Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras !

avril 9, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Je continue d’apprendre à écrire.

D’ailleurs, écrire est comme tout métier. Il y a une part de talent, ce fameux coup de baguette magique qui semble inné à des « élus », que l’on ne sait pas trop expliquer et qui permet de faire des merveilles dans une voie, qu’elle soit professionnelle, sportive ou artistique et qui transforme un homme ou une femme en artiste reconnu et admiré par la société humaine.

ET il y a aussi l’expérience que l’on acquiert au fil du temps. Ces réussites et ces échecs qui nous permettent de réfléchir à ce qui nous anime à l’intérieur et de faire évoluer notre passion. L’expérience peut-elle donner naissance au talent ?

Quoi qu’il en soit, cette expérience représente une sorte de base à l’épistémologie — celle de l’écriture ici — sur laquelle je me pencherai un jour davantage, quand j’aurai acquis plus d’expérience et de maturité littéraires. Le jour où je ne serai plus un apprenti mais un écrivain confirmé.

Cela étant, j’écris au quotidien et je côtoie également beaucoup de gens qui écrivent déjà aussi, d’autres qui ont essayé et qui ont laissé tomber, d’autres enfin qui n’osent pas se lancer.

Nous sommes tous différents, et nous écrivons différemment, et pour des raisons différentes. Nous avons chacun un rapport aux mots qui n’est pas le même et aussi une expérience et un regard différents sur l’écriture.

J’ai envie de dire : « Allez-y ! Osez ! Jetez-vous dans les mots, ils n’attendent que vous ! »

Certes… Mais par où commencer ?

Instinctivement, si au départ vous n’écrivez que pour vous, pas d’exigence particulière, j’aurais tendance à vous dire de vous laisser guider par votre intuition. Laissez votre main, ou vos doigts, écrire pour vous, peu importe le sujet. J’y reviendrai ultérieurement dans un autre billet.

Mais si vous écrivez pour être lu, l’exigence est alors de rigueur et aujourd’hui, je compte environ 5 qualités que je juge nécessaires pour « bien écrire » en dehors du talent de l’artiste, et qui sont issues de ma propre expérience. Elles ne sont donc pas absolues et d’autres personnes pourraient vous donner d’autres qualités qu’ils jugeraient également tout aussi pertinentes ! Il est même très probable que ces mêmes qualités que je considère aujourd’hui ne seront pas tout à fait les mêmes dans l’avenir ou alors elles seront complétées. Ça ne sera plus un top 5 mais un top 10. :-)

Aujourd’hui, je commence donc par la première qualité ou règle qui me semble la moins importante (j’expliquerai dans un autre billet pourquoi) mais qui paradoxalement est tellement capitale qu’il n’est pas envisageable de passer à côté… Celle d’être…

…un bon technicien de la langue. J’entends par là, connaître les règles élémentaires de la langue : l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la ponctuation. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de connaître toutes les règles et d’ailleurs il serait assez difficile de toutes les connaître tellement la langue française est tordue et regorge d’exceptions ! Je laisse cette perfection à ces cracks qui ne font aucune faute aux dictées complètement insensées de M. Pivot, et qui forcent mon admiration. Moi-même enfant, je faisais environ 15 fautes aux dictées adultes !

Néanmoins, je dirais qu’il est possible, tout en connaissant quelques règles de base de corriger au moins 80% des fautes usuelles que l’on rencontre tous les jours. Ce sont des règles dont la maîtrise ne demande aucun talent et qui peuvent s’acquérir très facilement juste en les apprenant. Une certaine humilité me semble aussi importante, celle de vérifier au moindre doute ! Grevisse, Bescherelle et Google sont vos amis ! N’hésitez donc pas à vérifier, revérifier ET aussi à solliciter l’aide de votre entourage. Beaucoup oublient une règle essentielle qui est de se faire relire !

Pourquoi cette règle n°5 est-elle importante ? Eh bien parce que c’est elle qui viendra en bout de chaîne de votre création littéraire et qui empêchera vos lecteurs de partir en courant au bout de la dixième faute ! Lire un texte plein de fautes est épuisant, gêne la lecture et surtout sa compréhension ! Bref…on referme le livre au bout de deux pages…c’est dommage ! Qui sait…vous venez peut-être de passer à côté du nouveau prix Goncourt ! Avant d’être un auteur, soyez d’abord votre propre lecteur ! (dans la mesure du possible bien sûr…)

Sachant que tous les grands auteurs ne sont pas forcément de bons techniciens de la langue. Certains sont corrigés. Comme quoi on peut avoir du talent tout en faisant des fautes (dans une proportion raisonnable.)

