Un peu de prose…

mars 27, 2013 dans Un peu de poésie

 

Comme vous l’aurez peut-être remarqué, l’image de fond de mon site représente un texte que j’ai incliné. Mais il est vrai qu’il est difficile de pouvoir le lire dans son intégralité.

Le voici donc présenté tout simplement ci-dessous. Il est beaucoup plus lisible. :-)

La vie, c’est un peu comme un bout de poésie. Elle a un début et une fin dont on en ignore le moment. C’est aussi un cadeau. Un drôle de cadeau d’ailleurs. Un cadeau qui a le pouvoir de nous tuer comme celui de nous donner la vie. La vie tout comme la poésie nous ouvre la porte de son monde et nous rappelle l’humilité obligée de notre statut d’invité. La vie tout comme la poésie se respecte, tout autant dans son humanité que dans son intimité. La vie tout comme la poésie, ce sont des moments. La vie tout comme la poésie, ce sont des mots qui ne mentent pas. Des mots de vérité, des mots qui restent gravés autant sur l’étendue d’une page blanche que des mots qui restent prisonniers dans un cœur noirci de douleur. La vie tout comme la poésie, ce sont des mots saignés par la vie.

 

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Quand les émotions s’éveillent dans les cœurs endormis

avril 7, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Recueil "Tourbillon", Réflexions, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Lorsque j’ai commencé mon recueil, il y a eu, au début, des raisons conscientes et d’autres pas. J’en parle d’ailleurs dans sa genèse. Et puis une évolution durant la phase d’écriture.

L’inconscient s’est conscientisé. Une réflexion également, sur l’avant, le pendant et l’après. C’est-à-dire arriver à se plonger dans le travail littéraire en cours tout en se projetant notamment sur les travaux suivants.

Penser global.

Se concentrer dans l’instant tout en gardant une vision à long terme.

Créer un fil directeur entre les ouvrages. Les broder ensemble.

Quant à la mesure de l’impact émotionnel chez les lecteurs, je ne pouvais pas du tout avoir le recul pour l’évaluer ! Cela dit les quelques privilégiés qui ont pu en lire une partie pendant l’écriture, qui sont des proches et qui connaissent ma vie, m’avaient exprimé ce qui semble devenir maintenant un leitmotiv récurrent : « C’est dur. » Ou encore « C’est noir. », « Beaucoup de souffrance, de tristesse, de douleur ».

Oui c’est ça ! Exactement ça !

Créer un condensé. De souffrance. Créer un concentré. De douleur.

Pari plus ou moins gagné semble-t-il. En tout cas aux premiers échos que j’en ai.

Mon but, ou plutôt mes buts : exprimer et partager ce que j’ai vécu dans ma vie. Avec mes amis les mots. Et la façon dont je les utilise. Mais pas dans un but exhibitionniste ou malsain.

C’était un besoin.

C’était une envie aussi bien sûr.

Mon seul regret : j’ai gardé une certaine retenue. Je n’ai pas réussi à me lâcher totalement. C’est dommage. Je suppose que ça viendra avec le temps. La maturité littéraire vient au fil des mots et…des ouvrages.

Ce qui m’a troublé : un lien s’est créé entre mon recueil et moi. Tourbillon s’est imposé à moi (pour reprendre les termes d’une lectrice !). Je crois qu’il s’amuse avec ses lecteurs. Il a son âme, il est vivant !

Nous nous sommes accouchés l’un l’autre. Lui et moi. Il a été mon exutoire. J’ai été son révélateur.

Pas toujours facile cependant de jouer avec les mots car je trouve qu’ils ont, dans leur fonction sémantique, une « limite émotionnelle ». Les mots sont réducteurs dans un sens. Ils enferment car enfermés dans leurs définition et leur signification intrinsèque. Les mots sont équipés d’un limiteur…de sens !

Et il arrive un « plafond ».

Duquel il devient difficile d’exprimer avec des mots ce qui est infini. Les émotions sont comme un grand océan où tout se mélange, où tout se dilue. Tout devient à la fois flou et abstrait. Pourtant il y a une force démesurée dans cette abstraction !

Faire en sorte que la lecture crée une réaction. Provoquer des émotions. Faire plonger le lecteur et le noyer dans un climat…océanique bien sûr ! Et puis dans le mien aussi tant qu’à faire ! Dans mon monde un peu bizarre, un peu (beaucoup !) déjanté ! :-)

Créer un univers émotionnel global tout en suscitant des émotions subjectives dans leur ressenti car tout un chacun ressent différemment. L’une de mes meilleures amies m’a dit : « Chacun de tes textes a son propre univers. On peut s’y identifier facilement ».

Deuxième pari gagné ! Créer un lien et faire vivre quelque chose d’essentiel. Car l’essentiel se joue à l’intérieur. Quelque chose qui se passe au plus profond de soi.

