Le rôle d’un écrivain (1)

juin 26, 2011 dans Être écrivain, Réflexions

 

Quand j’ai commencé à écrire, de nombreuses questions m’ont assailli ! Pourquoi écrire ? Pour le plaisir ? Pour gagner ma vie (humm difficile…) ? Pour moi-même ? Pour les autres ? Et puis au fait…ça fait quoi un écrivain ? Il écrit certes, mais dans quel but ? À qui ? A-t-il un rôle à jouer au niveau du collectif ? Au niveau de la société ?

Ce que j’écris ici n’est pas une vérité dans l’absolu et je ne livre que ma propre réflexion ; laquelle n’engage que moi.

Un écrivain quel qu’il soit, est relativement libre. Libre de décrire, libre d’inventer, libre de rappeler, libre d’exprimer des vérités ou des mensonges. Libre de relater le passé ou de créer un avenir. Ce qu’il est écrit peut être réel ou inventé de toutes pièces ; partiellement ou totalement. Tout dépend de ce qu’il écrit au moment où il écrit et de l’exercice littéraire auquel il s’adonne. En effet, on n’écrit pas de la même façon de la poésie, des nouvelles, des romans ou des essais. Les définitions de ces styles sont d’ailleurs régies elles-mêmes par des règles très précises. Par ailleurs un écrivain est également un être humain. Il est comme vous et moi. Il est comme tout le monde. Il a sa propre vie. Ses propres moments de bonheur ou de tristesse. Lesquels vont, ne serait-ce qu’inconsciemment, modifier son humeur et ses états d’âme. Un évènement majeur — dramatique ou pas — pourra donner vie à un poème qui portera spécifiquement sur cet évènement. Il sera possible, une fois le poème terminé, de passer à autre chose (je n’ai pas dit tourner la page !). Quand on écrit sur la distance, comme dans un roman par exemple, et que vous êtes en plein travail d’une séquence de votre histoire (laquelle pourra avoir été préparée dans un plan), cette séquence sera émotionnellement imprégnée de votre propre histoire à un moment « t », voire « t+n ».

Des circonstances dans la vie réelle qui peuvent accélérer ou freiner l’écriture de votre histoire.

Imaginez-vous plongé dans l’écriture d’une scène supposée être comique. Vous avez déjà commencé votre scène mais celle-ci n’est pas terminée. Et là d’un seul coup, vlan ! Une rupture amoureuse, un décès, un accident quelconque, un contrôle fiscal (pourquoi pas !), une maladie grave soudaine qui se déclare, que sais-je…

Quelle difficulté que de continuer cette scène… L’inverse existe aussi bien entendu. Car écrire ce n’est pas seulement décrire, mais faire vivre ! Écrire demande, à mon sens, beaucoup d’empathie. Pour faire vivre, il faut avoir vécu soi-même. Il faut être passé par telle ou telle émotion (pas forcément un même événement) pour avoir la possibilité de la faire passer au lecteur. Encore faut-il avoir la capacité ou la faculté de s’écouter soi-même pour l’identifier et la comprendre avant de la « recréer » avec des mots ! (exercice ô combien difficile !). Je reste en effet persuadé que ce qui relie les gens n’est pas tant les événements, mais les émotions et les sentiments humains. Surtout la souffrance comme disait Lamartine…

À suivre dans le billet le rôle d’un écrivain (2)…

 

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« Mon rêve familier » de Paul Verlaine

avril 24, 2011 dans Coups de ♥, Un peu de poésie

 

L’un de mes poèmes préférés de ce grand poète !

 

Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

 

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine (Poèmes Saturniens)


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Tombé dans les mots !

février 22, 2011 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain

Aïe ! Maman, bobo !

J’ai toujours été bercé par les mots. Qui ne l’a pas été d’ailleurs ?

Par les contes que nos parents nous racontent pour nous border, enfants. Par ces histoires que l’on voit ou entend. Par ces histoires, remplies d’images, de symboles et de mots que l’on s’invente à soi-même ; avec l’intention consciente ou pas de nous mentir à nous-mêmes ou pour le plaisir nécessaire de se construire son propre monde intérieur. Un monde de rêves et d’espoirs où tout est permis. Peut-être le seul « vrai » moment de notre vie où on est un héros. Pas aux yeux des autres. Non. Ce monde intérieur nous est intime, c’est notre jardin secret. Nous sommes un héros à nos yeux. « Je suis un héros ». « Je suis une héroïne ».

Je me souviens des heures passées, étant enfant, à lire ! Y compris en vacances, jusqu’à 4 livres par jour ! « Les six compagnons » de Paul-Jacques Bonzon, « Sherlock Holmes » de Sir Conan doyle, « Arsène Lupin », de Maurice Leblanc m’ont accompagné pendant ma première partie de vie.

Ainsi que certains livres qui m’ont marqué à mon adolescence, tels que : « Fahrenheit 451″ de Ray Bradbury, « Ravage » de René Barjavel, « Les robots de l’aube » d’Isaac Asimov… Ainsi que d’autres auteurs tels que Stephen King, Agatha Christie, Maurice G. Dantec, Mary Higgins Clark, Patricia Highsmith et beaucoup d’autres…

Bien sûr je me suis aussi plongé dans Jules Verne, un auteur de génie, un visionnaire ! (Selon l’Index Translationum de l’Unesco, il serait d’ailleurs l’auteur de langue française le plus traduit dans le monde avec pas moins de 4223 traductions !)

Je me suis toujours demandé s’il n’avait pas percé le secret du voyage dans le temps…Des histoires extraordinaires, tirées d’on ne sait où ! Des personnages charismatiques. Des engins qui n’existaient pas encore à l’époque.