J’en profite pour insister sur un dernier point et là je m’adresse autant aux auteurs qu’aux lecteurs et aux éditeurs. Toutes les maisons d’édition n’imposent pas une correction des manuscrits. Et à une époque où les petits éditeurs se multiplient, beaucoup ne proposent une correction qu’en option, laquelle n’est souvent pas choisie par l’auteur pour des raisons qu’on peut comprendre : beaucoup d’entre eux (la plupart en fait…) ne gagnent pas leur vie avec l’écriture et ces petits éditeurs publient, sans que cela les dérange le moins du monde, des ouvrages qui donnent malheureusement une mauvaise image de la profession d’écrivain et d’éditeur. Il est du devoir de chacun, dans la chaîne du livre, de ne pas faire de tort aux professions, de faire honneur à la langue française et de respecter les lecteurs.

À bon entendeur !

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« Pourquoi avez-vous écrit Tourbillon ? »

avril 23, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Recueil "Tourbillon", Réflexions, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

« Je me suis pris un uppercut. »

« Une rage de vaincre. »

« J’ai faim de vous lire. »

« Il faut s’accrocher ! »

« Les émotions des textes resurgissaient et s’imposaient à moi. »

Voici quelques retours de mes lecteurs. Très positifs avouons-le ! Dans l’un de mes précédent billets, notamment « Quand les émotions s’éveillent dans les cœurs endormis« , je n’ai fait qu’esquisser les raisons pour lesquelles j’avais écrit mon recueil Tourbillon.

J’ai également pris la peine de réfléchir aux différentes réactions. Elles ne sont pas toutes positives, heureusement ! J’aime et j’ai l’envie de discuter des ressentis avec les personnes qui m’ont lu. C’est un vrai plaisir. Un échange humain, authentique et essentiel. Mais cet échange n’a (n’aura !) vraiment lieu que lors de rencontres dédicaces. Plus difficile par personne interposée ou derrière un écran. Certaines réactions sont — de façon tout à fait légitime — teintées d’incompréhension. De crainte peut-être aussi ? Mais toutes ces réactions sont intéressantes. Elles me fascinent !

Cela dit, avec le recul, j’ai de plus en plus l’impression que la souffrance est un sujet…tabou ! Comme si c’était malsain d’en parler.

La souffrance ? Ah non, il ne faut surtout pas en parler ! Et puis les gens qui souffrent, ils sont bizarres ! Il ne faut pas les approcher, un peu comme des pestiférés. Bref, on les exclue, on s’en débarrasse parce qu’ils dérangent.

Et puis, pour ce qui me concerne, il faut bien avouer qu’un artiste est « jugé » et/ou perçu à travers et sur l’ensemble de ses œuvres. Logique ! On ne peut donc percevoir pour l’instant qu’une facette, et pas toutes !

Vivement la suite ! :-)

Je ne juge pas ces réactions mais elles m’interpellent. Je reste moi-même dans l’incompréhension ! Et je comprends que certains n’osent pas en parler. Alors, comme j’aime bien m’amuser, j’en parle ! :-) Et puis ça fait partie du rôle de l’écrivain.

Provoquer ! Déranger ! Pas tout le temps non plus, mais j’avoue y prendre un certain plaisir ! Les œillères n’ont jamais été ma tasse de thé ! Quoique…pourquoi ne pas s’asseoir là maintenant tout de suite et discuter autour…d’une tasse de thé ? :-)

Allons-y, asseyons-nous! :-)

« Pourquoi j’ai écrit Tourbillon » ? Voilà une excellente question, et je vous en remercie !

Par besoin.

Par envie aussi.

Le besoin d’affronter ma vie passée, de lui faire face et de lui jeter à la figure : « À partir de maintenant, je ne te subis plus ! Je prends les rennes ! ».

Le besoin aussi de faire sortir le venin de la vie de mon corps à l’instar de celui d’un serpent qui vous a mordu. Quand c’est un serpent qui vous mord c’est une chose. Quand c’est la vie, c’en est une autre et ça prend beaucoup plus de temps de tout nettoyer, tout purger.

Au début de sa vie, on manque de force et de conscience.

