temps. La maturité littéraire vient au fil des mots et…des ouvrages.

Ce qui m’a troublé : un lien s’est créé entre mon recueil et moi. Tourbillon s’est imposé à moi (pour reprendre les termes d’une lectrice !). Je crois qu’il s’amuse avec ses lecteurs. Il a son âme, il est vivant !

Nous nous sommes accouchés l’un l’autre. Lui et moi. Il a été mon exutoire. J’ai été son révélateur.

Pas toujours facile cependant de jouer avec les mots car je trouve qu’ils ont, dans leur fonction sémantique, une « limite émotionnelle ». Les mots sont réducteurs dans un sens. Ils enferment car enfermés dans leurs définition et leur signification intrinsèque. Les mots sont équipés d’un limiteur…de sens !

Et il arrive un « plafond ».

Duquel il devient difficile d’exprimer avec des mots ce qui est infini. Les émotions sont comme un grand océan où tout se mélange, où tout se dilue. Tout devient à la fois flou et abstrait. Pourtant il y a une force démesurée dans cette abstraction !

Faire en sorte que la lecture crée une réaction. Provoquer des émotions. Faire plonger le lecteur et le noyer dans un climat…océanique bien sûr ! Et puis dans le mien aussi tant qu’à faire ! Dans mon monde un peu bizarre, un peu (beaucoup !) déjanté ! :-)

Créer un univers émotionnel global tout en suscitant des émotions subjectives dans leur ressenti car tout un chacun ressent différemment. L’une de mes meilleures amies m’a dit : « Chacun de tes textes a son propre univers. On peut s’y identifier facilement ».

Deuxième pari gagné ! Créer un lien et faire vivre quelque chose d’essentiel. Car l’essentiel se joue à l’intérieur. Quelque chose qui se passe au plus profond de soi.

Un premier travail qui n’est qu’un commencement. Ce recueil a son sens à lui, mais il prendra un autre sens dans la suite de mon travail littéraire. Une page de ma vie se tourne maintenant avec Tourbillon, il est temps pour moi de tourner la page suivante et de continuer à explorer le champ (vaste !) des émotions humaines. Voilà ce que représente l’art à mes yeux dans son sens le plus large.

L’écrivain sait où il va ! Quoique…les pages savent aussi nous surprendre, surtout quand elles se mettent à tourner toutes seules !

Tiens, le soleil se lève ! J’aime la nuit. Les oiseaux chantent encore le chant des émotions. :-)

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Quand les pensées se matérialisent…

mars 21, 2012 dans Événements, Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

Voilà quelques jours que j’ai eu mon recueil « Tourbillon » entre les mains ; la veille de mon premier salon du livre. Mon premier recueil. J’avoue avoir des difficultés pour exprimer ce que j’ai ressenti ce jour-là. J’avais besoin de me laisser du temps. Besoin de laisser décanter. Ces deux jours ont été un moment de « recueillement ». Un moment pour moi-même, avec moi-même. À la fois léger et oppressant. Un moment où j’ai eu besoin de sortir la tête…du livre !

J’ai mis beaucoup plus de temps que prévu pour faire imprimer mon recueil. Trop exigeant. Trop perfectionniste. Impossible d’être satisfait à 100%. J’aurai dû le confier à mon imprimeur il y a un an, en 2011. Je l’ai retouché je ne sais combien de fois. J’ai enlevé certaines choses. J’en ai rajouté d’autres. J’en ai changé encore d’autres. Il arrive cependant un moment où il faut arrêter les « retouches ». Arrêter de « reprendre ». Et il faut trouver l’envie, la force, je ne sais pas… d’y aller à un moment donné, au risque de ne jamais sauter le pas et de rester en bas de l’escalier sans avoir même gravi la première marche ! J’ai donc sauté le pas il y a 10 jours en débarquant comme un Aladdin, chez mon imprimeur en lui demandant s’il pouvait faire imprimer mon recueil en quelques jours pour qu’il soit prêt pour mon salon du livre. J’ai frotté la lampe…d’une douce folie d’espoir et il a exaucé mon vœu ! :-)

Avec du recul je ne regrette pas, cela dit, d’avoir tant attendu ! Je pense de plus en plus que les choses arrivent quand elles doivent arriver. Rien ne sert de se précipiter. Il vaut mieux prendre son temps et bien faire les choses que d’aller trop vite et de mal faire. Sentiment assez paradoxal en fait.

