Extraits de « Et si l’Amour… »

juin 5, 2013 dans À propos de Nathan Malory, essai "Et si l'amour...", Être écrivain

Voilà ce à quoi la société humaine se résume aujourd’hui. La fornication animale pure et dure. L’homme et la femme, parfois on peut même se demander lequel est lequel. Deux produits de consommation. Deux animaux faibles dominés par leurs seules pulsions. On prend, on jouit, on jette. Sur ce principe, on comprend mieux pourquoi il y a autant de célibataires et de divorces. Comme s’il existait une croyance, faussement répandue, selon laquelle l’union durable du couple dans sa définition la plus traditionnelle, empêchait le plaisir, l’excitation ou le bonheur et que le seul moyen d’y arriver n’était au fond que l’infidélité ou le célibat sexuel, seules portes du bonheur qui se transforment en une sorte de bacchanale du sexe totalement libertine et déculpabilisée dont l’admiration n’est égale qu’au nombre excessif de parties de jambes en l’air pour ses pratiquants à qui il ne manque plus que des Jeux Olympiques. La vie est devenue banalement et tristement horizontale. Rien de nouveau. Rien d’extraordinaire. Bon, je vous l’accorde, en vertical ou en oblique, c’est possible aussi. Qui a dit que le morpion était ennuyeux ? Alors forcément, quand on perçoit une vraie relation comme une prison aliénante du plaisir et du bonheur, on comprend mieux pourquoi.

Soyons clairs sur une chose : je ne prône pas du tout l’abstinence ! Surtout pas, je dirais ! Et puis je considère que l’Amour et le sexe sont indissociables. Le sexe étant pour sa part un besoin, une fonction et un plaisir nécessaires dans la vie humaine. La société a évolué, sa sexualité également. La révolution sexuelle est passée par là. Curieusement, on semble revenir à un nouveau carrefour où l’humain revendique à la fois sa « liberté sexuelle » mais en même temps un certain « retour aux valeurs ». Est-il possible de concilier les deux ou faut-il faire un choix ?

Et l’Amour dans tout ça ?
C’est « drôle » mais on n’en n’a jamais autant parlé et on ne s’en est jamais autant éloigné à la fois. Et quand bien même, l’Amour semble avoir perdu ses lettres de noblesse. Il a été relégué dans les celliers de l’oubli avec les torchons et les serviettes.

Faire la distinction entre apprécier ce qu’est la personne (sa personnalité, son histoire personnelle, ses valeurs, ses rêves etc.) de ce qu’elle vous apporte et bien sûr sans essayer de façonner la personne pour qu’elle ressemble à ce que VOUS souhaiteriez qu’elle ressemble, lui montrer que vous l’aimez telle qu’elle est en lui laissant la liberté d’exprimer son individualité. Une relation se construit à deux, chacun mettant un peu de soi-même à l’intérieur, mais sans se perdre soi-même !

Chaque phrase, chaque mot que j’écris traduit très fidèlement ma pensée. Voilà déjà quelques clefs de l’Amour vrai : franchise, sincérité et authenticité. Alors, pas d’hypocrisie ici ni de lunettes roses pour regarder les petits poneys sur un arc-en-ciel en prenant le risque de vivre dans le mensonge. Les valeurs ne doivent sûrement pas être mises à la poubelle mais elles ne doivent pas qu’être exprimées, elles doivent aussi être démontrées, si l’on veut vraiment être crédible. Être, au-delà de parler. Et je serai tout au long de ce livre, jusqu’à son point final.

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« La fille de papier » de Guillaume Musso

septembre 26, 2011 dans Lectures et critiques littéraires

Septembre 2011

La fille de papier de Guillaume Musso


« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
D’où sortez-vous ?
Je suis tombée.
Tombée d’où ?
Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel…

J’ai fini hier « La fille de papier«  … Je faisais du stop. Billie et Tom m’ont renversé.

Vous m’avez braqué. Vous m’avez offert la plus belle des histoires.

Vous m’avez plongé dans votre univers. C’est le cas de le dire. J’ai fait de l’apnée du début jusqu’à la fin. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vous m’avez tenu en haleine pendant près de 500 pages. Tout ça pour… me couper le souffle, enivré dans les dernières pages !

Je ne peux trop en dire quant à l’histoire en elle-même ; ça serait cruel envers ses futurs lecteurs. Mais assurément vous m’avez touché en plein cœur.

J’ai trouvé dans la fille de papier une authenticité rare au niveau des personnages. Par ailleurs très attachants. Des personnages « banals » dans un sens, au point que j’aurai pu les croiser là comme ça. Dans la rue. Dans un café. Ou je ne sais où. J’aurais pu les toucher, leur parler… je me serais peut-être bien entendu avec eux. Et pourtant il y avait aussi en eux, un petit je-ne-sais-quoi d’inexplicable. De mystique ? D’extraordinaire ? Je ne saurais dire. En tout cas ils étaient bien réels pour moi. Certains sortent avec des amis. « Alors on se fait un bowling ce soir ? », « Et si on se faisait une petite bouffe ? ». Moi je me disais « Tiens, ce soir je vais retrouver Tom et Billie. » Ils étaient mon rêve. Mon évasion de la journée.

