La mécanique du coeur de Mathias Malzieu

juillet 3, 2014 dans Lectures et critiques littéraires

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Edimbourg, 1874.

Jack nait le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à. l’accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d’éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d’état amoureux. Mais le regard de braise d’une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve prêt à toit pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu’aux arcades de Grenade et lui fera connaitre les délices de l’amour comme sa cruauté.

Il y a un certain temps, j’ai eu l’occasion de lire « La mécanique du cœur » de Mathias Malzieu. Un livre qui m’a agréablement surpris. Un livre « surprise » d’autant plus particulier qu’il m’a été offert par une amie.

Le titre en lui-même ainsi que la couverture sont intéressants et posent la question d’une « matérialité » du cœur. Ce dernier fonctionne-t-il comme une « simple » mécanique ? Le cœur peut-il ressembler à une horloge ou l’inverse ? Il suffirait de le « remonter » ou de l’arrêter, bref on pourrait le contrôler… contrôler cette entité mystérieuse, imprécise et aléatoire ô combien source de cyclones intérieurs au moins souvent incompréhensibles.

Voilà en tout cas un livre dans la lignée des « contes initiatiques » comme le Petit prince ou le Chevalier à l’armure rouillée. Un livre qui se conte autant aux adultes qu’aux enfants et qui cache derrière une grande simplicité apparente une profondeur et une réflexion sur la passion amoureuse. La mécanique du cœur touche tout un chacun peu importe son histoire en racontant une histoire de cœur entre les deux personnages principaux que sont Jack et Miss Acacia enivrés dans les sentiments, la spontanéité, des interrogations, des disputes, des moments difficiles et de bons moments.

Ce qui a fait de ce livre un coup de cœur est son incroyable poésie ! Tout y est écrit avec beaucoup de subtilité et de délicatesse. En ce sens La mécanique du cœur de Mathias Malzieu mérite vraiment une distinction particulière tant il s’écarte, comme 1Q84, de ce qui s’écrit aujourd’hui.

Extraits :

[...] J’aurais voulu prendre un peu plus de temps pour observer à loisir ses chevilles de poussin, pour remonter le long de ses mollets aérodynamiques jusqu’aux cailloux ambrés qui lui servent de genoux. Alors j’aurais longé ses cuisses entrouvertes pour me poser sur la plus douce des pistes d’atterrissage. Là je me serais entraîné à devenir le plus grand caresseur-embrasseur du monde. A chaque fois qu’elle voudra rentrer chez elle, je lui ferai le coup. Blocage temporel, suivi d’un cours de langues pas étrangères. Alors je redémarrerai le monde, elle se sentira toute chose et elle ne pourra résister à l’idée de passer encore quelques vraies minutes lumineuses au creux de mon lit. Et durant ces instants volés au temps, elle ne sera que pour moi. [...]

[...] — A qui sont toutes ces larmes ? je lui demande.
— Ce sont les miennes. Dès que je pleure, je récupère mes larmes dans un flacon et je les stocke dans cette cave pour en faire des cocktails.
— Comment est-ce possible que tu en fabriques de telles quantités ?
— Dans ma jeunesse, un embryon s’est trompé de direction pour rejoindre mon ventre. Il s’est coincé dans l’une de mes trompes, provoquant une hémorragie interne. Depuis ce jour, je ne peux pas avoir d’enfant. Même si je suis heureuse d’en faire naître pour les autres, j’ai beaucoup pleuré. Mais ça va mieux depuis que tu es là…
J’ai honte de lui avoir posé la question.
— Un jour de longs sanglots, je me suis aperçu que boire les larmes apportait du réconfort, surtout mélangées à un peu d’alcool de pomme. Mais il ne faut pas en prendre lorsqu’on est dans un état normal, sinon on ne parvient plus à être joyeux sans en boire et c’est le cercle vicieux, on n’arrête pas de pleurer pour pouvoir boire ses larmes.
— Tu passes ton temps à réparer les gens, mais tu noies tes blessures dans l’alcool de tes propres larmes, pourquoi ?
— Ne t’inquiète pas pour tout ça [...]

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Le nom de plume a-t-il une vie propre ?

juin 14, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions

Au commencement, il y a eu « moi ».

