Histoire de cons

mai 30, 2013 dans Coups de ♥, Être écrivain, Langue française, Un peu de poésie

La langue française a ceci de particulier, que des mots qui en apparence n’ont qu’un sens, cachent dans leur contraction une subtile interprétation qu’il est aisé de découvrir quand on les décortique. Il en va ainsi pour beaucoup de mots. Mais nous nous intéresserons aujourd’hui à ceux qui commencent par la phonétique KON, ce qui est tout à fait justifié puisque c’est le sujet de cette présente étude.

Prenons par exemple le mot Compère. Ce n’est pas, il faut le savoir, la contraction de paire de cons  ni père d’un con ou encore con de père. C’est issu de compater qui veut dire, en latin, avec le père, comme commère avec la mère.

Compagnon ne veut pas dire que Monsieur Pagnon est con. Non, si c’était le cas on l’écrirait comme ça : il est con Pagnon. Par contre, il est vrai pourtant que si nous avons à faire à une paire de cons, nous pourrions dire que ce sont de fameux compères. Imaginez maintenant qu’ils sont frères : leur père serait père de paire de cons. Nous avons donc père de paire de cons. Le problème se corse si le père est pair. Il devient le pair père de père de cons. Si la paire de cons devient père à son tour, on aura le pair père d’une paire de cons pères. On retrouve alors, bizarrement, la terminologie  phonétique de compère.

Compas nous pose un problème. A priori on pourrait penser que ça désigne quelqu’un qui n’est pas con. Pourtant il passe sa vie à tourner en rond sur un pied. Pour comparse pas de problème. Lui on se doute qu’il est con mais on ne sait pas exactement pourquoi : con parce (sous entendu que) il restera toujours un doute.

Le complice c’est plus simple. Lui il est con et il plie des parachutes et repasse des jupes.

Complot c’est un peu comme compas. Au lieu de tourner en rond, il est prostré sur un plot et il réfléchit. Ça compense. Un que j’adore. C’est comparaison ! Lui il a raisonné et a choisi d’être con par raison. En fait il joue au con. Le comparatif coupe les cheveux en quatre. On peut dire qu’il est compétitif.

Et compassion ! Celui là je l’adore ! Il est saisissant. Deux voire trois possibilités d’explication. On peut penser par exemple que c’est un mec passionné par les cons. Là je me sens un peu concerné. Sinon je n’aurai pas choisi ce sujet. Je me sens cerné de cons. Non non ! Pas maintenant avec vous ! Ça peut être aussi un con qui a la passion de quelque chose. Là ça ferait beaucoup de cons. Enfin le mec con par passion. C’est pire que le con par raison. Plus con que lui tu meures.

Un con qu’on (ça en fait deux) rencontre souvent à Cannes ou à Hollywood, c’est le comprimable. Ça c’est avant la distribution des Césars et autres Oscars. Dès qu’ils ont eu leur prix, on les appelle des comprimés. Si si c’est vrai. Le compressible, celui là nous pouvons l’écraser. Passons donc dessus.

Le composteur c’est celui qui envoie des lettres anonymes.

Un joli couple attendrissant : le compromis et la compromise. Ils sont faits pour s’entendre.

Deux cons promis l’un à l’autre et qui vont voler. Ben oui ! Convoler en justes noces. C’est vrai ! Avant on disait bien en parlant de fiancés. C’est sa promise, c’est son promis. Mais on ne disait pas qu’ils étaient cons. Non on ne le disait pas. Enfin pas tout l’monde. Une facile, des cons qui courent vite sont des cons pressés. Les cons qui te serrent la main à t’écraser les doigts sont des compresseurs. Certains aiment à regarder par le trou des serrures, épier les jolies elles dévêtues. Ceux là, on les appelle des convoyeurs. C’est sûr que pour être voyeur, il faut déjà avoir une bonne dose de connerie. Mais il y a pire. C’est le con voyeur de fonds. Je n’irai pas au fond des choses ! Le constant lui, souffre de priapisme.

Quand on voit un mec qui se plaint d’avoir mal au ventre, on a tendance à penser qu’il est constipé. Ce n’est pas forcément vrai. Ce n’est pas parce qu’il a mal au ventre qu’il est con s’type hé ! Quand même.

Y en a un qui est bien c’est le concorde. Lui il connaît toutes les ficelles. Faut pas le prendre pour un con celui-là. Et le convalescent !  Il ne range jamais rien. Ce con va, laissant toutes ses affaires traîner.