Un premier travail qui n’est qu’un commencement. Ce recueil a son sens à lui, mais il prendra un autre sens dans la suite de mon travail littéraire. Une page de ma vie se tourne maintenant avec Tourbillon, il est temps pour moi de tourner la page suivante et de continuer à explorer le champ (vaste !) des émotions humaines. Voilà ce que représente l’art à mes yeux dans son sens le plus large.

L’écrivain sait où il va ! Quoique…les pages savent aussi nous surprendre, surtout quand elles se mettent à tourner toutes seules !

Tiens, le soleil se lève ! J’aime la nuit. Les oiseaux chantent encore le chant des émotions. :-)

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Le rôle d’un écrivain (3)

juillet 12, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

[...]La vie d’un écrivain est son propre point de référence (par la force des choses, pas par égocentrisme !).

C’est un premier constat. [-> « Le rôle d’un écrivain (2) »]

 

Le deuxième c’est de savoir pourquoi on écrit. Certains recherchent la notoriété (nouvelle ou pas !) et sont prêts, pour cela, à faire du plagiat ou à demander à d’autres d’écrire pour eux, les écrivains fantômes sont là pour ça…

La plupart heureusement ne sont pas comme ça. En tout cas c’est ce que je crois !

D’autres font, consciemment ou pas, de « l’écriture-thérapie ». Ils extériorisent leurs démons et/ou écrivent leur autobiographie, explicitement ou implicitement. Ils expriment avec des mots leurs maux, ce qui a pour effet de fondre leurs douleurs intérieures en souffrances extérieures.

Je pense que nous le faisons tous, avec des proportions différentes.

Enfin, on peut écrire pour faire rêver. Donner la possibilité à d’autres de faire un voyage. Pas spécialement dans le temps, mais aussi dans une autre dimension. Une autre réalité. Écrire afin de faire lire pour oublier. L’espace d’un moment. Vivre une parenthèse de vie qui aide à mieux surmonter, à mieux vivre tout simplement.

Mais pas seulement !

À mon sens, l’écrivain doit jouer un rôle au niveau de la société. C’est-à-dire qu’il doit — avant d’écrire — savoir entendre, écouter, observer ce qui se passe dans notre société. Il doit savoir faire preuve d’un certain sens de l’analyse afin de cerner les tenants et les aboutissants afin, non pas de « dénoncer », mais de dévoiler les dysfonctionnements quels qu’ils soient, et/ou de constater ce qu’il voit et entend, notamment au niveau du comportement humain. En d’autres termes, il a cette liberté — et ce devoir — d’utiliser les mots, soit pour exprimer sa propre opinion, soit pour se faire porte-parole ou encore, et c’est là toute la difficulté, pour lever le voile sur le monde du caché. Oser porter le costume du « méchant », celui du révélateur de vérités. Celui qui va déranger en exprimant très clairement ce que beaucoup refusent de voir ou d’entendre.

Car oui, écrire c’est révéler et donc responsabiliser et faire réfléchir.

Écrire c’est prendre le risque d’être soi-même responsable.

Écrire c’est prendre le risque d’éveiller les consciences endormies.

Écrire c’est enfin passer le relais. Celui de la responsabilité. Car c’est prendre le risque de dire au lecteur : « Attention, vous allez devenir responsable. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas et vous devrez faire un choix. Celui de faire comme si et de ne rien faire et de rester inconscient ou celui d’agir en étant conscient et responsable. »

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« Reading cure », et si vous tendiez un livre ?

mai 1, 2011 dans Coups de ♥, Ici et là, Réflexions

 

Je suis, dernièrement, tombé sur un article de l’Express au sujet de la Reading cure. Voilà un titre bien alléchant, qui donne une autre dimension peut-être pas assez abordée, de l’aspect « thérapeutique » de la lecture en plus des raisons qui nous poussent à lire ; selon les personnes, les envies et les circonstances.

Avant d’aborder la Reading cure, il me paraît logique de faire un petit détour par ce que représente la lecture. Je vous invite d’ailleurs à lire l’un de mes billets précédents, me concernant, intitulé : « Tombé dans les mots ! ». Simple divertissement pour les uns, envie de découverte pour les autres, ou le plaisir de partager une lecture avec d’autres personnes, le livre est encore — ou aussi — pour d’autres (consciemment et inconsciemment), une possibilité d’entrer dans nos rêves (accessibles ou pas) ou de fuir certaines réalités parfois bien douloureuses et se révèle donc être une aide thérapeutique. Une sorte de confident, toujours présent, sans aucune critique ni aucun jugement. Dans son sac à main, dans la poche d’un manteau, sur sa table de nuit ou celui de son bureau, voire même sur son Smartphone. Ce livre, ce compagnon qui nous parle dans notre lit, sur notre canapé, dans le bus, sous l’ombre d’un arbre, ou sur le banc d’un parc. Peu importe où et quand, il est toujours là. Il nous aspire, tel un trou noir, dans le sillage de son histoire, de son intrigue ou de ses personnages. Pendant la parenthèse d’une lecture, nous disparaissons de notre réalité, de notre quotidien. Le livre nous donne finalement l’opportunité de sortir de l’histoire de notre propre vie dont nous sommes, pour beaucoup, de simples spectateurs. Nous entrons dans une parenthèse. Nous nous « isolons ». C’est peu dire ! Combien de fois nous a-t-on reproché de ne pas écouter, ou de n’avoir pas simplement entendu ? Et pour cause ! Quand on est plongé dans l’abysse des mots, il est difficile de remonter ! Il faut des paliers, comme en apnée !