Quand j’ai décidé de me lancer dans cette aventure — celle de l’écriture — je me suis posé la question d’utiliser un pseudo ou pas. Eh…oui, Nathan Malory n’est pas mon vrai nom, en tout cas pas celui que j’utilise dans la vie de tous les jours. Nathan c’est un personnage que j’ai créé ; un peu comme un personnage de roman, un personnage plus ou moins sorti tout droit de l’imaginaire, mais…avec un peu de moi-même en lui aussi.

On est toujours libre d’écrire sous son vrai nom ou sous un autre. On peut aussi, lorsqu’on écrit différents genres littéraires choisir un pseudo par genre, pourquoi pas ! Pour ma part, j’ai choisi de ne pas écrire sous mon vrai nom pour dissocier mon activité d’écrivain, ou au moins d’ »écrivant » de mon identité réelle. Ne pas mélanger les deux. Protéger ma sphère privée. Protéger mon identité. Protéger ma vie réelle.

Puis « moi » a commencé à s’effacer. « moi » n’était déjà plus totalement « moi ».

Bien sûr qu’il y a de moi dans ce que j’écris, mais je tenais néanmoins à garder une certaine distance. Et puis comme ça, je gagne aussi en liberté dans le sens où je peux faire ce que je veux avec ce pseudo. Car même s’il y a un peu de moi dedans, ce n’est pas tout non plus et je veux pouvoir me donner la possibilité de lui donner la vie dont il rêve. Tiens, là déjà, je fais une dissociation, comme s’il n’était déjà plus moi. Comme s’il ne m’appartenait plus. Comme s’il était devenu une entité à part entière. Il y a « moi » et il y a « lui ». Cet ami intime qui est à la fois moi et plus totalement moi. Cet ami intime que je connais par cœur et qui me connaît si bien tellement il est proche de moi. Parfois on se parle lui et moi. On discute de choses et d’autres. On se raconte surtout beaucoup d’histoires !

Un pseudo, c’est aussi une histoire. C’est un nom et une vie à inventer. Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, c’est parti de façon relativement ordinaire. Adolescent, j’adorais une série américaine qui me faisait rêver et qui s’appelait « Sliders : les mondes parallèles« . Le héros de la série s’appelle Quinn Mallory. J’aimais bien la sonorité, j’ai gardé le patronyme en retirant un « l », j’ai ensuite cherché un prénom pour aller avec et je suis tombé sur Nathan ! Voilà comment « il » est né pour devenir Nathan Malory !

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« Le Zahir » de Paulo Coelho

avril 30, 2012 dans Lectures et critiques littéraires

Avril 2012

Le Zahir de Paulo Coelho

 

Un écrivain célèbre remet en cause tous les principes qui ont gouverné sa vie lorsque sa femme disparaît sans laisser de traces. Au fil d’un périple qui le conduira de Paris jusqu’en Asie centrale, il traverse la steppe, son désert, sa magie et ses légendes pour retrouver celle qui donne plus que jamais un sens à sa vie.

Paulo Coelho revisite mythes antiques et traditions lointaines pour évoquer les thèmes de la quête de l’amour, de la femme éternelle, du pèlerinage, de la recherche de soi et des origines de la croyance. Il recourt à l’autobiographie pour décrire avec ironie l’état du monde moderne, parler de la liberté et de la solitude, et s’interroger sur l’avenir de l’homme en quête de repères, d’amour et de spiritualité.

J’ai été attiré par le sujet. Par la couverture aussi, que je trouve vraiment sublime et qui en dit déjà long sur le sujet…
« Selon l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, l’idée du Zahir vient de la tradition islamique, et l’on estime qu’il est apparu vers le XVIIIème siècle. Zahir, en arabe, veut dire visible, présent, qui ne peut passer inaperçu. Un objet ou un être qui, une fois que nous l’avons rencontré, finit par occuper peu à peu toutes nos pensées, au point que nous ne parvenons plus à nous concentrer sur rien. Il peut signifier la sainteté, ou la folie. »

Qui n’a jamais connu l’obsession ? Voilà une façon originale de la présenter (enfin !) comme un aspect de l’âme humaine sans la juger de façon pathologique. :-)

Je viens de finir Le Zahir de Paulo Coelho.

Avis partagé.

