Nominé à un concours de lettre d’amour!

mars 16, 2011 dans À propos de Nathan Malory, Événements, Prix, récompenses et nominations

 

À toi, petit bout de bonheur qui est né il y a 18 ans et que j’aimais déjà bien avant.

J’ai toujours rêvé de toi, du bonheur et des instants partagés avec ta Maman à l’annonce de ton arrivée. Quelle joie ! Dans ce rêve, je me voyais déjà devenir gaga, en imaginant ce petit être en quête de vie, précieusement protégé par la femme que j’aime qui est ta Maman. Et puis un jour, le rêve est devenu réalité !

Nous avons alors dévoré, elle et moi, les livres pour bébés et nous nous sommes arrêtés sur chaque prénom, quitte à en inventer de nouveaux si nécessaire, porteurs de force et d’espoir pour te guider dans la vie ! Grâce à toi, nous avons aussi appris de nouveaux métiers !

D’abord je me suis improvisé dessinateur-bricoleur, et je t’ai fait un mobilier tout en couleurs ! Et puis ta Maman et moi, nous sommes devenus artistes-peintres-décorateurs et nous avons fait de ta chambre un monde de bonheur, le tien. Je me levais même dans la nuit, en cachette de ta Maman pour y mettre volontairement un peu de désordre pour que tu puisses te sentir chez toi ! J’imaginais déjà avec un grand sourire, sa tête, en découvrant le matin ce bazar laissé par…les lutins de la nuit ! Mais je n’avais pas honte car je l’avais fait pour toi.

Tout ça, c’était avant les échographies où ta mère et moi pouvions te voir et où, surexcité, je m’écriais, fou de joie : « Tiens regarde ! Comme elle ressemble à son Papa ! » et ta mère, loin de se laisser faire, de rajouter : « Mais non, n’importe quoi, elle ressemble à sa Maman ! ». Quel beau séisme d’amour dont tu étais l’épicentre ! Mais au fond tu ne ressemblais ni à l’un ni à l’autre. Non. Tu étais simplement toi, sans avoir besoin de ressembler à qui que ce soit. Notre histoire, notre amour, notre fille. Et nous étions déjà fiers de toi.

Je nous imaginais tous les trois, un samedi, prenant ta Maman en flagrant délit de sieste imposée à quatre heures de l’après-midi, heureusement épuisée par tes coups de pied, synonymes de ton besoin d’exister. Je déposais alors une couverture en laine pour vous envelopper toutes les deux au chaud. Puis, ma main sur son ventre, je m’improvisais pianiste compositeur et mes murmures se transformaient, grâce à mes doigts, en notes de musique qui résonnaient tout en douceur. Toi aussi musicienne, tu jouais de la batterie et, impatiente de communiquer, tu me répondais avec tes pieds. Sans même te connaître, tu étais la vie et j’étais déjà morgane de toi.

J’avais tellement hâte d’être dans la salle d’accouchement ! Je me disais : « Ce jour-là, je serai coach ! ». Et à ta naissance, j’ai tenu la main de ta Maman, qui, à l’instar du Capitaine Haddock, m’a donné pour l’occasion plein de noms d’oiseaux charmants ! Mais quel bonheur de la voir te mettre au monde ! J’ai coupé le cordon ombilical, et une fois langée, je t’ai confiée à ta Maman, impatiente de te blottir contre elle. Celle-ci même qui t’avait portée pendant neuf mois et qui t’avait initiée aux viennoiseries, aux fraises, aux glaces coco-citron, à la crème Chantilly et autres sucreries…et oui, tes hoquets c’était à cause d’elle !