Il existe une pléthore de solutions pour résoudre les tracas du quotidien : le sport, la gastronomie (gargantuesque cela va de soi !), le sexe, les sorties, les amis, l’alcool (malheureusement), le travail, le sommeil, la télé, les discussions ou encore d’autres passions susceptibles de nous changer les idées en évitant de penser ou au contraire qui nous aident à porter notre — lourde — attention pour la transformer en une concentration extrême ailleurs. Ces solutions ne rendent pas nos soucis plus légers et n’ont un effet que temporaire, uniquement destiné à nous faire oublier l’espace d’un instant. Moins souffrir ou ne plus souffrir. Devenir un amnésique de la souffrance. Ces solutions nous détournent de notre tristesse, de notre incompréhension, de notre douleur. Mais pour combien de temps ? Et quelle en est l’efficacité réelle ? Des solutions qui ne sont finalement pour la plupart, qu’une fuite. Avez-vous regardé « Le fugitif », réalisé par Andrew Davis en 1993 ? Ces solutions ne sont pas si lointaines du scénario de Jeb Stuart et David Twohy. On ne devient finalement qu’une bête, toujours en fuite, traquée par ses peurs et ses doutes, coincée dans l’incapacité de retrouver une vie normale. Nous devenons prisonniers de nous-mêmes. Prisonniers de notre vie.

La Reading cure est, à mon avis, une solution alternative intéressante ! Il est certes difficile de trouver chez nous des bibliothérapeutes comme en Outre-Manche, et je ne suis d’ailleurs même pas convaincu que ce concept marcherait chez nous…mais il est indéniable qu’un type de lecture, ou une histoire particulière puisse, en plus de de nous rendre amnésiques l’espace d’un moment, nous apporter des réponses (au moins partiellement !). Et par la même occasion d’ouvrir des portes intérieures qui étaient restées encore bloquées ! Des mots qui deviennent des clés et qui nous ouvrent les yeux sur la façon de gérer un problème, ou qui nous le montrent tout simplement sous un angle différent. Des mots qui deviennent un autre regard. Une histoire dans laquelle on va se retrouver, s’identifier. Des comportements et des valeurs adoptés par les personnages qui vont nous parler et faire écho en nous. Un miroir de nos problèmes mais qui nous place en tant que spectateur et qui nous apporte le recul — difficile à avoir lorsqu’on a la tête dans le seau — nécessaire pour développer notre objectivité et notre bon sens afin d’adopter THE meilleure solution à un moment donné. Une façon aussi de se dire que finalement, on est pas tout seul à vivre telle ou telle expérience ; que d’autres l’ont vécue aussi, la vivent et la vivront bien après nous. Mais gardez à l’esprit que, même si la Reading cure peut servir de prisme pour améliorer notre vue sur un paysage, elle ne fait pas de nous des voyageurs… Quoi qu’il en soit, si vous avez entre les mains un ou des livres qui peuvent guérir ou accompagner un(e) ami(e), un(e) proche, un(e) amoureux(se), un enfant, un(e) anonyme ou qui sais-je, conseillez-le lui. Tendez-lui un livre.

Nos problèmes sont juste une histoire de maux à soigner. Aujourd’hui, vous êtes lecteur de votre vie. Et si demain vous en deveniez l’auteur ?

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Adieu la vie !

février 24, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Un peu de poésie, Œuvres littéraires

 

Aujourd’hui j’ai pensé à toi

C’est pas la première fois

Mais je me suis dit qu’il était temps de divorcer toi et moi

 

Tous les deux on en aura passé du temps ensemble

Et combien de moments partagés

Dans la mélancolie ou l’allégresse

Avec des larmes de joie ou de tristesse

Mais plus souvent dans le désespoir et la douleur

Que dans l’espoir et le bonheur

 

J’sais pas encore si tu vas me manquer

Ou si je vais te regretter

Mais là aujourd’hui, je sais que toi et moi c’est fini et terminé

 

Tout ce que je te demande

C’est de me donner encore un peu de temps

J’ai pas envie de partir juste comme ça

En un claquement de doigt

Tu sais, dire Adieu, ça peut prendre du temps

J’ai des affaires à ranger, à classer, à terminer

Et des explications à donner

Avant de m’en aller

Alors ? C’est quand que t’es dispo pour notre dernier rendez-vous ?

 

Nathan Malory - Recueil « Tourbillon », éditions Arkhadia

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