« Le Zahir » de Paulo Coelho

avril 30, 2012 dans Lectures et critiques littéraires

Avril 2012

Le Zahir de Paulo Coelho

 

Un écrivain célèbre remet en cause tous les principes qui ont gouverné sa vie lorsque sa femme disparaît sans laisser de traces. Au fil d’un périple qui le conduira de Paris jusqu’en Asie centrale, il traverse la steppe, son désert, sa magie et ses légendes pour retrouver celle qui donne plus que jamais un sens à sa vie.

Paulo Coelho revisite mythes antiques et traditions lointaines pour évoquer les thèmes de la quête de l’amour, de la femme éternelle, du pèlerinage, de la recherche de soi et des origines de la croyance. Il recourt à l’autobiographie pour décrire avec ironie l’état du monde moderne, parler de la liberté et de la solitude, et s’interroger sur l’avenir de l’homme en quête de repères, d’amour et de spiritualité.

J’ai été attiré par le sujet. Par la couverture aussi, que je trouve vraiment sublime et qui en dit déjà long sur le sujet…
« Selon l’écrivain argentin Jorge Luis Borges, l’idée du Zahir vient de la tradition islamique, et l’on estime qu’il est apparu vers le XVIIIème siècle. Zahir, en arabe, veut dire visible, présent, qui ne peut passer inaperçu. Un objet ou un être qui, une fois que nous l’avons rencontré, finit par occuper peu à peu toutes nos pensées, au point que nous ne parvenons plus à nous concentrer sur rien. Il peut signifier la sainteté, ou la folie. »

Qui n’a jamais connu l’obsession ? Voilà une façon originale de la présenter (enfin !) comme un aspect de l’âme humaine sans la juger de façon pathologique. :-)

Je viens de finir Le Zahir de Paulo Coelho.

Avis partagé.

Ce qui m’a dérangé le plus — et heureusement c’est le seul aspect — c’est l’excès de religion et de messianisme. Dieu par ici, Divin par là… Je ne me souviens pas d’avoir autant trouvé de religion dans l’alchimiste qui fut ma découverte du monde de Coelho et qui reste l’un de mes livres initiatiques préférés. En tant qu’athée, je peux lire quelques pages ayant trait à la foi religieuse. Quelques pages, mais pas 360 ! J’ai saturé et failli ne pas lire jusqu’au bout. Le livre aurait pu s’intituler « Au pays des bisounours » ! Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Tous les maux peuvent être guéris par L’énergie de l’amour !… L’amour est LA solution. Il suffit de croire. Et bien sûr il y a un Messie ! Sic. Trop c’est trop !

J’aurai souhaité une façon différente d’aborder la religion, avec des mots différents et qui ont un sens pour ceux à qui la religion n’inspire rien ou pas grand chose. Quoiqu’elle puisse être abordable quand elle est présentée autrement. Mais tout le monde ne choisit pas cette voie là. Je dirais donc que le Zahir est un livre principalement pour les croyants qui devraient trouver en lui des mots qui feront écho en eux. Je n’ai du coup pas vraiment été touché par ce livre. En tout cas pas par sa foi. Un peu comme si je lisais un livre écrit dans une langue qui m’était inconnue. Difficile de rentrer à l’intérieur.

Autre déception : je m’attendais comme l’indiquait la 4ème de couverture à un voyage au cœur de l’Asie centrale ; comme dans l’alchimiste. J’ai voyagé dans celui-ci. Dans Le Zahir, Coelho nous fait d’abord visiter l’Asie centrale, de Paris,  à travers les yeux de l’un des personnages principaux, Mikhail. Ce n’est que bien plus tard que l’on met (enfin !) pied au Kazakhstan. De façon un peu tardive à mon avis.

Voilà pour la partie négative sur laquelle je n’ai pas besoin de m’étendre davantage.

Bien entendu, cela serait purement injuste si je n’évoquais pas, de l’autre côté, ce que j’ai aimé dans cette lecture aussi religieusement sibylline soit-elle et malgré quelques désaccords d’opinion entre Coelho et moi sur la vie et l’amour.

D’une part j’ai bien aimé l’omniprésence d’Esther malgré son « absence physique » dans la plus grande partie du livre. Cette femme, le Zahir plus précisément de cet écrivain célèbre (dont on ne connaît pas le prénom) et qui a disparu sans donner d’explications. Esther qui est son obsession, et Dieu (!) sait à quel point la lecture du Zahir est remplie de sa présence. Son âme est présente partout à chaque instant. Dans chaque page, dans chaque phrase, dans chaque mot, elle est là. Une obsession qui ne peut être comprise que si on l’a déjà vécue personnellement, ainsi qu’une histoire d’amour et qui fera d’autant plus écho le cas échéant. Une obsession paradoxale et contradictoire qui devient — inévitablement — une source de questionnement passionnante ! Une réflexion sur l’amour à deux et la liberté. Une obsession qui ne peut être contrôlée, qui n’est pas un choix car subie mais qui entraîne des choix.

L’amour de l’autre ou l’amour de soi ? Aimer l’autre plus que soi-même ou s’aimer soi-même ?

Liberté ou aliénation ? Se « libérer » de cette obsession pénétrante, envahissante et dévorante qui transcende ?

Cette liberté qui fait peur ! Car elle est forcément synonyme d’éloignement. Synonyme de perte.