Pour effectuer ce travail, il est nécessaire de devenir plus fort, d’aller au plus profond de soi-même, de ses morsures, de ses infections, et d’appuyer. Appuyer encore et encore jusqu’à ce que tout sorte et coule hors de vous. Le mal ne sort qu’avec le mal ! C’est une épreuve que l’on doit s’imposer à soi-même si on veut justement sortir du cercle ! On peut ne pas y arriver comme on peut y arriver.

Un ensemble de facteurs peut tout changer. Des circonstances, ou des gens qui amènent à des prises de conscience et à une envie de changer. De transformer une vie infectée en une vie saine.

Une libération !

Mais tout en restant tourmenté ! Car ce sont les tourments qui créent les artistes ! Sans tourments, l’art n’existerait pas !  Pas de Lamartine, pas de Baudelaire, pas de Victor Hugo… Triste monde !

Et puis sans les tourments, je n’aurai jamais écrit et publié un livre ! Subir ou utiliser, là est la question ! Les tourments sont à l’art ce que le sang est à la vie !

En plus d’un besoin, il y aussi une envie.

Celle d’exprimer une souffrance collective ! Car cette souffrance c’est avant tout celle de toute le monde. En tout cas de beaucoup de gens. J’en ai rencontré beaucoup dans ma vie. Beaucoup ont souffert. Certains s’expriment et d’autres pas. Par fierté, par pudeur ou par crainte d’être jugés gratuitement. Ils souffrent en silence. J’avais envie d’être leur messager. De parler en leur nom à tous. Leur donner l’opportunité de s’exprimer à travers moi : « Je ressens ce que vous ressentez, je vous comprends. Et je vais l’exprimer pour vous. »

Alors quand je vois ces témoignages que mes lecteurs veulent bien partager avec moi, je vois bien dans leurs mots qu’ils ont compris mon message et mon désir. Je suis rassuré ! Je n’ai pas fait de hors-sujet. Je suis dans le juste !

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« La fille de papier » de Guillaume Musso

septembre 26, 2011 dans Lectures et critiques littéraires

Septembre 2011

La fille de papier de Guillaume Musso


« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
D’où sortez-vous ?
Je suis tombée.
Tombée d’où ?
Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel…

J’ai fini hier « La fille de papier«  … Je faisais du stop. Billie et Tom m’ont renversé.

Vous m’avez braqué. Vous m’avez offert la plus belle des histoires.

Vous m’avez plongé dans votre univers. C’est le cas de le dire. J’ai fait de l’apnée du début jusqu’à la fin. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vous m’avez tenu en haleine pendant près de 500 pages. Tout ça pour… me couper le souffle, enivré dans les dernières pages !

Je ne peux trop en dire quant à l’histoire en elle-même ; ça serait cruel envers ses futurs lecteurs. Mais assurément vous m’avez touché en plein cœur.

J’ai trouvé dans la fille de papier une authenticité rare au niveau des personnages. Par ailleurs très attachants. Des personnages « banals » dans un sens, au point que j’aurai pu les croiser là comme ça. Dans la rue. Dans un café. Ou je ne sais où. J’aurais pu les toucher, leur parler… je me serais peut-être bien entendu avec eux. Et pourtant il y avait aussi en eux, un petit je-ne-sais-quoi d’inexplicable. De mystique ? D’extraordinaire ? Je ne saurais dire. En tout cas ils étaient bien réels pour moi. Certains sortent avec des amis. « Alors on se fait un bowling ce soir ? », « Et si on se faisait une petite bouffe ? ». Moi je me disais « Tiens, ce soir je vais retrouver Tom et Billie. » Ils étaient mon rêve. Mon évasion de la journée.

Bref des personnages comme vous et moi, mais qui sont frappés de plein fouet par l’extraordinaire. Deux destins qui s’ignoraient. Deux destins égarés dans la nuit. Deux destins qui se sont télescopés. Foudroyés. Beaucoup d’émotions qui se bousculent et qui s’entrechoquent. Des questions qui viennent frapper à la porte. Des souvenirs passés qui viennent hanter le présent. Des décisions qui réveillent des peurs. Des envies. Et malgré tout…

Vous n’avez pas construit une histoire. Vous avez fait vivre des émotions. Vous êtes allé les chercher. Où ? Je ne sais pas… Mais vous y êtes allé. Vous êtes allé les faire naître. Ces émotions sont devenues vivantes. Indépendantes. Elles ont pris vie. Elles se sont révoltées avec un ardent désir : « Nous voulons vivre nous aussi ! ». Et vous y êtes arrivé, Monsieur Musso. Vous avez réussi l‘art de la transformation. Car ces émotions sont devenues cette belle histoire. Car après tout c’est ça une belle histoire. Ce n’est pas qu’une suite de mots ou d’idées à conter pour raconter et/ou décrire un imaginaire. C’est une histoire fantasmée qui arrive à devenir réelle. Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un cœur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.