L’affolé des greens, le golfeur. C’est le computer (en anglais) il fait des puts. Avant on appelait ça un maquereau. Les choses ont bien changé. Dans un bois suisse il y a deux personnes, un con scient du bois et l’autre com pile les morceaux.

Savez-vous comment on sait si un mec tombé à l’eau était con ou pas, aux  bulles, Ouais ! Il y a con s’il y a bulles. Le consultant c’est le roi des cons : et il a une maison à Constance. On peut dire qu’il persévère. Les nains cons s’appellent des concours. Il y en a de très connus comme Lépine. Les écrivains, qui sont des gens intelligents, ont changé la première lettre. Ils ne voulaient pas passer pour des cons et c’est pour ça que certains s’appellent des Goncourt. Le plus malheureux c’est le concave il n’a rien pour lui et il se vexe facilement ce con.

Concupiscent… j’ose pas le décrire, il est suffisamment explicite. Si certains ne voient pas, je leur expliquerai plus tard en toute convivialité. Contraction, c’est si l’on peut dire la force attractive que produit le con quand il tourne sur lui même. Le condescendant, il n’a pas de chance. il s’enfonce dans la connerie. Paradoxalement, il n’existe pas de con montant. A croire qu’une fois que tu as touché le fond de la connerie, tu ne peux plus en sortir.

Compatriote, je me demande où ça peut mener. Être patriote c’est bien. Tu aimes ta patrie, tu la défends s’il y a des conflits. Mais si tu es con et patriote, tu risques de devenir borgne, Si ! C’est arrivé à un type d’extrême droite. A force de se mettre le doigt dans l’œil.

Le seul con qui est susceptible de ne pas être tout seul c’est compote. Il a des copains aussi cons que lui et ça le rassure. Quand il mourra il ira au ciel car tous les potes iront.

Les hommes politiques devraient modérer leurs expressions, quand ils s’adressent au peuple. « Mes chers concitoyens » disent-ils le plus souvent. De quel droit se permettent-ils de nous traiter de cons. Nous sommes citoyens c’est déjà pas mal. Mais cons non. Quoiqu’un peu quand même. On n’est jamais content d’eux mais à chaque élection, on remet les mêmes au pouvoir. On n’a rien compris et ils continuent à nous prendre pour des cons. Il y a un truc étonnant chez ces hommes-là. Ils adorent s’entourer de gens qui souffrent d’aérophagie et qui ont des problèmes de flatulence. Je les ai entendus dire qu’il leur fallait des gens compétents pour les seconder. C’est confondant non? Celui qui a tout vu, qui sait tout sur tout, le mec qui a la science infuse, c’est l’homme de conscience. A ne pas confondre avec l’homme de confiance qui est plus prés du compromis. C’est comme celui qui étale sa culture. Il ne l’étale pas d’ailleurs, il la chie. On appelle celui là conchyliculture.

Parmi tous ces cons, on en trouve des polis, l’un n’empêche pas l’autre, pleins de tact. Ce sont les contacts. L’art aussi a sa part de cons. On a déjà vu les comprimables et les comprimés dans le cinéma et les Goncourt dans la littérature. Pour les autres nous n’aurons pas cette fois la phonétique KON. Cela est dû à la langue française qui veut que quand deux « n ») se suivent on prononce KONNE. Ce qui donne connard! Un petit dernier pour finir. Au Club Med il y a une multitude de gens qui se promènent pratiquement nus. Vêtus d’un minuscule bout de tissu. Ce sont les compagnes.

Il y a environ vingt-et-une pages de mots commençant par cette phonétique dans le Petit Robert Larousse. On pourrait donc en traduire plein d’autres. Combien ? Je ne sais pas. Enfin, mes chers concitoyens, puisque nous sommes tous le con de quelqu’un. je me rangerai moi-même dans la catégorie la plus répandue : celle des con…tribuables.

                                    ET LA, NOUS SOMMES NOMBREUX

Par Patrick Laurain, dit « Bobby », le 20 mars 2009 et les jours suivants

 

Publié sur mon blog avec l’aimable autorisation de son auteur, Bobby, un ami auteur et haut en couleurs dont la sympathique personnalité n’a d’égal que son amour des mots et à qui je voulais rendre hommage pour ce texte que j’adore, et tous les autres que je n’ai pas encore lus !

EasyFreeAds Blog News Facebook Twitter Myspace Friendfeed Technorati del.icio.us Digg Google Yahoo Buzz StumbleUpon

Share