Quand les pensées se matérialisent…

mars 21, 2012 dans Événements, Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

Voilà quelques jours que j’ai eu mon recueil « Tourbillon » entre les mains ; la veille de mon premier salon du livre. Mon premier recueil. J’avoue avoir des difficultés pour exprimer ce que j’ai ressenti ce jour-là. J’avais besoin de me laisser du temps. Besoin de laisser décanter. Ces deux jours ont été un moment de « recueillement ». Un moment pour moi-même, avec moi-même. À la fois léger et oppressant. Un moment où j’ai eu besoin de sortir la tête…du livre !

J’ai mis beaucoup plus de temps que prévu pour faire imprimer mon recueil. Trop exigeant. Trop perfectionniste. Impossible d’être satisfait à 100%. J’aurai dû le confier à mon imprimeur il y a un an, en 2011. Je l’ai retouché je ne sais combien de fois. J’ai enlevé certaines choses. J’en ai rajouté d’autres. J’en ai changé encore d’autres. Il arrive cependant un moment où il faut arrêter les « retouches ». Arrêter de « reprendre ». Et il faut trouver l’envie, la force, je ne sais pas… d’y aller à un moment donné, au risque de ne jamais sauter le pas et de rester en bas de l’escalier sans avoir même gravi la première marche ! J’ai donc sauté le pas il y a 10 jours en débarquant comme un Aladdin, chez mon imprimeur en lui demandant s’il pouvait faire imprimer mon recueil en quelques jours pour qu’il soit prêt pour mon salon du livre. J’ai frotté la lampe…d’une douce folie d’espoir et il a exaucé mon vœu ! :-)

Avec du recul je ne regrette pas, cela dit, d’avoir tant attendu ! Je pense de plus en plus que les choses arrivent quand elles doivent arriver. Rien ne sert de se précipiter. Il vaut mieux prendre son temps et bien faire les choses que d’aller trop vite et de mal faire. Sentiment assez paradoxal en fait.

2011 a été une année de réflexion. Je n’étais pas prêt il y a un an. « Tourbillon » n’était pas encore arrivé à terme. Ce n’était simplement pas encore le bon moment.  »Tourbillon » était en…gestation. J’étais en gestation.

La veille du salon alors que j’étais sur la route pour aller chez mon imprimeur, je me suis retrouvé envahi d’un sentiment trop particulier pour arriver à trouver les mots exacts. Je me suis dit à cet instant : « Ça y est enfin ! Je vais aller chercher mon recueil ! » Plutôt banal n’est-ce pas ? Sans doute car à ce moment-là on ne réalise pas encore… On ne peut pas. On est encore dans le rêve. Dans l’imaginaire. Dans le fantasme. Et puis j’ai ouvert la porte de mon imprimeur, accueilli par le sourire de Corinne…

Puis on est allé me ramener mon recueil… Un grand moment quand j’ai ouvert le carton qui contenait les exemplaires de mon recueil et que j’en ai pris un entre les mains ! Quel sentiment étrange et indescriptible que celui d’ouvrir des pensées. De les tourner page après page. De les voir…matérialisées par quelques caractères dessinés avec de l’encre sur du papier (ivoire !). Voilà que mes pensées se retrouvaient palpées entre mes mains comme si ces dernières pouvaient les lire juste en les effleurant du bout des doigts, comme un aveugle qui lit du braille. Mes mains sont devenues l’espace d’un instant, mes yeux, en parcourant ces émotions aussi saillantes que le papier était lisse. Elles se sont attardées sur cet objet à la fois si nouveau et si intime : le livre. Le cœur…

Je ne l’ai pas « lu » jusqu’à hier. Je n’ai pas osé. Je n’ai pas voulu. Et puis j’ai craqué ! Je l’ai lu hier soir. Le soir d’une équinoxe de printemps (je m’en suis rendu compte ce matin !). C’est drôle… Une impression bizarre que je ne suis pas. Ou plus ? Comme si je lisais quelqu’un d’autre. C’est vraiment moi qui ai écrit ça ? C’est vraiment moi dedans ? Je suis vraiment tout ça ?… Et toutes ces pensées, ces émotions, cette histoire de vie qui ne sont plus intimes, qui ne m’appartiennent plus car elles « appartiennent » maintenant à tout le monde de par leur résonance comme des baguettes que l’on frappe sur un tambour. Après tout, c’est ça aussi des émotions mises en musique : communiquer. Partager.