Ce qui m’a dérangé le plus — et heureusement c’est le seul aspect — c’est l’excès de religion et de messianisme. Dieu par ici, Divin par là… Je ne me souviens pas d’avoir autant trouvé de religion dans l’alchimiste qui fut ma découverte du monde de Coelho et qui reste l’un de mes livres initiatiques préférés. En tant qu’athée, je peux lire quelques pages ayant trait à la foi religieuse. Quelques pages, mais pas 360 ! J’ai saturé et failli ne pas lire jusqu’au bout. Le livre aurait pu s’intituler « Au pays des bisounours » ! Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Tous les maux peuvent être guéris par L’énergie de l’amour !… L’amour est LA solution. Il suffit de croire. Et bien sûr il y a un Messie ! Sic. Trop c’est trop !

J’aurai souhaité une façon différente d’aborder la religion, avec des mots différents et qui ont un sens pour ceux à qui la religion n’inspire rien ou pas grand chose. Quoiqu’elle puisse être abordable quand elle est présentée autrement. Mais tout le monde ne choisit pas cette voie là. Je dirais donc que le Zahir est un livre principalement pour les croyants qui devraient trouver en lui des mots qui feront écho en eux. Je n’ai du coup pas vraiment été touché par ce livre. En tout cas pas par sa foi. Un peu comme si je lisais un livre écrit dans une langue qui m’était inconnue. Difficile de rentrer à l’intérieur.

Autre déception : je m’attendais comme l’indiquait la 4ème de couverture à un voyage au cœur de l’Asie centrale ; comme dans l’alchimiste. J’ai voyagé dans celui-ci. Dans Le Zahir, Coelho nous fait d’abord visiter l’Asie centrale, de Paris,  à travers les yeux de l’un des personnages principaux, Mikhail. Ce n’est que bien plus tard que l’on met (enfin !) pied au Kazakhstan. De façon un peu tardive à mon avis.

Voilà pour la partie négative sur laquelle je n’ai pas besoin de m’étendre davantage.

Bien entendu, cela serait purement injuste si je n’évoquais pas, de l’autre côté, ce que j’ai aimé dans cette lecture aussi religieusement sibylline soit-elle et malgré quelques désaccords d’opinion entre Coelho et moi sur la vie et l’amour.

D’une part j’ai bien aimé l’omniprésence d’Esther malgré son « absence physique » dans la plus grande partie du livre. Cette femme, le Zahir plus précisément de cet écrivain célèbre (dont on ne connaît pas le prénom) et qui a disparu sans donner d’explications. Esther qui est son obsession, et Dieu (!) sait à quel point la lecture du Zahir est remplie de sa présence. Son âme est présente partout à chaque instant. Dans chaque page, dans chaque phrase, dans chaque mot, elle est là. Une obsession qui ne peut être comprise que si on l’a déjà vécue personnellement, ainsi qu’une histoire d’amour et qui fera d’autant plus écho le cas échéant. Une obsession paradoxale et contradictoire qui devient — inévitablement — une source de questionnement passionnante ! Une réflexion sur l’amour à deux et la liberté. Une obsession qui ne peut être contrôlée, qui n’est pas un choix car subie mais qui entraîne des choix.

L’amour de l’autre ou l’amour de soi ? Aimer l’autre plus que soi-même ou s’aimer soi-même ?

Liberté ou aliénation ? Se « libérer » de cette obsession pénétrante, envahissante et dévorante qui transcende ?

Cette liberté qui fait peur ! Car elle est forcément synonyme d’éloignement. Synonyme de perte.

Cette lecture n’apporte pas toutes les réponses. Je ne pense pas que ce soit son but d’ailleurs. Elle est une quête de l’amour vrai et authentique. Elle est une invitation à se remettre en question sur sa façon d’aimer. Elle est une quête de l’âme. Elle est une invitation à partir à la rencontre de l’autre. La VRAIE rencontre, celle de l’essentiel et non celle du superficiel.

Et si en fin de compte, se libérer de l’autre c’était s’en rapprocher ?

Prochaines lectures de Coelho, sans doute Onze minutes, ou La sorcière de Portobello. Mais pour l’instant, je m’attaque à Si c’était à refaire de Marc Levy ! :-)

Extraits :

[...] Mais si je pouvais choisir une phrase ? Alors je demanderais qu’il fût gravé :
« Il est mort tandis qu’il était en vie. »
Cela pouvait sembler un contresens, mais je connaissais beaucoup de gens qui avaient déjà cessé de vivre, même s’ils continuaient à travailler, à manger et à vaquer à leurs activités habituelles. Ils faisaient tout comme des automates, sans appréhender… [...]