J’aurai pu lire votre livre d’une traite. Mais je ne l’ai pas fait, non. Au contraire, j’ai voulu faire durer le plaisir. Un plaisir que vous avez subtilement inoculé en moi. Mot après mot. Phrase après phrase. Page après page. Comme un virus. Celui de la curiosité. Celui de l’envie. Celui de… l’espoir ? Chaque page que je tournais « m’emprisonnait » davantage dans un rêve que je ne voulais plus quitter.

J’étais quelqu’un avant de lire la fille de papier. Je n’étais plus le même après l’avoir terminé.

J’ai encore du mal à sortir des mots cachés sous une couverture de pudeur. Trop tôt. Trop frais. Trop… immature.

Dès le début vous m’avez happé. Quelle drôle d’idée que celle d’écrire sur un auteur qui s’est perdu en chemin ! Un écrivain talentueux ; mais un écrivain égaré en lui-même…

Heureusement que Billie est arrivée pour l’aider à retrouver le fil des mots !

 

Je voudrais quand même relever un point négatif…Vous m’avez obligé à lire jusqu’à la fin. Vous m’avez obligé, avec tristesse, à revenir dans la réalité alors que j’avais envie de rester dans les pages de votre livre…

Je m’arrête ici… Je vais mettre un moment pour « digérer » votre chef-d’œuvre, tant il m’a marqué…

 

Mon dernier mot aux futurs lecteurs : Si vous avez toujours eu envie de rencontrer l’amour et l’amitié…alors lisez la fille de papier !

Tout ça pour vous dire, Monsieur Musso… Merci. Merci du fond du cœur ! Ce que je vous souhaite : continuez de nous faire rêver avec votre plus belle encre. Celle des émotions.

 

Extraits :


[...] — Les liens se font et se défont, c’est la vie. Un matin, l’un reste, l’autre part sans que l’on sache toujours pourquoi. Je ne peux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Je fais de la musique parce que la musique ne partira jamais de ma vie. J’aime les livres parce que les livres seront toujours là. [...]
— Moi, ce que je voulais, repris-je, c’était partager la vie avec toi. Au fond, je crois que ça n’est rien d’autre que ça l’amour : l’envie de vivre les choses à deux, en s’enrichissant des différences de l’autre.[…]
[…] — Je sais que pour mériter l’amour, il faut se donner corps et âme, et prendre le risque de tout perdre… mais je n’étais pas prête à le faire et je ne le suis toujours pas aujourd’hui…[…]


[...] — Vous êtes peut-être très fort pour raconter une histoire, pour peindre les émotions, les douleurs, les emballements du cœur, mais vous ne savez pas décrire ce qui fait le sel de la vie : les saveurs. [...]
[...] J’affichais une moue dubitative, mais je savais qu’elle n’avait pas tout à fait tort : j’étais incapable de saisir la merveille de l’instant. Elle m’était inaccessible. Je ne savais pas la cueillir, je ne savais pas en jouir et je ne pouvais donc pas la faire partager à mes lecteurs.
— Dans vos romans, vous allez écrire : Billie mangea une mangue pour le dessert, mais vous n’allez jamais prendre le temps de détailler la saveur de cette mangue.
Délicatement, elle se mit dans la bouche un morceau de fruit juteux.
— Alors, elle est comment ?
Piqué au vif, je me prêtai malgré tout au jeu et tentai de décrire le fruit avec le plus de précision possible :
— Elle est bien mûre, fraîche juste ce qu’il faut.
— Vous pouvez faire mieux.
— Sa pulpe est sucrée, fondante, savoureuse et très parfumée…[…]

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L’amour et l’acceptation en citation

avril 23, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Aimer l’autre, c’est l’accepter dans sa totalité.

 

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Différences en citation

avril 23, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Les différences peuvent séparer. Elles peuvent aussi rassembler. Tout dépend du regard que l’on porte sur elles.


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Nominé à un concours de lettre d’amour!

mars 16, 2011 dans À propos de Nathan Malory, Événements, Prix, récompenses et nominations

 

À toi, petit bout de bonheur qui est né il y a 18 ans et que j’aimais déjà bien avant.