L’impression et la publication d’un travail littéraire pour un auteur — qui est d’ailleurs davantage un plaisir qu’un travail — reste un moment vraiment unique. Privilégié peut-être ? Un moment qui relève de l’instant présent et qui se transforme avec le temps en un souvenir de vie. L’un de ces souvenirs que l’on n’oublie pas.

2012 devait être et est une année de réalisation. Plus précisément…une naissance ! Voilà la meilleure métaphore que j’ai pu trouver. « Tourbillon » est le roman d’une vie morte et passée. « Tourbillon » est à la fois le début et la fin.

Je suis né !

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Préface de « Tourbillon »

février 2, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

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Cher ami lecteur

Voici un témoignage, et une reconnaissance légitime et universelle de la souffrance morale. Point de contact entre les gens, peu importe qui ils sont ou d’où ils viennent.

Mettre des mots sur la souffrance, quelle gageure ! Le ressenti est bien au-delà des mots mais ils ont le mérite de vouloir donner une forme et une existence aux  dommages affectifs et psychologiques.

Une souffrance réellement ressentie, qui a une existence propre. Une souffrance parfois ignorée, étouffée, niée ou encore sous-estimée par certains qui se disent « proches ». Un entourage parfois lâche, sourd ou aveugle, qui préfère faire comme si de rien n’était. C’est tellement plus facile. Une souffrance qui reste prisonnière d’une profonde incompréhension. Une souffrance qui n’a pas été entendue. Une souffrance qui n’a pas été reconnue. Une souffrance que d’autres préfèrent éviter pour ne pas y penser.

Non, ça ne va pas aller « mieux après », et même si, après combien de temps ? 1 semaine, 1 mois, 1 an, plus encore ? La souffrance est source de cicatrices, séquelles laissées au fer rouge, indélébiles qui nous changent profondément. Les cicatrices de cœur, comme celles de la peau ne s’effacent pas. Elles nous accompagnent toute notre vie. On apprend à faire avec. Nuance !

Erreurs. Regrets. Colère. Rancœur. Blessures. Trahison. Déceptions. Et encore tellement d’autres expériences et émotions « sombres ». Des moments de vie que nous avons tous vécus à différentes étapes et circonstances de notre voyage, que nous ayons été enfant, adolescent ou adulte. Certains sont encore là et se rappellent parfois à nous sous forme de lieux, d’images, d’odeurs, de sons ou encore de souvenirs. Certains, plus sournois, font semblant de s’endormir pour se réveiller un jour de façon brutale et inattendue. Une façon de nous dire : « Tu ne m’as pas effacé. Je suis toujours là et je reviendrai encore. »

Et si la réponse à la souffrance était justement d’oser s’en approcher pour mieux l’accepter, sans qu’elle soit une fatalité ? S’autoriser à accepter sa fragilité. D’accepter sa condition humaine. Oser s’approcher dans le sens ne pas provoquer inutilement la souffrance par arrogance. Elle est bien là. Toujours très présente, parfois ou souvent trop. Quoi que nous fassions, elle a toujours été là, l’est encore, et le sera toujours. Imaginez-vous dans une cellule de 2m sur 3m à partager avec quelqu’un d’autre pour le restant de votre vie ?…Autant essayer de cohabiter le mieux possible ensemble.

Des moments et des événements ressentis de façon vive et intense, voire passionnelle, qui restent parfois incompris pour d’autres. Des moments et des événements qui nous ont détruits ; ou dans le meilleur des cas, esquintés, comme un vieux meuble rayé et abîmé qui a traversé les années. Des blessures de vie qui nous font faire des erreurs et qui  nous marqueront à jamais.