[...] Je suis capable d’aimer, de sentir l’absence de quelqu’un. Esther méritait beaucoup plus que des mots, mais même les mots, les simples mots, n’avaient jamais été prononcés pendant que nous étions ensembles. [...]

[...] Le pire, ce n’est pas de se promener dans Genève seul et misérable, c’est de donner à une personne qui est près de nous l’impression qu’elle n’a pas la moindre importance dans notre vie. [...]

 

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« La fille de papier » de Guillaume Musso

septembre 26, 2011 dans Lectures et critiques littéraires

Septembre 2011

La fille de papier de Guillaume Musso


« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
D’où sortez-vous ?
Je suis tombée.
Tombée d’où ?
Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel…

J’ai fini hier « La fille de papier«  … Je faisais du stop. Billie et Tom m’ont renversé.

Vous m’avez braqué. Vous m’avez offert la plus belle des histoires.

Vous m’avez plongé dans votre univers. C’est le cas de le dire. J’ai fait de l’apnée du début jusqu’à la fin. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vous m’avez tenu en haleine pendant près de 500 pages. Tout ça pour… me couper le souffle, enivré dans les dernières pages !

Je ne peux trop en dire quant à l’histoire en elle-même ; ça serait cruel envers ses futurs lecteurs. Mais assurément vous m’avez touché en plein cœur.

J’ai trouvé dans la fille de papier une authenticité rare au niveau des personnages. Par ailleurs très attachants. Des personnages « banals » dans un sens, au point que j’aurai pu les croiser là comme ça. Dans la rue. Dans un café. Ou je ne sais où. J’aurais pu les toucher, leur parler… je me serais peut-être bien entendu avec eux. Et pourtant il y avait aussi en eux, un petit je-ne-sais-quoi d’inexplicable. De mystique ? D’extraordinaire ? Je ne saurais dire. En tout cas ils étaient bien réels pour moi. Certains sortent avec des amis. « Alors on se fait un bowling ce soir ? », « Et si on se faisait une petite bouffe ? ». Moi je me disais « Tiens, ce soir je vais retrouver Tom et Billie. » Ils étaient mon rêve. Mon évasion de la journée.

Bref des personnages comme vous et moi, mais qui sont frappés de plein fouet par l’extraordinaire. Deux destins qui s’ignoraient. Deux destins égarés dans la nuit. Deux destins qui se sont télescopés. Foudroyés. Beaucoup d’émotions qui se bousculent et qui s’entrechoquent. Des questions qui viennent frapper à la porte. Des souvenirs passés qui viennent hanter le présent. Des décisions qui réveillent des peurs. Des envies. Et malgré tout…

Vous n’avez pas construit une histoire. Vous avez fait vivre des émotions. Vous êtes allé les chercher. Où ? Je ne sais pas… Mais vous y êtes allé. Vous êtes allé les faire naître. Ces émotions sont devenues vivantes. Indépendantes. Elles ont pris vie. Elles se sont révoltées avec un ardent désir : « Nous voulons vivre nous aussi ! ». Et vous y êtes arrivé, Monsieur Musso. Vous avez réussi l‘art de la transformation. Car ces émotions sont devenues cette belle histoire. Car après tout c’est ça une belle histoire. Ce n’est pas qu’une suite de mots ou d’idées à conter pour raconter et/ou décrire un imaginaire. C’est une histoire fantasmée qui arrive à devenir réelle. Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un cœur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.

J’aurai pu lire votre livre d’une traite. Mais je ne l’ai pas fait, non. Au contraire, j’ai voulu faire durer le plaisir. Un plaisir que vous avez subtilement inoculé en moi. Mot après mot. Phrase après phrase. Page après page. Comme un virus. Celui de la curiosité. Celui de l’envie. Celui de… l’espoir ? Chaque page que je tournais « m’emprisonnait » davantage dans un rêve que je ne voulais plus quitter.

J’étais quelqu’un avant de lire la fille de papier. Je n’étais plus le même après l’avoir terminé.

J’ai encore du mal à sortir des mots cachés sous une couverture de pudeur. Trop tôt. Trop frais. Trop… immature.

Dès le début vous m’avez happé. Quelle drôle d’idée que celle d’écrire sur un auteur qui s’est perdu en chemin ! Un écrivain talentueux ; mais un écrivain égaré en lui-même…

Heureusement que Billie est arrivée pour l’aider à retrouver le fil des mots !