Cette lecture n’apporte pas toutes les réponses. Je ne pense pas que ce soit son but d’ailleurs. Elle est une quête de l’amour vrai et authentique. Elle est une invitation à se remettre en question sur sa façon d’aimer. Elle est une quête de l’âme. Elle est une invitation à partir à la rencontre de l’autre. La VRAIE rencontre, celle de l’essentiel et non celle du superficiel.

Et si en fin de compte, se libérer de l’autre c’était s’en rapprocher ?

Prochaines lectures de Coelho, sans doute Onze minutes, ou La sorcière de Portobello. Mais pour l’instant, je m’attaque à Si c’était à refaire de Marc Levy ! :-)

Extraits :

[...] Mais si je pouvais choisir une phrase ? Alors je demanderais qu’il fût gravé :
« Il est mort tandis qu’il était en vie. »
Cela pouvait sembler un contresens, mais je connaissais beaucoup de gens qui avaient déjà cessé de vivre, même s’ils continuaient à travailler, à manger et à vaquer à leurs activités habituelles. Ils faisaient tout comme des automates, sans appréhender… [...]

[...] Je suis capable d’aimer, de sentir l’absence de quelqu’un. Esther méritait beaucoup plus que des mots, mais même les mots, les simples mots, n’avaient jamais été prononcés pendant que nous étions ensembles. [...]

[...] Le pire, ce n’est pas de se promener dans Genève seul et misérable, c’est de donner à une personne qui est près de nous l’impression qu’elle n’a pas la moindre importance dans notre vie. [...]

 

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Témoignages emballés en cadeaux

avril 6, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions, Témoignages, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Je suis surpris.

J’ai des retours de mes lecteurs sur mon recueil de poésie. Logique.

Tellement logique que je ne m’y attendais pas… J’aurai dû pourtant ! Je m’en veux. :-)

Il y a des gens que je connais. D’autres un peu moins. Et d’autres qui sont de parfaits inconnus !

Ces « inconnus »…je n’ai pas du tout eu le réflexe de les encourager à me contacter par la suite pour me donner leurs impressions. Ils l’ont fait de leur propre initiative. Je penserai dorénavant à leur demander de me raconter ! Pour avoir encore plus de retours ! Et puis c’est plus sympa. C’est une façon de faire du tricot avec les cœurs. Transformer des rencontres éphémères  et tisser des liens.

Je ne parle pas de liens superficiels comme on en voit tant maintenant dans notre société globale. Non.

Je parle de vrais liens, basés sur l’essentiel, sur des échanges profonds. C’est-à-dire sur l’âme humaine. Ceux-là mêmes qui manquent justement. Construire et pas seulement profiter, c’est ça aussi changer la vie. Et changer la société chacun à son niveau.

Quoi qu’il en soit, tous ces gens, connus et inconnus, qui ont pris la peine de me faire ce cadeau, ont tous un point en commun. Ils m’ont lu.

J’avoue que c’est un peu nouveau tout ça pour moi. ça fait drôle !

Et…

Ils m’ont offert leurs témoignages.

Ils m’ont dévoilé leurs ressentis.

Ils m’ont raconté leur voyage.

À l’oral ou à l’écrit.

Je les ai entendus et lus à mon tour.

Tiens ? Les cadeaux seraient-ils revenus à la mode ?…

Mais grâce à eux, j’ai eu une idée ! Celle de créer un livre d’or pour chacun de mes recueils car ce qu’ils ressentent est vraiment beau ! Pas envie de garder juste pour moi. Mais au contraire partager. C’est la moindre des choses que je puisse faire pour les remercier ! :-)

Merci à vous lecteurs, qui me donnez de nouvelles idées et m’encouragez à continuer !

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Larmes en citation

janvier 19, 2012 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Les larmes, comme un regard, peuvent exprimer ce que les mots ne peuvent pas. C’est pourquoi les larmes ne sont que le reflet de l’âme. Les larmes ne signifient tout simplement que « Je suis ce que je ressens ».

 

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Belle histoire en citation (2)

octobre 1, 2011 dans Citations et aphorismes de Nathan Malory

 

Une belle histoire, c’est d’abord deux belles âmes.


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Histoire d’une…

mars 29, 2011 dans Poésie souffrance, Recueil "Tourbillon", Un peu de poésie, Œuvres littéraires

 

Larme

Telle une âme errante emprisonnée

S’efforçant en vain à s’échapper

De ces entrailles papillonnantes et fécondes

 

Dans cette expédition dont on ne revient pas

Elle lutte contre cet adversaire inconnu

Remonte avec courage les courants

Déchire les vagues

 

Désespérée de trouver un chemin

Plongée dans les abysses

De cette épaisse obscurité

Sans fin

 

Boum, boum, boum

Encerclée par ce vacarme assourdissant

De cette chaleur bouillonnante

Elle continue sa quête

 

Se dirige vers ce cap étroit

Étranglée par ces mouvements serrés

Elle se laisse emporter fatiguée

Plus de courage, plus de force

 

La fin du voyage touchant à sa fin

Elle s’apprête à accoster

Se bat encore une dernière fois

Et meurt

Avant de franchir ce rideau humide et froid

 

Nathan Malory – Recueil « Tourbillon », éditions Arkhadia

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