2011 a été une année de réflexion. Je n’étais pas prêt il y a un an. « Tourbillon » n’était pas encore arrivé à terme. Ce n’était simplement pas encore le bon moment.  »Tourbillon » était en…gestation. J’étais en gestation.

La veille du salon alors que j’étais sur la route pour aller chez mon imprimeur, je me suis retrouvé envahi d’un sentiment trop particulier pour arriver à trouver les mots exacts. Je me suis dit à cet instant : « Ça y est enfin ! Je vais aller chercher mon recueil ! » Plutôt banal n’est-ce pas ? Sans doute car à ce moment-là on ne réalise pas encore… On ne peut pas. On est encore dans le rêve. Dans l’imaginaire. Dans le fantasme. Et puis j’ai ouvert la porte de mon imprimeur, accueilli par le sourire de Corinne…

Puis on est allé me ramener mon recueil… Un grand moment quand j’ai ouvert le carton qui contenait les exemplaires de mon recueil et que j’en ai pris un entre les mains ! Quel sentiment étrange et indescriptible que celui d’ouvrir des pensées. De les tourner page après page. De les voir…matérialisées par quelques caractères dessinés avec de l’encre sur du papier (ivoire !). Voilà que mes pensées se retrouvaient palpées entre mes mains comme si ces dernières pouvaient les lire juste en les effleurant du bout des doigts, comme un aveugle qui lit du braille. Mes mains sont devenues l’espace d’un instant, mes yeux, en parcourant ces émotions aussi saillantes que le papier était lisse. Elles se sont attardées sur cet objet à la fois si nouveau et si intime : le livre. Le cœur…

Je ne l’ai pas « lu » jusqu’à hier. Je n’ai pas osé. Je n’ai pas voulu. Et puis j’ai craqué ! Je l’ai lu hier soir. Le soir d’une équinoxe de printemps (je m’en suis rendu compte ce matin !). C’est drôle… Une impression bizarre que je ne suis pas. Ou plus ? Comme si je lisais quelqu’un d’autre. C’est vraiment moi qui ai écrit ça ? C’est vraiment moi dedans ? Je suis vraiment tout ça ?… Et toutes ces pensées, ces émotions, cette histoire de vie qui ne sont plus intimes, qui ne m’appartiennent plus car elles « appartiennent » maintenant à tout le monde de par leur résonance comme des baguettes que l’on frappe sur un tambour. Après tout, c’est ça aussi des émotions mises en musique : communiquer. Partager.

L’impression et la publication d’un travail littéraire pour un auteur — qui est d’ailleurs davantage un plaisir qu’un travail — reste un moment vraiment unique. Privilégié peut-être ? Un moment qui relève de l’instant présent et qui se transforme avec le temps en un souvenir de vie. L’un de ces souvenirs que l’on n’oublie pas.

2012 devait être et est une année de réalisation. Plus précisément…une naissance ! Voilà la meilleure métaphore que j’ai pu trouver. « Tourbillon » est le roman d’une vie morte et passée. « Tourbillon » est à la fois le début et la fin.

Je suis né !

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Larmes en citation

janvier 19, 2012 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Les larmes, comme un regard, peuvent exprimer ce que les mots ne peuvent pas. C’est pourquoi les larmes ne sont que le reflet de l’âme. Les larmes ne signifient tout simplement que « Je suis ce que je ressens ».

 

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Le rôle d’un écrivain (3)

juillet 12, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

[...]La vie d’un écrivain est son propre point de référence (par la force des choses, pas par égocentrisme !).

C’est un premier constat. [-> « Le rôle d’un écrivain (2) »]

 

Le deuxième c’est de savoir pourquoi on écrit. Certains recherchent la notoriété (nouvelle ou pas !) et sont prêts, pour cela, à faire du plagiat ou à demander à d’autres d’écrire pour eux, les écrivains fantômes sont là pour ça…

La plupart heureusement ne sont pas comme ça. En tout cas c’est ce que je crois !

D’autres font, consciemment ou pas, de « l’écriture-thérapie ». Ils extériorisent leurs démons et/ou écrivent leur autobiographie, explicitement ou implicitement. Ils expriment avec des mots leurs maux, ce qui a pour effet de fondre leurs douleurs intérieures en souffrances extérieures.

Je pense que nous le faisons tous, avec des proportions différentes.