 

Je voudrais quand même relever un point négatif…Vous m’avez obligé à lire jusqu’à la fin. Vous m’avez obligé, avec tristesse, à revenir dans la réalité alors que j’avais envie de rester dans les pages de votre livre…

Je m’arrête ici… Je vais mettre un moment pour « digérer » votre chef-d’œuvre, tant il m’a marqué…

 

Mon dernier mot aux futurs lecteurs : Si vous avez toujours eu envie de rencontrer l’amour et l’amitié…alors lisez la fille de papier !

Tout ça pour vous dire, Monsieur Musso… Merci. Merci du fond du cœur ! Ce que je vous souhaite : continuez de nous faire rêver avec votre plus belle encre. Celle des émotions.

 

Extraits :


[...] — Les liens se font et se défont, c’est la vie. Un matin, l’un reste, l’autre part sans que l’on sache toujours pourquoi. Je ne peux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Je fais de la musique parce que la musique ne partira jamais de ma vie. J’aime les livres parce que les livres seront toujours là. [...]
— Moi, ce que je voulais, repris-je, c’était partager la vie avec toi. Au fond, je crois que ça n’est rien d’autre que ça l’amour : l’envie de vivre les choses à deux, en s’enrichissant des différences de l’autre.[…]
[…] — Je sais que pour mériter l’amour, il faut se donner corps et âme, et prendre le risque de tout perdre… mais je n’étais pas prête à le faire et je ne le suis toujours pas aujourd’hui…[…]


[...] — Vous êtes peut-être très fort pour raconter une histoire, pour peindre les émotions, les douleurs, les emballements du cœur, mais vous ne savez pas décrire ce qui fait le sel de la vie : les saveurs. [...]
[...] J’affichais une moue dubitative, mais je savais qu’elle n’avait pas tout à fait tort : j’étais incapable de saisir la merveille de l’instant. Elle m’était inaccessible. Je ne savais pas la cueillir, je ne savais pas en jouir et je ne pouvais donc pas la faire partager à mes lecteurs.
— Dans vos romans, vous allez écrire : Billie mangea une mangue pour le dessert, mais vous n’allez jamais prendre le temps de détailler la saveur de cette mangue.
Délicatement, elle se mit dans la bouche un morceau de fruit juteux.
— Alors, elle est comment ?
Piqué au vif, je me prêtai malgré tout au jeu et tentai de décrire le fruit avec le plus de précision possible :
— Elle est bien mûre, fraîche juste ce qu’il faut.
— Vous pouvez faire mieux.
— Sa pulpe est sucrée, fondante, savoureuse et très parfumée…[…]

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Belle histoire en citation

septembre 25, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un coeur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.


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Dis Papa, c’est quoi un héros ? (1)

septembre 5, 2011 dans Dis Papa..., Être écrivain, Ici et là, Réflexions

La question résonna dans mon esprit et son écho me fit sortir de ma léthargie créative.

Fatigué par mes heures passées à écrire devant mon ordinateur je levai la tête, les yeux perdus un instant dans le vide. Qu’est-ce qu’un héros ?

Pris par surprise, je réfléchis un court instant, me sentant concerné par la question ; d’autant plus nécessaire qu’elle représente un aspect majeur d’un roman ! Et puis… je ne pouvais passer à côté d’une telle interrogation ! L’esprit des enfants est ainsi fait. Des gourmands intellectuels, à la recherche de la plus petite sucrerie susceptible de satisfaire leur curiosité sur le monde qui les entoure.

Quels étaient mes héros ? Quels avaient-ils été ?

Mes yeux, égarés dans ma mémoire d’enfant à les chercher, restaient figés.

Je pensais aux héros passés. Aux héros présents. Aucun doute, ils avaient changé !

Je me voyais mal lui parler de Starky et Hutch, de la Tulipe Noire, du Frelon vert, du Saint, de Zorro, voire même de Sangoku ou de Nicky Larson !

Qu’est-ce qui m’attirait donc chez eux ?

Et puis je réalisai qu’ils étaient inaccessibles. Ces héros là, on ne les trouve pas dans la vraie vie ! À la télé et dans les livres oui. Ils entretiennent notre imaginaire. Mais sinon ? Existent-ils vraiment ? Ceux qu’on peut voir de ses yeux, ceux-là mêmes que l’on peut approcher et à qui on peut parler, qui sont-ils ? Où sont-ils ?

