Le nom de plume a-t-il une vie propre ?

juin 14, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions

Au commencement, il y a eu « moi ».

Quand j’ai décidé de me lancer dans cette aventure — celle de l’écriture — je me suis posé la question d’utiliser un pseudo ou pas. Eh…oui, Nathan Malory n’est pas mon vrai nom, en tout cas pas celui que j’utilise dans la vie de tous les jours. Nathan c’est un personnage que j’ai créé ; un peu comme un personnage de roman, un personnage plus ou moins sorti tout droit de l’imaginaire, mais…avec un peu de moi-même en lui aussi.

On est toujours libre d’écrire sous son vrai nom ou sous un autre. On peut aussi, lorsqu’on écrit différents genres littéraires choisir un pseudo par genre, pourquoi pas ! Pour ma part, j’ai choisi de ne pas écrire sous mon vrai nom pour dissocier mon activité d’écrivain, ou au moins d’ »écrivant » de mon identité réelle. Ne pas mélanger les deux. Protéger ma sphère privée. Protéger mon identité. Protéger ma vie réelle.

Puis « moi » a commencé à s’effacer. « moi » n’était déjà plus totalement « moi ».

Bien sûr qu’il y a de moi dans ce que j’écris, mais je tenais néanmoins à garder une certaine distance. Et puis comme ça, je gagne aussi en liberté dans le sens où je peux faire ce que je veux avec ce pseudo. Car même s’il y a un peu de moi dedans, ce n’est pas tout non plus et je veux pouvoir me donner la possibilité de lui donner la vie dont il rêve. Tiens, là déjà, je fais une dissociation, comme s’il n’était déjà plus moi. Comme s’il ne m’appartenait plus. Comme s’il était devenu une entité à part entière. Il y a « moi » et il y a « lui ». Cet ami intime qui est à la fois moi et plus totalement moi. Cet ami intime que je connais par cœur et qui me connaît si bien tellement il est proche de moi. Parfois on se parle lui et moi. On discute de choses et d’autres. On se raconte surtout beaucoup d’histoires !

Un pseudo, c’est aussi une histoire. C’est un nom et une vie à inventer. Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, c’est parti de façon relativement ordinaire. Adolescent, j’adorais une série américaine qui me faisait rêver et qui s’appelait « Sliders : les mondes parallèles« . Le héros de la série s’appelle Quinn Mallory. J’aimais bien la sonorité, j’ai gardé le patronyme en retirant un « l », j’ai ensuite cherché un prénom pour aller avec et je suis tombé sur Nathan ! Voilà comment « il » est né pour devenir Nathan Malory !

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Faire naître et faire vivre un personnage de roman

juin 1, 2011 dans Écrire un roman, Être écrivain, Romans, Travaux en cours, Œuvres littéraires

 

Lorsque j’ai commencé à penser mon thriller d’anticipation (pour 2013), de nombreuses questions me sont venues à l’esprit. Devrais-je écrire juste comme ça vient ? Ou alors construire une sorte de « charpente de l’histoire ? ». Comment bien écrire un dialogue ou une narration ? Comment imposer un rythme, le contrôler, et le varier ? Quels effets de style utiliser ? De quelle façon ? Quels messages faire passer ? Etc. Autant de domaines (la liste est non exhaustive) que d’aptitudes à maîtriser dans l’écriture d’un tel exercice littéraire. Et c’est bien là, l’un des points faibles du métier d’écrivain. Dans une équipe, chacun a sa place avec une expertise bien précise. L’écrivain, lui, se retrouve tout seul. Difficile, voire impossible donc, d’être omniscient et d’exceller dans l’étendue — vaste — de toutes les compétences requises de ce métier qui, comme toute profession, passe par un apprentissage ! Mais il n’y a pas d’école d’écrivains. Soit on fait partie de ces artistes, rares, nés avec un don inné qui leur donne une avance certaine dans leur art, soit on apprend sur le tas. On acquiert au fur et à mesure. On teste, on marche à tâtons, on continue, ou on corrige et l’on fait partie des nombreux « autres », laborieux ; ceux-là mêmes qui évoluent, sans don particulier, uniquement à force de travail, de persévérance, de sueur… L’adage ne dit-il pas : « C’est en forgeant que l’on devient forgeron » ? Mais ces derniers sont-ils vraiment reconnus ? Le mot « artiste » existe. Mais pour ces « autres », plus ou moins anonymes ou connus, selon leur réussite, la chance, ou le « savoir-vendre »…? Qu’en est-il au niveau de la sémantique ou de la lexicologie ?

Parmi toutes les compétences à maîtriser en tant qu’écrivain, il en est une, quasi inévitable, que celui des personnages ! Vaste sujet. C’est celui que je traiterai dans ce billet aujourd’hui dont le premier point qu’il me semble important de souligner est celui, non pas de « créer » mes personnages, mais de les « faire naître » pour les faire vivre !