Enfin, on peut écrire pour faire rêver. Donner la possibilité à d’autres de faire un voyage. Pas spécialement dans le temps, mais aussi dans une autre dimension. Une autre réalité. Écrire afin de faire lire pour oublier. L’espace d’un moment. Vivre une parenthèse de vie qui aide à mieux surmonter, à mieux vivre tout simplement.

Mais pas seulement !

À mon sens, l’écrivain doit jouer un rôle au niveau de la société. C’est-à-dire qu’il doit — avant d’écrire — savoir entendre, écouter, observer ce qui se passe dans notre société. Il doit savoir faire preuve d’un certain sens de l’analyse afin de cerner les tenants et les aboutissants afin, non pas de « dénoncer », mais de dévoiler les dysfonctionnements quels qu’ils soient, et/ou de constater ce qu’il voit et entend, notamment au niveau du comportement humain. En d’autres termes, il a cette liberté — et ce devoir — d’utiliser les mots, soit pour exprimer sa propre opinion, soit pour se faire porte-parole ou encore, et c’est là toute la difficulté, pour lever le voile sur le monde du caché. Oser porter le costume du « méchant », celui du révélateur de vérités. Celui qui va déranger en exprimant très clairement ce que beaucoup refusent de voir ou d’entendre.

Car oui, écrire c’est révéler et donc responsabiliser et faire réfléchir.

Écrire c’est prendre le risque d’être soi-même responsable.

Écrire c’est prendre le risque d’éveiller les consciences endormies.

Écrire c’est enfin passer le relais. Celui de la responsabilité. Car c’est prendre le risque de dire au lecteur : « Attention, vous allez devenir responsable. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas et vous devrez faire un choix. Celui de faire comme si et de ne rien faire et de rester inconscient ou celui d’agir en étant conscient et responsable. »

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Les portes du paradis

juillet 7, 2011 dans Poésie sensuelle & érotique, Recueil "Sexplosions", Un peu de poésie

Ce jour-là je suis enfin sorti de ce long sommeil

Submergé par la brûlante ardeur de ces mots suggestifs

Qui ont enflammé cet intense désir en veille

 

Mes yeux ouverts comme des lueurs

Dans un regard éclairé sur ce corps déshabillé de peur

Mes yeux ouverts dans le noir

Dans l’espoir d’un plaisir dissimulé l’espace d’un soir

 

Prisonnier du monde onirique

Mon corps bien qu’envahi de pénétrantes intentions

Avec la détermination de me plonger dans ce bonheur chimérique

Fut alors paralysé d’une brusque frustration

 

Sa chaleur tellement présente pourtant,

Était devancée par une main éclaireuse et provocante

Qui effleurait ma peau d’une excitation stimulante

 

Que de monts et vallées encore à explorer

Ici et là sur ce chemin du bonheur ultime et inaccessible

Attiré par cette tentation profonde et dévorante

De me consumer de plaisir aux portes du paradis

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Le rôle d’un écrivain (1)

juin 26, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

 

Quand j’ai commencé à écrire, de nombreuses questions m’ont assailli ! Pourquoi écrire ? Pour le plaisir ? Pour gagner ma vie (humm difficile…) ? Pour moi-même ? Pour les autres ? Et puis au fait…ça fait quoi un écrivain ? Il écrit certes, mais dans quel but ? À qui ? A-t-il un rôle à jouer au niveau du collectif ? Au niveau de la société ?

Ce que j’écris ici n’est pas une vérité dans l’absolu et je ne livre que ma propre réflexion ; laquelle n’engage que moi.

Un écrivain quel qu’il soit, est relativement libre. Libre de décrire, libre d’inventer, libre de rappeler, libre d’exprimer des vérités ou des mensonges. Libre de relater le passé ou de créer un avenir. Ce qu’il est écrit peut être réel ou inventé de toutes pièces ; partiellement ou totalement. Tout dépend de ce qu’il écrit au moment où il écrit et de l’exercice littéraire auquel il s’adonne. En effet, on n’écrit pas de la même façon de la poésie, des nouvelles, des romans ou des essais. Les définitions de ces styles sont d’ailleurs régies elles-mêmes par des règles très précises. Par ailleurs un écrivain est également un être humain. Il est comme vous et moi. Il est comme tout le monde. Il a sa propre vie. Ses propres moments de bonheur ou de tristesse. Lesquels vont, ne serait-ce qu’inconsciemment, modifier son humeur et ses états d’âme. Un évènement majeur — dramatique ou pas — pourra donner vie à un poème qui portera spécifiquement sur cet évènement. Il sera possible, une fois le poème terminé, de passer à autre chose (je n’ai pas dit tourner la page !). Quand on écrit sur la distance, comme dans un roman par exemple, et que vous êtes en plein travail d’une séquence de votre histoire (laquelle pourra avoir été préparée dans un plan), cette séquence sera émotionnellement imprégnée de votre propre histoire à un moment « t », voire « t+n ».