J’ai toujours rêvé de toi, du bonheur et des instants partagés avec ta Maman à l’annonce de ton arrivée. Quelle joie ! Dans ce rêve, je me voyais déjà devenir gaga, en imaginant ce petit être en quête de vie, précieusement protégé par la femme que j’aime qui est ta Maman. Et puis un jour, le rêve est devenu réalité !

Nous avons alors dévoré, elle et moi, les livres pour bébés et nous nous sommes arrêtés sur chaque prénom, quitte à en inventer de nouveaux si nécessaire, porteurs de force et d’espoir pour te guider dans la vie ! Grâce à toi, nous avons aussi appris de nouveaux métiers !

D’abord je me suis improvisé dessinateur-bricoleur, et je t’ai fait un mobilier tout en couleurs ! Et puis ta Maman et moi, nous sommes devenus artistes-peintres-décorateurs et nous avons fait de ta chambre un monde de bonheur, le tien. Je me levais même dans la nuit, en cachette de ta Maman pour y mettre volontairement un peu de désordre pour que tu puisses te sentir chez toi ! J’imaginais déjà avec un grand sourire, sa tête, en découvrant le matin ce bazar laissé par…les lutins de la nuit ! Mais je n’avais pas honte car je l’avais fait pour toi.

Tout ça, c’était avant les échographies où ta mère et moi pouvions te voir et où, surexcité, je m’écriais, fou de joie : « Tiens regarde ! Comme elle ressemble à son Papa ! » et ta mère, loin de se laisser faire, de rajouter : « Mais non, n’importe quoi, elle ressemble à sa Maman ! ». Quel beau séisme d’amour dont tu étais l’épicentre ! Mais au fond tu ne ressemblais ni à l’un ni à l’autre. Non. Tu étais simplement toi, sans avoir besoin de ressembler à qui que ce soit. Notre histoire, notre amour, notre fille. Et nous étions déjà fiers de toi.

Je nous imaginais tous les trois, un samedi, prenant ta Maman en flagrant délit de sieste imposée à quatre heures de l’après-midi, heureusement épuisée par tes coups de pied, synonymes de ton besoin d’exister. Je déposais alors une couverture en laine pour vous envelopper toutes les deux au chaud. Puis, ma main sur son ventre, je m’improvisais pianiste compositeur et mes murmures se transformaient, grâce à mes doigts, en notes de musique qui résonnaient tout en douceur. Toi aussi musicienne, tu jouais de la batterie et, impatiente de communiquer, tu me répondais avec tes pieds. Sans même te connaître, tu étais la vie et j’étais déjà morgane de toi.

J’avais tellement hâte d’être dans la salle d’accouchement ! Je me disais : « Ce jour-là, je serai coach ! ». Et à ta naissance, j’ai tenu la main de ta Maman, qui, à l’instar du Capitaine Haddock, m’a donné pour l’occasion plein de noms d’oiseaux charmants ! Mais quel bonheur de la voir te mettre au monde ! J’ai coupé le cordon ombilical, et une fois langée, je t’ai confiée à ta Maman, impatiente de te blottir contre elle. Celle-ci même qui t’avait portée pendant neuf mois et qui t’avait initiée aux viennoiseries, aux fraises, aux glaces coco-citron, à la crème Chantilly et autres sucreries…et oui, tes hoquets c’était à cause d’elle !

Tu sais, ces neuf mois n’ont pas été évidents pour elle. Tu lui en as fait voir de toutes les couleurs. Mais tu n’imagines pas à quel point elle t’aimait et t’attendait ! Tu peux être fière d’elle ! Et de moi aussi ! D’avoir supporté pendant tous ces mois, son humeur si…amoureusement originale et parfois vive et imprévisible ! Je me souviens qu’une fois, ta Maman m’a très gentiment demandé d’aller chercher des fraises en…me réveillant à trois heures du matin par une nuit d’hiver à -15 °C et la voiture…bloquée dans la neige ! Heureusement que ton Papa est malin ! J’avais anticipé et en avais caché quelques kilos l’été précédent dans…le congélateur du garage, bien cachées sous les sacs de haricots et de brocolis ! Mais chuuuut…ça doit rester notre secret, ta Maman s’étant, depuis…fait pardonner !

Et quand elle trouvait dans le pot de fleurs de lune de la cuisine, la compote de petits pois que tu cachais discrètement, je prenais ta défense et disais que c’était moi qui avais confondu avec le terreau du marché, quitte à dormir une semaine sur le canapé ! Et je n’avais même pas honte car je le faisais par amour pour toi. Et puis je te comprends va ! Le vert et moi…je n’ai jamais compris pourquoi ta Maman nous prenait pour des lapins !