Parce qu’on souffre à la hauteur de ce que l’on donne. Parce qu’on souffre aussi de la souffrance de nos proches. Parce que oser dire « Je souffre, j’ai mal » ce n’est pas forcément synonyme de victime ou de faiblesse ; c’est au contraire une forme de courage et d’humilité, c’est simplement oser reconnaître et accepter une souffrance bien réelle. C’est accepter le fait d’être humain, d’avoir un cœur et de ressentir des émotions. C’est enfin vouloir communiquer avec elles.

Ce témoignage s’adresse à la fois à ceux qui souffrent au passé comme au présent, à vous lecteurs qui avez souffert et qui souffrez encore. Ce n’est ni une tare ni une faute. Aucune honte ou culpabilité à avoir. Vous n’êtes pas seul et c’est un droit humain et légitime ! Que faire de cette souffrance ? Lui donner vie sans doute…et l’utiliser pour produire, créer quelque chose qui puisse vous servir. Mais bien plus important encore, rester fier et montrer aux gens qui vous ont fait du mal que vous avez réussi à vous hisser au-dessus d’eux. Eux ne changeront pas. Vous, vous en avez le pouvoir, et le courage car cette souffrance vous a rendu plus fort et plus humain.

Certes ça n’aide pas à aller mieux, mais c’est déjà un premier pas pour simplement vivre sa vie autrement.

Ce témoignage s’adresse également « aux autres », à ceux-là mêmes qui souffrent d’absence d’empathie ou de lâcheté…Changer, c’est un choix.

Ce témoignage s’adresse aussi bien sûr à tous les  proches qui savent entendre et voir.

Merci à eux de leur présence et de leur empathie.

Nathan Malory


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Le recueil « Tourbillon » – 4ème de couverture

janvier 31, 2011 dans Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

Curieux de la nature humaine, Nathan Malory a toujours observé et écouté la vie et les gens. Une souffrance ressentie. C’est avec conviction et des mots simples qu’il a pris un risque pour son premier ouvrage « Tourbillon ». Comment vivre avec la souffrance ?

« Tourbillon » est ouvertement provocateur, puissant, intense et extrême. Un recueil dont l’ambition est d’atteindre le facteur commun à tout individu. Comme disait Lamartine :

« Les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies. »

Voici donc une union qui vous conduira à travers le périple tortueux des profondeurs les plus sombres de votre âme. Simplement un voyage vers et pour soi-même, celui d’oser affronter ses démons intérieurs et de livrer bataille. Un voyage du cœur et des tripes. Un voyage au cœur des épreuves de la vie qui nous détruisent. Des morts successives qui nous changent pour nous rendre encore plus forts. Un voyage initiatique pour nous transformer en guerrier de la vie.

 

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Poison mortel

janvier 27, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Qui es-tu ?

Obscure noirceur

De mon âme perdue

 

Tel un sbire

La mort t’envoie

Pour me détruire

 

Déguisée de ton apparente innocence

Et de ton faux sourire

Tu es sortie de ta cachette

 

Sans crier gare

Droit au coeur

D’un coup de poignard

 

Telle une tâche de sang indélébile

Ton poison s’est répandu en moi

 

Je me suis battu

J’ai résisté

J’ai tout tenté

Mais je n’en peux plus

 

Nathan Malory – Recueil « Tourbillon », éditions Arkhadia

Here is the Music Player. You need to installl flash player to show this cool thing!

Retrouvez le poème « Poison Mortel«  lu et interprété par une amie, Hélène Billiet, fondatrice de Lyon City Blog, destiné aux anglophones amoureux de Lyon et de sa région :-)

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Il m’a tué

octobre 24, 2010 dans Poésie souffrance, Un peu de poésie

Un jour sur le bord de la route,

On s’est croisé lui et moi par hasard

Il m’a interpellé

Le regard humain et l’air sympatique il a souri

On a échangé quelques mots

Il m’a proposé de faire la route ensemble

Je lui ai dit pourquoi pas ?

On a fait un bout de chemin

On a discuté

 

Une voiture est arrivée

Je l’ai pas vu retirer son masque

J’ai senti sa main dans mon dos

Il m’a poussé

Trop lâche

Trop fragile

Le traître

Le bonheur assassin

La mort m’a renversé

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