Des circonstances dans la vie réelle qui peuvent accélérer ou freiner l’écriture de votre histoire.

Imaginez-vous plongé dans l’écriture d’une scène supposée être comique. Vous avez déjà commencé votre scène mais celle-ci n’est pas terminée. Et là d’un seul coup, vlan ! Une rupture amoureuse, un décès, un accident quelconque, un contrôle fiscal (pourquoi pas !), une maladie grave soudaine qui se déclare, que sais-je…

Quelle difficulté que de continuer cette scène… L’inverse existe aussi bien entendu. Car écrire ce n’est pas seulement décrire, mais faire vivre ! Écrire demande, à mon sens, beaucoup d’empathie. Pour faire vivre, il faut avoir vécu soi-même. Il faut être passé par telle ou telle émotion (pas forcément un même événement) pour avoir la possibilité de la faire passer au lecteur. Encore faut-il avoir la capacité ou la faculté de s’écouter soi-même pour l’identifier et la comprendre avant de la « recréer » avec des mots ! (exercice ô combien difficile !). Je reste en effet persuadé que ce qui relie les gens n’est pas tant les événements, mais les émotions et les sentiments humains. Surtout la souffrance comme disait Lamartine…

À suivre dans le billet le rôle d’un écrivain (2)…

 

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La première fois où j’ai vraiment écrit

juin 25, 2011 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain

 

Au tout début, quand j’étais enfant, j’ai écrit « pour la première fois » dans le cadre du théâtre amateur. J’avais 8 ans. Situation pas forcément banale, où plusieurs groupes de personnes réunies pour l’occasion dans le cadre d’un séminaire sur l’astrologie humaniste devaient préparer une saynète sur Pluton et la jouer devant tout le monde.

Je n’étais pas loin…et entraîné dans mon imagination infantile, j’ai donc décidé d’aller dans le jardin trouver des idées pour écrire ! De cette escapade créative est sortie une comédie toute simple et innocente avec un arbre qui parlait ! J’étais très éloigné du thème mais j’avais écrit ma première pièce ! Fier de m’être improvisé scénariste, je me suis mis en quête de trouver quelques-uns de ces « grands » avec encore leur âme d’enfant, qui accepteraient de jouer le jeu et de donner vie à ma création !

 

De scénariste je suis passé à metteur en scène !

 

Bien entendu chaque groupe avait consciencieusement préparé et appris chaque mot et chaque phrase lors de passionnantes répétitions en veillant à l’articulation, à l’élocution et à l’intonation…

Quant à ma pièce…pensée et écrite au dernier moment, j’étais présent sur la scène, à veiller que mon scénario passe bien de main en main ! Une première expérience qui m’a marqué ! Une belle expérience et des acteurs formidables ! L’un d’eux était même allé jusqu’à trouver une branche dans le jardin dont il s’était affublé pour jouer le rôle de l’arbre !

photo-comedie

 

Après toutes ces années, je garde encore un beau souvenir de ce jour-là qui marqua ma première véritable rencontre avec l’écriture !

 

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« Reading cure », et si vous tendiez un livre ?

mai 1, 2011 dans Coups de ♥, Ici et là, Réflexions

 

Je suis, dernièrement, tombé sur un article de l’Express au sujet de la Reading cure. Voilà un titre bien alléchant, qui donne une autre dimension peut-être pas assez abordée, de l’aspect « thérapeutique » de la lecture en plus des raisons qui nous poussent à lire ; selon les personnes, les envies et les circonstances.