J’hésitai à me lancer dans une explication aussi vaste qu’ennuyeuse. Quant à la définition du dictionnaire, comment dire… je savais par expérience qu’elle était trop simpliste. Inutile de le sortir de son étagère poussiéreuse.

J’optai alors pour la meilleure réponse possible !

— Un héros, c’est…ton Papa, ma puce !

Fier de ma réponse aussi belle que spontanée, je guettai, impatient, sa réaction.

Elle ne dit mot et me regarda, amusée, avec ses grands yeux coquins emplis de sa tendresse de petite fille, l’air de dire : « Mais Papa, tu seras toujours mon héros ! »

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que dans deux ans, date à laquelle elle rentrerait au collège, elle ne me considèrerait probablement plus comme tel ! Tenant alors absolument à gagner encore un peu de temps, je me gardai bien de le lui dire !

Un bruyant silence s’était joint à nous. Nous nous regardâmes les yeux dans les yeux. Sans dire mot pendant un long moment. J’eus à cet instant précis, en la fixant dans les yeux, l’impression et la sensation de revivre ces 9 dernières années depuis sa naissance lorsque mon attention se trouva détournée, à travers la vitre, par un mouvement furtif. Un couple d’oiseaux en train de se chamailler. Eux, au moins, ne se posaient pas autant de questions existentielles !

Toujours perdu dans ma réflexion…

 

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Le rôle d’un écrivain (1)

juin 26, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

 

Quand j’ai commencé à écrire, de nombreuses questions m’ont assailli ! Pourquoi écrire ? Pour le plaisir ? Pour gagner ma vie (humm difficile…) ? Pour moi-même ? Pour les autres ? Et puis au fait…ça fait quoi un écrivain ? Il écrit certes, mais dans quel but ? À qui ? A-t-il un rôle à jouer au niveau du collectif ? Au niveau de la société ?

Ce que j’écris ici n’est pas une vérité dans l’absolu et je ne livre que ma propre réflexion ; laquelle n’engage que moi.

Un écrivain quel qu’il soit, est relativement libre. Libre de décrire, libre d’inventer, libre de rappeler, libre d’exprimer des vérités ou des mensonges. Libre de relater le passé ou de créer un avenir. Ce qu’il est écrit peut être réel ou inventé de toutes pièces ; partiellement ou totalement. Tout dépend de ce qu’il écrit au moment où il écrit et de l’exercice littéraire auquel il s’adonne. En effet, on n’écrit pas de la même façon de la poésie, des nouvelles, des romans ou des essais. Les définitions de ces styles sont d’ailleurs régies elles-mêmes par des règles très précises. Par ailleurs un écrivain est également un être humain. Il est comme vous et moi. Il est comme tout le monde. Il a sa propre vie. Ses propres moments de bonheur ou de tristesse. Lesquels vont, ne serait-ce qu’inconsciemment, modifier son humeur et ses états d’âme. Un évènement majeur — dramatique ou pas — pourra donner vie à un poème qui portera spécifiquement sur cet évènement. Il sera possible, une fois le poème terminé, de passer à autre chose (je n’ai pas dit tourner la page !). Quand on écrit sur la distance, comme dans un roman par exemple, et que vous êtes en plein travail d’une séquence de votre histoire (laquelle pourra avoir été préparée dans un plan), cette séquence sera émotionnellement imprégnée de votre propre histoire à un moment « t », voire « t+n ».

Des circonstances dans la vie réelle qui peuvent accélérer ou freiner l’écriture de votre histoire.

Imaginez-vous plongé dans l’écriture d’une scène supposée être comique. Vous avez déjà commencé votre scène mais celle-ci n’est pas terminée. Et là d’un seul coup, vlan ! Une rupture amoureuse, un décès, un accident quelconque, un contrôle fiscal (pourquoi pas !), une maladie grave soudaine qui se déclare, que sais-je…

Quelle difficulté que de continuer cette scène… L’inverse existe aussi bien entendu. Car écrire ce n’est pas seulement décrire, mais faire vivre ! Écrire demande, à mon sens, beaucoup d’empathie. Pour faire vivre, il faut avoir vécu soi-même. Il faut être passé par telle ou telle émotion (pas forcément un même événement) pour avoir la possibilité de la faire passer au lecteur. Encore faut-il avoir la capacité ou la faculté de s’écouter soi-même pour l’identifier et la comprendre avant de la « recréer » avec des mots ! (exercice ô combien difficile !). Je reste en effet persuadé que ce qui relie les gens n’est pas tant les événements, mais les émotions et les sentiments humains. Surtout la souffrance comme disait Lamartine…