Le gentleman Phileas Fogg avec son flegme britannique. Michel Strogoff avec son sens du devoir et de l’importance de la parole donnée. Le Capitaine Nemo avec son génie et ses convictions philo-sociétales. Cyrus Smith et l’étendue de son savoir. Arsène Lupin avec tous ses talents. Sherlock Holmes et son sens de l’observation et de l’analyse. Clarisse McClellan avec sa libre pensée, et encore beaucoup d’autres…autant de personnages qui ont commencé à façonner (je ne m’en rendais pas encore compte à l’époque) mon imaginaire de petit garçon et à contribuer à ma future vie d’homme.

Des lectures qui m’ont donc accompagné. Soigné. Fait rêver. Une rencontre, déterminante, avec les mots. Des lectures qui m’ont appris à regarder, à observer, à écouter, à être curieux, à vouloir comprendre ce qui m’intriguait, à penser. Des lectures qui m’ont appris à apprendre. Des lectures qui m’ont construit et fait grandir. L’une de ces rencontres qui changent la vie.

Et vous ? Comment avez-vous rencontré les mots ?

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Préface de « Tourbillon »

février 2, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Œuvres littéraires

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Cher ami lecteur

Voici un témoignage, et une reconnaissance légitime et universelle de la souffrance morale. Point de contact entre les gens, peu importe qui ils sont ou d’où ils viennent.

Mettre des mots sur la souffrance, quelle gageure ! Le ressenti est bien au-delà des mots mais ils ont le mérite de vouloir donner une forme et une existence aux  dommages affectifs et psychologiques.

Une souffrance réellement ressentie, qui a une existence propre. Une souffrance parfois ignorée, étouffée, niée ou encore sous-estimée par certains qui se disent « proches ». Un entourage parfois lâche, sourd ou aveugle, qui préfère faire comme si de rien n’était. C’est tellement plus facile. Une souffrance qui reste prisonnière d’une profonde incompréhension. Une souffrance qui n’a pas été entendue. Une souffrance qui n’a pas été reconnue. Une souffrance que d’autres préfèrent éviter pour ne pas y penser.

Non, ça ne va pas aller « mieux après », et même si, après combien de temps ? 1 semaine, 1 mois, 1 an, plus encore ? La souffrance est source de cicatrices, séquelles laissées au fer rouge, indélébiles qui nous changent profondément. Les cicatrices de cœur, comme celles de la peau ne s’effacent pas. Elles nous accompagnent toute notre vie. On apprend à faire avec. Nuance !

Erreurs. Regrets. Colère. Rancœur. Blessures. Trahison. Déceptions. Et encore tellement d’autres expériences et émotions « sombres ». Des moments de vie que nous avons tous vécus à différentes étapes et circonstances de notre voyage, que nous ayons été enfant, adolescent ou adulte. Certains sont encore là et se rappellent parfois à nous sous forme de lieux, d’images, d’odeurs, de sons ou encore de souvenirs. Certains, plus sournois, font semblant de s’endormir pour se réveiller un jour de façon brutale et inattendue. Une façon de nous dire : « Tu ne m’as pas effacé. Je suis toujours là et je reviendrai encore. »

Et si la réponse à la souffrance était justement d’oser s’en approcher pour mieux l’accepter, sans qu’elle soit une fatalité ? S’autoriser à accepter sa fragilité. D’accepter sa condition humaine. Oser s’approcher dans le sens ne pas provoquer inutilement la souffrance par arrogance. Elle est bien là. Toujours très présente, parfois ou souvent trop. Quoi que nous fassions, elle a toujours été là, l’est encore, et le sera toujours. Imaginez-vous dans une cellule de 2m sur 3m à partager avec quelqu’un d’autre pour le restant de votre vie ?…Autant essayer de cohabiter le mieux possible ensemble.

Des moments et des événements ressentis de façon vive et intense, voire passionnelle, qui restent parfois incompris pour d’autres. Des moments et des événements qui nous ont détruits ; ou dans le meilleur des cas, esquintés, comme un vieux meuble rayé et abîmé qui a traversé les années. Des blessures de vie qui nous font faire des erreurs et qui  nous marqueront à jamais.

Parce qu’on souffre à la hauteur de ce que l’on donne. Parce qu’on souffre aussi de la souffrance de nos proches. Parce que oser dire « Je souffre, j’ai mal » ce n’est pas forcément synonyme de victime ou de faiblesse ; c’est au contraire une forme de courage et d’humilité, c’est simplement oser reconnaître et accepter une souffrance bien réelle. C’est accepter le fait d’être humain, d’avoir un cœur et de ressentir des émotions. C’est enfin vouloir communiquer avec elles.

Ce témoignage s’adresse à la fois à ceux qui souffrent au passé comme au présent, à vous lecteurs qui avez souffert et qui souffrez encore. Ce n’est ni une tare ni une faute. Aucune honte ou culpabilité à avoir. Vous n’êtes pas seul et c’est un droit humain et légitime ! Que faire de cette souffrance ? Lui donner vie sans doute…et l’utiliser pour produire, créer quelque chose qui puisse vous servir. Mais bien plus important encore, rester fier et montrer aux gens qui vous ont fait du mal que vous avez réussi à vous hisser au-dessus d’eux. Eux ne changeront pas. Vous, vous en avez le pouvoir, et le courage car cette souffrance vous a rendu plus fort et plus humain.

Certes ça n’aide pas à aller mieux, mais c’est déjà un premier pas pour simplement vivre sa vie autrement.

Ce témoignage s’adresse également « aux autres », à ceux-là mêmes qui souffrent d’absence d’empathie ou de lâcheté…Changer, c’est un choix.

Ce témoignage s’adresse aussi bien sûr à tous les  proches qui savent entendre et voir.

Merci à eux de leur présence et de leur empathie.

Nathan Malory


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