Avant d’aborder la Reading cure, il me paraît logique de faire un petit détour par ce que représente la lecture. Je vous invite d’ailleurs à lire l’un de mes billets précédents, me concernant, intitulé : « Tombé dans les mots ! ». Simple divertissement pour les uns, envie de découverte pour les autres, ou le plaisir de partager une lecture avec d’autres personnes, le livre est encore — ou aussi — pour d’autres (consciemment et inconsciemment), une possibilité d’entrer dans nos rêves (accessibles ou pas) ou de fuir certaines réalités parfois bien douloureuses et se révèle donc être une aide thérapeutique. Une sorte de confident, toujours présent, sans aucune critique ni aucun jugement. Dans son sac à main, dans la poche d’un manteau, sur sa table de nuit ou celui de son bureau, voire même sur son Smartphone. Ce livre, ce compagnon qui nous parle dans notre lit, sur notre canapé, dans le bus, sous l’ombre d’un arbre, ou sur le banc d’un parc. Peu importe où et quand, il est toujours là. Il nous aspire, tel un trou noir, dans le sillage de son histoire, de son intrigue ou de ses personnages. Pendant la parenthèse d’une lecture, nous disparaissons de notre réalité, de notre quotidien. Le livre nous donne finalement l’opportunité de sortir de l’histoire de notre propre vie dont nous sommes, pour beaucoup, de simples spectateurs. Nous entrons dans une parenthèse. Nous nous « isolons ». C’est peu dire ! Combien de fois nous a-t-on reproché de ne pas écouter, ou de n’avoir pas simplement entendu ? Et pour cause ! Quand on est plongé dans l’abysse des mots, il est difficile de remonter ! Il faut des paliers, comme en apnée !

Il existe une pléthore de solutions pour résoudre les tracas du quotidien : le sport, la gastronomie (gargantuesque cela va de soi !), le sexe, les sorties, les amis, l’alcool (malheureusement), le travail, le sommeil, la télé, les discussions ou encore d’autres passions susceptibles de nous changer les idées en évitant de penser ou au contraire qui nous aident à porter notre — lourde — attention pour la transformer en une concentration extrême ailleurs. Ces solutions ne rendent pas nos soucis plus légers et n’ont un effet que temporaire, uniquement destiné à nous faire oublier l’espace d’un instant. Moins souffrir ou ne plus souffrir. Devenir un amnésique de la souffrance. Ces solutions nous détournent de notre tristesse, de notre incompréhension, de notre douleur. Mais pour combien de temps ? Et quelle en est l’efficacité réelle ? Des solutions qui ne sont finalement pour la plupart, qu’une fuite. Avez-vous regardé « Le fugitif », réalisé par Andrew Davis en 1993 ? Ces solutions ne sont pas si lointaines du scénario de Jeb Stuart et David Twohy. On ne devient finalement qu’une bête, toujours en fuite, traquée par ses peurs et ses doutes, coincée dans l’incapacité de retrouver une vie normale. Nous devenons prisonniers de nous-mêmes. Prisonniers de notre vie.

La Reading cure est, à mon avis, une solution alternative intéressante ! Il est certes difficile de trouver chez nous des bibliothérapeutes comme en Outre-Manche, et je ne suis d’ailleurs même pas convaincu que ce concept marcherait chez nous…mais il est indéniable qu’un type de lecture, ou une histoire particulière puisse, en plus de de nous rendre amnésiques l’espace d’un moment, nous apporter des réponses (au moins partiellement !). Et par la même occasion d’ouvrir des portes intérieures qui étaient restées encore bloquées ! Des mots qui deviennent des clés et qui nous ouvrent les yeux sur la façon de gérer un problème, ou qui nous le montrent tout simplement sous un angle différent. Des mots qui deviennent un autre regard. Une histoire dans laquelle on va se retrouver, s’identifier. Des comportements et des valeurs adoptés par les personnages qui vont nous parler et faire écho en nous. Un miroir de nos problèmes mais qui nous place en tant que spectateur et qui nous apporte le recul — difficile à avoir lorsqu’on a la tête dans le seau — nécessaire pour développer notre objectivité et notre bon sens afin d’adopter THE meilleure solution à un moment donné. Une façon aussi de se dire que finalement, on est pas tout seul à vivre telle ou telle expérience ; que d’autres l’ont vécue aussi, la vivent et la vivront bien après nous. Mais gardez à l’esprit que, même si la Reading cure peut servir de prisme pour améliorer notre vue sur un paysage, elle ne fait pas de nous des voyageurs… Quoi qu’il en soit, si vous avez entre les mains un ou des livres qui peuvent guérir ou accompagner un(e) ami(e), un(e) proche, un(e) amoureux(se), un enfant, un(e) anonyme ou qui sais-je, conseillez-le lui. Tendez-lui un livre.

Nos problèmes sont juste une histoire de maux à soigner. Aujourd’hui, vous êtes lecteur de votre vie. Et si demain vous en deveniez l’auteur ?

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