Je me souviens aussi de ces soirs où j’enfilais mon costume de conteur, je te bordais, prenais ta main et te racontais plein d’histoires hautes en émotions et en couleurs où ton imaginaire devenait contes et merveilles dans un royaume de bonheur. Et puis, des fois, on inventait même des histoires tous les deux ! Quand tes yeux se fermaient alors, je te donnais un baiser sur le front qui t’accompagnait au pays des songes et fermais doucement la porte sans te réveiller, en demandant à Stitch, Shrek, Nemo et Ratatouille de veiller sur toi pendant la nuit.

Au fur et à mesure des mois et des années, je me posais de plus en plus de questions sur nous deux. Comment t’exprimer mon amour de Papa ? Mais aussi sur mes craintes de mal faire ou de ne pas être à la hauteur. De toute façon, je savais que je ferais des erreurs, mais tu sais, j’ai toujours essayé de faire de mon mieux pour toi.

Comment trouver le juste milieu ? Entre t’apprendre tout ce qu’un Papa peut transmettre à sa fille sans trop en faire. Te donner des valeurs pour t’aider à avoir les tiennes propres que tu ferais tiennes sans en être prisonnière. Être là quand il le faut, comme il le faut, sans être intrusif. Te  guider sans t’imposer, t’aimer sans t’étouffer, te protéger sans te couver, ou te gronder sans te blesser. Car oui, des fois il m’est arrivé de le faire quand tu faisais des bêtises ou avant même de les faire…et crois-moi ou pas, ça ne me faisait pas plus plaisir qu’à toi. Mais c’était ça aussi mon rôle de Papa. Dans ces moments-là tu m’en voulais, j’avais le rôle du méchant, et tu te réfugiais dans les bras de ta Maman qui te réconfortait. Mais tu sais, je ne t’ai jamais grondée pour rien et je t’ai toujours expliqué pourquoi. Et quoi qu’il en soit, je trouvais toujours du temps pour jouer, t’écouter et discuter avec toi. Tes secrets étaient miens et j’en étais garant, botus et mouche cousue ! J’étais toujours là pour toi dans les moments faciles comme dans les moments difficiles et dans la joie comme dans le chagrin. J’étais toujours là pour toi dans les petits comme dans les grands moments, et si quelqu’un te voulait du mal, j’étais toujours là ! Les méchants n’avaient qu’à bien se tenir !

Ah ! Toi et moi, quelle histoire !! Et ce n’était que le début…l’essentiel étant l’histoire d’un apprenti Papa et de sa fille. Comment devient-on une femme ? Comment devient-on un Papa ? Ton regard et le mien. Toi et moi. Tu as appris à me connaître comme j’ai appris à te connaître aussi. Tu as grandi sous mon regard de Papa toujours inquiet mais toujours fier de toi. Je n’ai pas toujours pu t’empêcher de tomber ou de faire des erreurs, ça fait partie de la vie aussi ; mais je te regardais te relever toute fière et je pouvais dire, impressionné : « Regardez, c’est ma fille ! » avant de te voir repartir, curieuse comme tout, découvrir de nouveaux mondes.

Quand tu étais petite, tu m’apprenais à redécouvrir le monde avec tes yeux d’enfant émerveillé devant la plus grande des simplicités. Mes blagues stupides te faisaient rire et tu étais fière de ton Papa que tu trouvais extraordinaire. J’avais réponse à toutes tes questions : « Dis Papa, pourquoi… ? » et tout ce que je faisais, tout ce que je disais, était magique pour toi !

À l’adolescence, tu as trouvé mes blagues moins drôles, voire pourries, tu t’es rendue compte que même les adultes n’avaient pas toujours réponse à tout et tu me faisais comprendre que je te fatiguais ! Je me méfiais des garçons qui tournaient autour de toi, je disais forcément plein de bêtises, je ne comprenais jamais rien et j’avais toujours tort !

Mais je ne t’en voulais pas, continuais de t’aimer et j’ai patienté quelques années tout en gardant un œil sur toi…jusqu’au jour où tu prendrais ton envol et où tu commencerais à devenir une femme. Aujourd’hui tu fêtes tes 18 ans, et j’espère que bientôt, tu seras à nouveau fière de ton vieux Papa toujours aux petits soins pour toi ! Alors pour ton anniversaire, sache que peu importe l’âge que tu auras, tu seras toujours ma fille, peu importe ton caractère et tes bêtises ! Je t’aimerai telle que tu seras, ma pitchoune, ma fille dont je serai toujours fier et grâce à qui j’aurai appris le plus beau des métiers, celui de Papa !

