Le bonheur : une nouvelle religion ?

juin 19, 2014 dans À propos de Nathan Malory, Chroniques, Coups de gueule, Réflexions

Voilà bien longtemps que je n’avais pas écrit un billet…ma nouvelle vie étant très prenante. Pour ceux ou celles qui l’ignorent encore, je suis retourné sur les bancs de la fac. C’est fou la vie d’étudiant quand même, les gens ne se rendent pas compte : entre les cours, les prises de notes à reprendre en rentrant, le transport, les examens, les révisions, les dossiers, les stages, l’administration universitaire (qui n’a rien à envier aux autres administrations…) et j’en passe : plus de vie ! Mon année est finie, mes partiels aussi, je profite donc de cette accalmie scolaire pour me remettre au moins un peu à l’écriture que j’ai trop délaissée au cours de ces derniers mois.
J’ai aussi décidé d’arrêter l’écriture de mon essai sur l’Amour vrai. Trop polémique. Trop dérangeant. Avec l’intention de jeter un pavé dans la mare comme j’aime. Sauf qu’on ne rend pas la vue à des aveugles et le but de mon essai aurait finalement été vain. Me faire détester pas de soucis, j’ai l’habitude je peux gérer. :-)
En revanche passer mon temps à me justifier non. Plus le temps de perdre mon temps.

Je vais profiter de cet été pour caresser doucement l’un de mes rêves d’enfant : mon premier roman dont je vais — enfin — commencer l’écriture ! Et puis après tout rien ne m’empêche de ne pas évoquer l’Amour.
Seul le genre littéraire sera différent. Plus intéressant et plus vivant à traiter dans un roman.

Pourquoi un billet sur le bonheur donc ? J’ai récemment ouï dire que le sujet de BAC de philo de cette année s’était penché sur le bonheur.
Ça tombe bien ! Ça faisait un moment que j’avais envie d’écrire sur le sujet ! M’est alors venu à l’idée d’écrire des chroniques en fonction du moment. J’ai déjà une idée dans mes cartons d’ailleurs pour la chronique suivante. Un autre coup de gueule.

Ce sujet de philo 2014 m’a profondément agacé.
Attention je ne dis pas qu’il ne faut pas du tout chercher à être heureux. Là n’est pas la question. Mais certains pourraient le croire…
Ce sujet est en même temps — malheureusement ? — révélateur de notre époque. Une époque où l’on n’arrive pas à être heureux. Mais en réalité n’est-ce vraiment qu’à notre époque ? Peut-être que ce sont les réseaux sociaux, l’accès à l’information et sa diffusion ainsi que la création de nouveaux besoins dans la société humaine qui ont exacerbé cette quête du bonheur en fait probablement déjà présente.

Pourquoi révélateur ? Car visiblement nous ne savons pas être heureux. Vous ne me croyez pas ? Regardez autour de vous. Écoutez.
Vous n’entendez rien ? Vous ne voyez rien ?

Ne paniquez pas !

Fort heureusement, il y a des gens pour nous dire comment l’être. « Nous ne voulons que votre bien. » La belle parole…
Nous ne les voyons pas mais eux nous voient. Nous ne savons pas mais eux savent pour nous. Tiens c’est drôle ça me fait penser à un type « Il voit tout, il entend tout, il sait tout. »

Ouf, nous sommes saufs alors ! Le bonheur est notre sauveur. Tiens c’est drôle ça me fait penser à un autre type aux cheveux longs il y a longtemps qui était là aussi pour nous sauver.
Deux mille ans après, on voit le résultat…le nombre de morts et de laissés pour compte sur la route.

Vous aurez donc compris mon agacement. Une partie seulement car ce n’est pas tout.

Notre société est inondée d’injonctions en tous genres : soyez minces, soyez beaux, soyez ceci, soyez cela, pensez de telle ou telle façon, mangez des fruits et des légumes cinq fois par jour.
Pour faire simple : « Soyez des idiots tant qu’à faire. De cette façon nous contrôlerons votre esprit beaucoup plus facilement ». CQFD.

Ah oui, j’oubliais…le 11ème commandement : « Malheureux tu ne seras point. »

N’en déplaise à certains mais force est de constater que le bonheur semble être pour un certain nombre de gens universel. Mais oui bien sûr l’Homme est universel, n’est-ce pas ?

« Donc si moi je suis heureux de cette façon, alors toi tu le seras aussi comme moi. »
Certes, certes…

Sauf que…cette vision nie l’Homme dans son individualité. Elle oublie que chaque être humain est différent. Et que tout un chacun conçoit et vit le bonheur de façon unique et individuelle. Il n’y a pas de recette toute faite. Il ne s’agit pas de faire un copier-coller bête et méchant. L’être humain n’est pas un ordinateur. Pas encore en tout cas.

Dernier point et pas le moindre, ce dogme du bonheur stigmatise encore plus les gens qui le cherchent car on en arrive à un point où être heureux devient est devenu une norme en soi. Ce qui exclut donc ceux qui n’y arrivent pas (ou qui ne le cherchent pas, c’est également un choix !). « Je ne suis pas heureux, donc je ne suis pas normal » et donc ce 11ème commandement du bonheur peut finalement rendre malheureux.

A la question donc : « Doit-on tout faire pour être heureux ? » voici donc la copie que je rends pour le sujet de BAC de philo 2014 : « Doit-on tout faire pour être soumis ? »

Alors je laisse à chacun et chacune le soin de penser et vivre son bonheur (et sa quête) à sa façon.
Il m’arrive de parler religion avec des athées et des croyants. J’ai des amis qui sont croyants mais (heureusement !) ils ne cherchent pas à me convertir. Dommage que tous les croyants ne soient pas comme ça…
Si l’on conçoit que le bonheur est devenu une foi ou quelque chose d’assimilé alors elle est affaire personnelle, et n’a pas sa place sur la scène publique.

En ce qui me concerne, à ces prêcheurs du bonheur je leur dis : « Foutez-moi la paix et arrêtez de me casser les c*******, laissez-moi vivre tranquille ! ». La tranquillité c’est mon bonheur à moi ! Et ma liberté ! :-)

Et pour vous alors, le bonheur c’est quoi ?

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