La différence peut paraître subtile mais elle ne l’est pas tant que ça. Pour moi, on peut créer quelque chose, de statique, ou de figé, s’entend. Un peu comme une statue. Seulement voilà, cette statue ne va ni se lever, ni penser, ni relever des défis. Elle peut certes, être une oeuvre d’art, mais pas une personne. Or l’idée n’est pas de créer un simple personnage qui serait « comme ci » ou « comme ça » mais de le penser dans une perspective d’évolution. De rendre ce personnage dynamique et suffisamment authentique et crédible pour le rendre vivant ! En ce qui me concerne, j’ai d’abord pensé aux personnages principaux, les héros ! Je les visualisais, et j’avais une idée — assez vague au départ — de leur apparence et de leur caractère. On est naturellement inspiré par notre propre sensibilité, notre vécu, notre histoire, nos goûts et nos héros. Quoi qu’il en soit j’avais mes statues ! Et j’étais arrivé à la fin de la première étape, spontanée, on dira. J’étais bien avancé, mais j’aspirais à devenir un Gepetto ! Qu’allait-il leur arriver comme tuiles ? Quels défis allaient-ils relever ? Comment seraient-ils au début du roman, et à la fin ?…

Je devais donc affiner ces ébauches, et j’ai cherché un moyen clair et structuré de peaufiner mes personnages. J’ai créé pour ce faire une fiche personnage, aussi complète que possible que vous trouverez ci-dessous. Puisse-t-elle aider ceux et celles qui écrivent ! Elle n’a nullement la prétention d’être parfaite mais je pense qu’elle couvre au moins la plupart des caractéristiques que l’on peut trouver dans la création d’un personnage de fiction. Si vous avez d’autres idées, je vous invite à les partager ! :-)

Bien entendu, vous n’êtes pas obligé de dévoiler/expliciter chacun de ses aspects ! Certains éléments peuvent être suggérés, d’autres volontairement omis pour laisser au lecteur une certaine liberté dans son propre imaginaire. Il est quand même important qu’il puisse, lorsqu’il lit, se faire son propre cinéma intérieur. Lequel sera différent d’un individu à un autre. Les personnages, leurs réactions, et le contexte n’ayant pas le même sens pour chacun de nous. On s’identifiera (ou pas !) à tel ou tel protagoniste ; on ressentira de l’attirance ou au contraire du rejet. Question qui mérite d’être posée si on souhaite (lors de l’écriture) montrer certain constats de la nature humaine. Doit-on (ou peut-on ?) créer un personnage qui correspondra très exactement à ses propres désirs (qui peut plaire ou pas !) ou bien ce dernier sera-t-il biaisé par ce que l’on souhaite mettre en lumière ? L’exploration (et la révélation) de certaines facettes de notre espèce humaine est un travail délicat, mais cependant nécessaire pour une évolution collective…

Je m’arrête ici pour aujourd’hui puisque j’arrive à la fin de ce billet ! La suite étant l’objet d’un article à venir sur le rôle de l’écrivain dans la société, qui passe, entre autres, par un travail considérable de recherche et de témoignages. D’ici là, je vous laisse découvrir ma fiche personnage !

 

Etat-civil :

Nom :

Âge :

Situation familiale :

Lieu de naissance :

Lieu de résidence :

 

Relations Famille :

 

Traumatismes :

Grandes étapes de sa vie : (préciser âge et circonstances)

 

Attitude face à la mort, à la vie, politique, social, racisme, guerre, alcool, drogue etc. :

Système de valeurs et philosophie de vie :

 

Langues parlées :

 

Attributs particuliers :

 

Traits de caractère :

 

Ce qu’elle/il montre d’elle/de lui :

Ce qu’elle/il cache :

 

Apparence physique :

Origines ethniques :

Couleur des yeux :

Forme du visage :

Taille :

Corpulence :

Attitude physique :

 

Façon de s’habiller :

 

Accessoires :

 

Qualités :

Défauts :

 

Façon de se comporter :

Façon de parler :

Voix :

 

Formations/études :

Vie professionnelle :

 

Religion :

 

Orientation socio-politique :

 

Vie sexuelle :

 

Talents particuliers (artistiques et/ou techniques) :

 

Passions :

 

Pratiques d’un sport :

 

Ce qu’elle/il aime :

Ce qu’elle/il déteste :

 

Ce qu’elle/il aime manger ou pas :

 

Défis personnels à relever dans l’histoire :

 

Défis à relever par rapport à l’intrigue :

 

Ses rêves dans la vie :

 

Ses secrets :

 

Evolution du personnage dans l’histoire :

 

Ce qu’elle/il doit inspirer au lecteur et le message à transmettre :

 

Inspirations héroïnes/héros :

 

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Préface de « Tourbillon »

février 2, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

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Cher ami lecteur

Voici un témoignage, et une reconnaissance légitime et universelle de la souffrance morale. Point de contact entre les gens, peu importe qui ils sont ou d’où ils viennent.