Ton Papa qui t’aime et qui t’aimera toujours.

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Concours de la plus belle lettre d’amour, organisé par La Vague Des Livres en mars 2011. (Rhône)


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Portrait chinois de Nathan

mars 3, 2011 dans À propos de Nathan Malory

Qui est Nathan Malory ?

Un apprenti romancier, nouvelliste, poète et essayiste ! Et puis blogueur ! Mais avant tout chercheur d’idées et de mots. Passionné d’explorations intérieures à la recherche d’un univers.

Un illuminé de la vie ! Voilà ce qu’est Nathan Malory ! Un type un peu bizarre. Passionné ! Rebelle aussi ! Un touche-à-tout originaire de Paname. Tombé dans la fontaine des mots dès le plus jeune âge, il a toujours été un explorateur de nouveaux mondes intérieurs. Déjà à l’école, il était voyageur et passait plus de temps à arpenter les reliefs accidentés de la vie en se perdant avec plaisir dans les livres et les mots. Taquin dans l’âme, Nathan Malory aime s’amuser avec ses amis. Jouer de leurs sens, et de leurs sons. Tantôt pour provoquer, tantôt pour toucher. Son style littéraire ? Aucun. Il est inclassifiable. C’est tout un orchestre d’émotions vastes et variées qu’il conduit pour créer un univers à part. Le sien. Une seule idée en tête : faire voyager et tisser un lien avec le lecteur. Lui parler de cœur à cœur.

Lyonnais d’adoption, il aime cette région et c’est de celle-ci qu’il a décidé de se lancer…dans les mots bien évidemment !

Nationalité : Citoyen du monde

Âge : variable ! L’âge qu’on veut bien me donner !

Résidence : Partout et nulle part à la fois mais à Lyon pour l’instant!

Influences littéraires :

Bernard Werber, Maxime Chattam, Guillaume Musso, Jules Verne, Antoine de Saint-Exupéry, Kazuo Ishiguro, Isaac Asimov, Elizabeth George, Ray Bradbury, Kim Stanley Robinson, Paulo Coelho, Dan Brown, David Lodge, Maurice G. Dantec, Stieg Larsson, Marc Levy

Livres « initiatiques » favoris :

  • L’alchimiste (Paulo Coelho)
  • Le chevalier à l’armure rouillée (Robert Fisher),
  • Le petit Prince (Antoine de Saint-Exupéry)

Poètes favoris : Jacques Prévert, Pablo Neruda, Khalil Gibran,

Passions poétiques : « les nuits » de Musset, « Pour faire le portrait d’un oiseau » de Prévert, « Mon rêve familier  » de Paul Verlaine, « Si » de Rudyard Kipling, « Invictus » de William Ernest Henley

Peintres favoris : Joan Miró, Vladimir Kandinsky, Salvador Dalí, Marc Chagall, Jacques Villon, Georges Mathieu, Jackson Pollock, Leonid Afremov

Styles musicaux : un peu de tout, pop-rock, jazz (dont Petrucciani bien sûr !), blues (James Cotton notamment), trip hop, instrumental, variétés, classique, métal symphonique ! Aller, je vous donne quelques noms ! Ayo, Norah Jones, Nightwish, Scorpions, Jean-Michel Jarre, Vangelis, Yom, Cabrel, Hooverphonic, Epica, Enya, Enigma, Kosheen, Sonata Arctica, Within temptation, Sirenia, Yom, Skye, Joaquin Rodrigo (notamment Concerto d’Aranjuez), Anja Garbarek, Bo Kaspers Orkester, Kraftwerk, Téléphone, Indochine et beaucoup beaucoup d’autres !

Quelques passions : l’harmonica (diatonique), le piano, le dessin, la peinture (acrylique), la sculpture (béton cellulaire), l’escalade et la Salsa Cubaine (je débute en tout mais je m’éclate !) J’ai par ailleurs toujours été passionné par l’ésotérisme dont l’Astrologie humaniste (celle de Dane Rudhyar notamment) ainsi que la Tarologie (de Marseille).