Bref des personnages comme vous et moi, mais qui sont frappés de plein fouet par l’extraordinaire. Deux destins qui s’ignoraient. Deux destins égarés dans la nuit. Deux destins qui se sont télescopés. Foudroyés. Beaucoup d’émotions qui se bousculent et qui s’entrechoquent. Des questions qui viennent frapper à la porte. Des souvenirs passés qui viennent hanter le présent. Des décisions qui réveillent des peurs. Des envies. Et malgré tout…

Vous n’avez pas construit une histoire. Vous avez fait vivre des émotions. Vous êtes allé les chercher. Où ? Je ne sais pas… Mais vous y êtes allé. Vous êtes allé les faire naître. Ces émotions sont devenues vivantes. Indépendantes. Elles ont pris vie. Elles se sont révoltées avec un ardent désir : « Nous voulons vivre nous aussi ! ». Et vous y êtes arrivé, Monsieur Musso. Vous avez réussi l‘art de la transformation. Car ces émotions sont devenues cette belle histoire. Car après tout c’est ça une belle histoire. Ce n’est pas qu’une suite de mots ou d’idées à conter pour raconter et/ou décrire un imaginaire. C’est une histoire fantasmée qui arrive à devenir réelle. Une belle histoire c’est une histoire qui naît dans le rêve d’un cœur. Mais une histoire vivante et consciente qui trouve le secret du passage et la force pour se vivre dans la réalité.

J’aurai pu lire votre livre d’une traite. Mais je ne l’ai pas fait, non. Au contraire, j’ai voulu faire durer le plaisir. Un plaisir que vous avez subtilement inoculé en moi. Mot après mot. Phrase après phrase. Page après page. Comme un virus. Celui de la curiosité. Celui de l’envie. Celui de… l’espoir ? Chaque page que je tournais « m’emprisonnait » davantage dans un rêve que je ne voulais plus quitter.

J’étais quelqu’un avant de lire la fille de papier. Je n’étais plus le même après l’avoir terminé.

J’ai encore du mal à sortir des mots cachés sous une couverture de pudeur. Trop tôt. Trop frais. Trop… immature.

Dès le début vous m’avez happé. Quelle drôle d’idée que celle d’écrire sur un auteur qui s’est perdu en chemin ! Un écrivain talentueux ; mais un écrivain égaré en lui-même…

Heureusement que Billie est arrivée pour l’aider à retrouver le fil des mots !

 

Je voudrais quand même relever un point négatif…Vous m’avez obligé à lire jusqu’à la fin. Vous m’avez obligé, avec tristesse, à revenir dans la réalité alors que j’avais envie de rester dans les pages de votre livre…

Je m’arrête ici… Je vais mettre un moment pour « digérer » votre chef-d’œuvre, tant il m’a marqué…

 

Mon dernier mot aux futurs lecteurs : Si vous avez toujours eu envie de rencontrer l’amour et l’amitié…alors lisez la fille de papier !

Tout ça pour vous dire, Monsieur Musso… Merci. Merci du fond du cœur ! Ce que je vous souhaite : continuez de nous faire rêver avec votre plus belle encre. Celle des émotions.

 

Extraits :


[...] — Les liens se font et se défont, c’est la vie. Un matin, l’un reste, l’autre part sans que l’on sache toujours pourquoi. Je ne peux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Je fais de la musique parce que la musique ne partira jamais de ma vie. J’aime les livres parce que les livres seront toujours là. [...]
— Moi, ce que je voulais, repris-je, c’était partager la vie avec toi. Au fond, je crois que ça n’est rien d’autre que ça l’amour : l’envie de vivre les choses à deux, en s’enrichissant des différences de l’autre.[…]
[…] — Je sais que pour mériter l’amour, il faut se donner corps et âme, et prendre le risque de tout perdre… mais je n’étais pas prête à le faire et je ne le suis toujours pas aujourd’hui…[…]


[...] — Vous êtes peut-être très fort pour raconter une histoire, pour peindre les émotions, les douleurs, les emballements du cœur, mais vous ne savez pas décrire ce qui fait le sel de la vie : les saveurs. [...]
[...] J’affichais une moue dubitative, mais je savais qu’elle n’avait pas tout à fait tort : j’étais incapable de saisir la merveille de l’instant. Elle m’était inaccessible. Je ne savais pas la cueillir, je ne savais pas en jouir et je ne pouvais donc pas la faire partager à mes lecteurs.
— Dans vos romans, vous allez écrire : Billie mangea une mangue pour le dessert, mais vous n’allez jamais prendre le temps de détailler la saveur de cette mangue.
Délicatement, elle se mit dans la bouche un morceau de fruit juteux.
— Alors, elle est comment ?
Piqué au vif, je me prêtai malgré tout au jeu et tentai de décrire le fruit avec le plus de précision possible :
— Elle est bien mûre, fraîche juste ce qu’il faut.
— Vous pouvez faire mieux.
— Sa pulpe est sucrée, fondante, savoureuse et très parfumée…[…]

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