Mettre des mots sur la souffrance, quelle gageure ! Le ressenti est bien au-delà des mots mais ils ont le mérite de vouloir donner une forme et une existence aux  dommages affectifs et psychologiques.

Une souffrance réellement ressentie, qui a une existence propre. Une souffrance parfois ignorée, étouffée, niée ou encore sous-estimée par certains qui se disent « proches ». Un entourage parfois lâche, sourd ou aveugle, qui préfère faire comme si de rien n’était. C’est tellement plus facile. Une souffrance qui reste prisonnière d’une profonde incompréhension. Une souffrance qui n’a pas été entendue. Une souffrance qui n’a pas été reconnue. Une souffrance que d’autres préfèrent éviter pour ne pas y penser.

Non, ça ne va pas aller « mieux après », et même si, après combien de temps ? 1 semaine, 1 mois, 1 an, plus encore ? La souffrance est source de cicatrices, séquelles laissées au fer rouge, indélébiles qui nous changent profondément. Les cicatrices de cœur, comme celles de la peau ne s’effacent pas. Elles nous accompagnent toute notre vie. On apprend à faire avec. Nuance !

Erreurs. Regrets. Colère. Rancœur. Blessures. Trahison. Déceptions. Et encore tellement d’autres expériences et émotions « sombres ». Des moments de vie que nous avons tous vécus à différentes étapes et circonstances de notre voyage, que nous ayons été enfant, adolescent ou adulte. Certains sont encore là et se rappellent parfois à nous sous forme de lieux, d’images, d’odeurs, de sons ou encore de souvenirs. Certains, plus sournois, font semblant de s’endormir pour se réveiller un jour de façon brutale et inattendue. Une façon de nous dire : « Tu ne m’as pas effacé. Je suis toujours là et je reviendrai encore. »

Et si la réponse à la souffrance était justement d’oser s’en approcher pour mieux l’accepter, sans qu’elle soit une fatalité ? S’autoriser à accepter sa fragilité. D’accepter sa condition humaine. Oser s’approcher dans le sens ne pas provoquer inutilement la souffrance par arrogance. Elle est bien là. Toujours très présente, parfois ou souvent trop. Quoi que nous fassions, elle a toujours été là, l’est encore, et le sera toujours. Imaginez-vous dans une cellule de 2m sur 3m à partager avec quelqu’un d’autre pour le restant de votre vie ?…Autant essayer de cohabiter le mieux possible ensemble.

Des moments et des événements ressentis de façon vive et intense, voire passionnelle, qui restent parfois incompris pour d’autres. Des moments et des événements qui nous ont détruits ; ou dans le meilleur des cas, esquintés, comme un vieux meuble rayé et abîmé qui a traversé les années. Des blessures de vie qui nous font faire des erreurs et qui  nous marqueront à jamais.

Parce qu’on souffre à la hauteur de ce que l’on donne. Parce qu’on souffre aussi de la souffrance de nos proches. Parce que oser dire « Je souffre, j’ai mal » ce n’est pas forcément synonyme de victime ou de faiblesse ; c’est au contraire une forme de courage et d’humilité, c’est simplement oser reconnaître et accepter une souffrance bien réelle. C’est accepter le fait d’être humain, d’avoir un cœur et de ressentir des émotions. C’est enfin vouloir communiquer avec elles.

Ce témoignage s’adresse à la fois à ceux qui souffrent au passé comme au présent, à vous lecteurs qui avez souffert et qui souffrez encore. Ce n’est ni une tare ni une faute. Aucune honte ou culpabilité à avoir. Vous n’êtes pas seul et c’est un droit humain et légitime ! Que faire de cette souffrance ? Lui donner vie sans doute…et l’utiliser pour produire, créer quelque chose qui puisse vous servir. Mais bien plus important encore, rester fier et montrer aux gens qui vous ont fait du mal que vous avez réussi à vous hisser au-dessus d’eux. Eux ne changeront pas. Vous, vous en avez le pouvoir, et le courage car cette souffrance vous a rendu plus fort et plus humain.

Certes ça n’aide pas à aller mieux, mais c’est déjà un premier pas pour simplement vivre sa vie autrement.

Ce témoignage s’adresse également « aux autres », à ceux-là mêmes qui souffrent d’absence d’empathie ou de lâcheté…Changer, c’est un choix.

Ce témoignage s’adresse aussi bien sûr à tous les  proches qui savent entendre et voir.

Merci à eux de leur présence et de leur empathie.

Nathan Malory


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