Adhésions : membre de l’UERA (Union des écrivains de Rhône-Alpes) et de l’association littéraire La Vague Des Livres

Qui j’aime rencontrer ?

Des écrivains, des paroliers, des groupes, des musiciens, des artistes quoi ! Qu’ils soient anonymes ou pas, introvertis ou extravertis, qu’ils soient heureux ou malheureux. Mais au-delà, tout simplement des passionnés des mots ! Des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs, du passé comme du présent ou du futur ! Des gens, curieux, qui cherchent et qui se cherchent. Des gens qui vivent et qui ressentent ! Des personnes en quête d’inspirations diverses à l’affût de nouvelles découvertes et de nouvelles rencontres pour partager des émotions et partir explorer de nouvelles destinations.

Mon utopie : arriver à toucher des âmes, au moins à en approcher quelques-unes. Les aider à mieux se comprendre, et se révéler à elles-mêmes pour devenir plus vraies. Arriver également à pouvoir donner à des lecteurs ce que la lecture m’a apporté (et ce qu’elle continue de m’apporter). Convaincu du pouvoir réel des mots, je souhaite arriver un jour à transmettre un message et utiliser les mots pour changer les mentalités plutôt que la guerre qui n’aboutira qu’à notre destruction globale pure et simple. Je ne changerai probablement pas la face du monde, mais si je peux changer et influencer positivement la vie de 2 ou 3 personnes qui à leur tour se poseront comme relais, alors je saurai que j’ai réussi à réaliser mon rêve.

Mise à jour : mardi 26 mars 2013

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Genèse et histoire de « Tourbillon »

janvier 12, 2011 dans Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

 

J’avais déjà écrit quelques poèmes dans le passé, de façon épisodique, en fonction de mon temps et des circonstances qui avaient jalonné ma vie mais ils étaient tous éparpillés.

Il m’est alors venu à l’esprit l’idée de les rassembler et de voir ce que ça pourrait donner. Mon premier ouvrage était né. Il n’avait pas encore de nom.

Et puis en septembre 2010, ma vie a doucement commencé à sortir de la route. Une fois de plus. Je voyais le décor foncer sur moi…

L’asphalte devenait glissant. La visibilité sur le pare-brise était gênée par les gouttes. La conduite devenait de plus en plus difficile, de plus en plus aléatoire. Je n’avais plus de conduite assistée. J’ai alors repris l’écriture, de façon presque obsessionnelle, tous les jours.

Puis octobre noir, je suis sorti de la route…

L’un de ces moments où la vie prend un autre visage. J’écrivais surtout le soir, la nuit et les week-ends, c’était les seuls moments où j’avais vraiment le temps et la liberté de le faire. Une première mouture était terminée en octobre avec 33 poèmes et 47 pages.

Puis m’est venu le nom de « Tourbillon », qui m’a permis de réaliser la couverture. Il correspondait exactement à mon état d’esprit et à ce que je vivais à ce moment-là. Un bouleversement majeur d’émotions. Une spirale qui vous entraîne. Un moment de votre vie hors contrôle, qui vous échappe totalement.

Quand j’écris, j’aime créer un environnement, des conditions. Pour « Tourbillon », j’ai écrit seul, isolé et dans le noir. J’aime aussi la nuit et elle était propice à l’écriture lors de mes nombreuses insomnies.

Les seules lumières qui me tenaient compagnie étaient quelques bougies et l’écran de mon ordinateur. J’avais un diffuseur de parfum aussi. Enfin j’aime bien écouter de la musique lorsque j’écris…cette musique est variable et dépend de mon état d’esprit du moment.

Pour « Tourbillon », j’ai surtout écouté :

Puis au fur et à mesure des jours qui passaient, j’ai continué à écrire, je ne pouvais plus m’arrêter, j’en avais besoin…

« Tourbillon » était devenu un enfant. Il grandissait, avec ses besoins et ses caprices, il devenait de plus en plus mature. Il prenait vie et surtout du sens. Il avait réussi à me « capturer » et ma relation avec lui avait changé. Je prenais conscience de l’impact positif qu’il avait sur moi et de la direction que lui et moi devions prendre, ensemble.

Au final, j’aurai passé près de 4 mois sur ce premier recueil avec une cinquantaine de poèmes…

Je vous laisse les découvrir et tourner les pages…

Bonne lecture !

Couverture du recueil "Tourbillon" de Nathan Malory

 

 

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Bienvenue !

janvier 1, 2011 dans Événements, Mise à jour du site

 

Mot de Nathan Malory

 

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