À suivre dans le billet le rôle d’un écrivain (2)…

 

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« Reading cure », et si vous tendiez un livre ?

mai 1, 2011 dans Coups de ♥, Ici et là, Réflexions

 

Je suis, dernièrement, tombé sur un article de l’Express au sujet de la Reading cure. Voilà un titre bien alléchant, qui donne une autre dimension peut-être pas assez abordée, de l’aspect « thérapeutique » de la lecture en plus des raisons qui nous poussent à lire ; selon les personnes, les envies et les circonstances.

Avant d’aborder la Reading cure, il me paraît logique de faire un petit détour par ce que représente la lecture. Je vous invite d’ailleurs à lire l’un de mes billets précédents, me concernant, intitulé : « Tombé dans les mots ! ». Simple divertissement pour les uns, envie de découverte pour les autres, ou le plaisir de partager une lecture avec d’autres personnes, le livre est encore — ou aussi — pour d’autres (consciemment et inconsciemment), une possibilité d’entrer dans nos rêves (accessibles ou pas) ou de fuir certaines réalités parfois bien douloureuses et se révèle donc être une aide thérapeutique. Une sorte de confident, toujours présent, sans aucune critique ni aucun jugement. Dans son sac à main, dans la poche d’un manteau, sur sa table de nuit ou celui de son bureau, voire même sur son Smartphone. Ce livre, ce compagnon qui nous parle dans notre lit, sur notre canapé, dans le bus, sous l’ombre d’un arbre, ou sur le banc d’un parc. Peu importe où et quand, il est toujours là. Il nous aspire, tel un trou noir, dans le sillage de son histoire, de son intrigue ou de ses personnages. Pendant la parenthèse d’une lecture, nous disparaissons de notre réalité, de notre quotidien. Le livre nous donne finalement l’opportunité de sortir de l’histoire de notre propre vie dont nous sommes, pour beaucoup, de simples spectateurs. Nous entrons dans une parenthèse. Nous nous « isolons ». C’est peu dire ! Combien de fois nous a-t-on reproché de ne pas écouter, ou de n’avoir pas simplement entendu ? Et pour cause ! Quand on est plongé dans l’abysse des mots, il est difficile de remonter ! Il faut des paliers, comme en apnée !

Il existe une pléthore de solutions pour résoudre les tracas du quotidien : le sport, la gastronomie (gargantuesque cela va de soi !), le sexe, les sorties, les amis, l’alcool (malheureusement), le travail, le sommeil, la télé, les discussions ou encore d’autres passions susceptibles de nous changer les idées en évitant de penser ou au contraire qui nous aident à porter notre — lourde — attention pour la transformer en une concentration extrême ailleurs. Ces solutions ne rendent pas nos soucis plus légers et n’ont un effet que temporaire, uniquement destiné à nous faire oublier l’espace d’un instant. Moins souffrir ou ne plus souffrir. Devenir un amnésique de la souffrance. Ces solutions nous détournent de notre tristesse, de notre incompréhension, de notre douleur. Mais pour combien de temps ? Et quelle en est l’efficacité réelle ? Des solutions qui ne sont finalement pour la plupart, qu’une fuite. Avez-vous regardé « Le fugitif », réalisé par Andrew Davis en 1993 ? Ces solutions ne sont pas si lointaines du scénario de Jeb Stuart et David Twohy. On ne devient finalement qu’une bête, toujours en fuite, traquée par ses peurs et ses doutes, coincée dans l’incapacité de retrouver une vie normale. Nous devenons prisonniers de nous-mêmes. Prisonniers de notre vie.

La Reading cure est, à mon avis, une solution alternative intéressante ! Il est certes difficile de trouver chez nous des bibliothérapeutes comme en Outre-Manche, et je ne suis d’ailleurs même pas convaincu que ce concept marcherait chez nous…mais il est indéniable qu’un type de lecture, ou une histoire particulière puisse, en plus de de nous rendre amnésiques l’espace d’un moment, nous apporter des réponses (au moins partiellement !). Et par la même occasion d’ouvrir des portes intérieures qui étaient restées encore bloquées ! Des mots qui deviennent des clés et qui nous ouvrent les yeux sur la façon de gérer un problème, ou qui nous le montrent tout simplement sous un angle différent. Des mots qui deviennent un autre regard. Une histoire dans laquelle on va se retrouver, s’identifier. Des comportements et des valeurs adoptés par les personnages qui vont nous parler et faire écho en nous. Un miroir de nos problèmes mais qui nous place en tant que spectateur et qui nous apporte le recul — difficile à avoir lorsqu’on a la tête dans le seau — nécessaire pour développer notre objectivité et notre bon sens afin d’adopter THE meilleure solution à un moment donné. Une façon aussi de se dire que finalement, on est pas tout seul à vivre telle ou telle expérience ; que d’autres l’ont vécue aussi, la vivent et la vivront bien après nous. Mais gardez à l’esprit que, même si la Reading cure peut servir de prisme pour améliorer notre vue sur un paysage, elle ne fait pas de nous des voyageurs… Quoi qu’il en soit, si vous avez entre les mains un ou des livres qui peuvent guérir ou accompagner un(e) ami(e), un(e) proche, un(e) amoureux(se), un enfant, un(e) anonyme ou qui sais-je, conseillez-le lui. Tendez-lui un livre.

Nos problèmes sont juste une histoire de maux à soigner. Aujourd’hui, vous êtes lecteur de votre vie. Et si demain vous en deveniez l’auteur ?

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Genèse et histoire de « Tourbillon »

janvier 12, 2011 dans Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

 

J’avais déjà écrit quelques poèmes dans le passé, de façon épisodique, en fonction de mon temps et des circonstances qui avaient jalonné ma vie mais ils étaient tous éparpillés.

Il m’est alors venu à l’esprit l’idée de les rassembler et de voir ce que ça pourrait donner. Mon premier ouvrage était né. Il n’avait pas encore de nom.

Et puis en septembre 2010, ma vie a doucement commencé à sortir de la route. Une fois de plus. Je voyais le décor foncer sur moi…

L’asphalte devenait glissant. La visibilité sur le pare-brise était gênée par les gouttes. La conduite devenait de plus en plus difficile, de plus en plus aléatoire. Je n’avais plus de conduite assistée. J’ai alors repris l’écriture, de façon presque obsessionnelle, tous les jours.

Puis octobre noir, je suis sorti de la route…

L’un de ces moments où la vie prend un autre visage. J’écrivais surtout le soir, la nuit et les week-ends, c’était les seuls moments où j’avais vraiment le temps et la liberté de le faire. Une première mouture était terminée en octobre avec 33 poèmes et 47 pages.

Puis m’est venu le nom de « Tourbillon », qui m’a permis de réaliser la couverture. Il correspondait exactement à mon état d’esprit et à ce que je vivais à ce moment-là. Un bouleversement majeur d’émotions. Une spirale qui vous entraîne. Un moment de votre vie hors contrôle, qui vous échappe totalement.

Quand j’écris, j’aime créer un environnement, des conditions. Pour « Tourbillon », j’ai écrit seul, isolé et dans le noir. J’aime aussi la nuit et elle était propice à l’écriture lors de mes nombreuses insomnies.

Les seules lumières qui me tenaient compagnie étaient quelques bougies et l’écran de mon ordinateur. J’avais un diffuseur de parfum aussi. Enfin j’aime bien écouter de la musique lorsque j’écris…cette musique est variable et dépend de mon état d’esprit du moment.

Pour « Tourbillon », j’ai surtout écouté :

Puis au fur et à mesure des jours qui passaient, j’ai continué à écrire, je ne pouvais plus m’arrêter, j’en avais besoin…

« Tourbillon » était devenu un enfant. Il grandissait, avec ses besoins et ses caprices, il devenait de plus en plus mature. Il prenait vie et surtout du sens. Il avait réussi à me « capturer » et ma relation avec lui avait changé. Je prenais conscience de l’impact positif qu’il avait sur moi et de la direction que lui et moi devions prendre, ensemble.

Au final, j’aurai passé près de 4 mois sur ce premier recueil avec une cinquantaine de poèmes…

Je vous laisse les découvrir et tourner les pages…

Bonne lecture !

Couverture du recueil "Tourbillon" de Nathan Malory

 

 

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