Tu sais, ces neuf mois n’ont pas été évidents pour elle. Tu lui en as fait voir de toutes les couleurs. Mais tu n’imagines pas à quel point elle t’aimait et t’attendait ! Tu peux être fière d’elle ! Et de moi aussi ! D’avoir supporté pendant tous ces mois, son humeur si…amoureusement originale et parfois vive et imprévisible ! Je me souviens qu’une fois, ta Maman m’a très gentiment demandé d’aller chercher des fraises en…me réveillant à trois heures du matin par une nuit d’hiver à -15 °C et la voiture…bloquée dans la neige ! Heureusement que ton Papa est malin ! J’avais anticipé et en avais caché quelques kilos l’été précédent dans…le congélateur du garage, bien cachées sous les sacs de haricots et de brocolis ! Mais chuuuut…ça doit rester notre secret, ta Maman s’étant, depuis…fait pardonner !

Et quand elle trouvait dans le pot de fleurs de lune de la cuisine, la compote de petits pois que tu cachais discrètement, je prenais ta défense et disais que c’était moi qui avais confondu avec le terreau du marché, quitte à dormir une semaine sur le canapé ! Et je n’avais même pas honte car je le faisais par amour pour toi. Et puis je te comprends va ! Le vert et moi…je n’ai jamais compris pourquoi ta Maman nous prenait pour des lapins !

Je me souviens aussi de ces soirs où j’enfilais mon costume de conteur, je te bordais, prenais ta main et te racontais plein d’histoires hautes en émotions et en couleurs où ton imaginaire devenait contes et merveilles dans un royaume de bonheur. Et puis, des fois, on inventait même des histoires tous les deux ! Quand tes yeux se fermaient alors, je te donnais un baiser sur le front qui t’accompagnait au pays des songes et fermais doucement la porte sans te réveiller, en demandant à Stitch, Shrek, Nemo et Ratatouille de veiller sur toi pendant la nuit.

Au fur et à mesure des mois et des années, je me posais de plus en plus de questions sur nous deux. Comment t’exprimer mon amour de Papa ? Mais aussi sur mes craintes de mal faire ou de ne pas être à la hauteur. De toute façon, je savais que je ferais des erreurs, mais tu sais, j’ai toujours essayé de faire de mon mieux pour toi.

Comment trouver le juste milieu ? Entre t’apprendre tout ce qu’un Papa peut transmettre à sa fille sans trop en faire. Te donner des valeurs pour t’aider à avoir les tiennes propres que tu ferais tiennes sans en être prisonnière. Être là quand il le faut, comme il le faut, sans être intrusif. Te  guider sans t’imposer, t’aimer sans t’étouffer, te protéger sans te couver, ou te gronder sans te blesser. Car oui, des fois il m’est arrivé de le faire quand tu faisais des bêtises ou avant même de les faire…et crois-moi ou pas, ça ne me faisait pas plus plaisir qu’à toi. Mais c’était ça aussi mon rôle de Papa. Dans ces moments-là tu m’en voulais, j’avais le rôle du méchant, et tu te réfugiais dans les bras de ta Maman qui te réconfortait. Mais tu sais, je ne t’ai jamais grondée pour rien et je t’ai toujours expliqué pourquoi. Et quoi qu’il en soit, je trouvais toujours du temps pour jouer, t’écouter et discuter avec toi. Tes secrets étaient miens et j’en étais garant, botus et mouche cousue ! J’étais toujours là pour toi dans les moments faciles comme dans les moments difficiles et dans la joie comme dans le chagrin. J’étais toujours là pour toi dans les petits comme dans les grands moments, et si quelqu’un te voulait du mal, j’étais toujours là ! Les méchants n’avaient qu’à bien se tenir !

Ah ! Toi et moi, quelle histoire !! Et ce n’était que le début…l’essentiel étant l’histoire d’un apprenti Papa et de sa fille. Comment devient-on une femme ? Comment devient-on un Papa ? Ton regard et le mien. Toi et moi. Tu as appris à me connaître comme j’ai appris à te connaître aussi. Tu as grandi sous mon regard de Papa toujours inquiet mais toujours fier de toi. Je n’ai pas toujours pu t’empêcher de tomber ou de faire des erreurs, ça fait partie de la vie aussi ; mais je te regardais te relever toute fière et je pouvais dire, impressionné : « Regardez, c’est ma fille ! » avant de te voir repartir, curieuse comme tout, découvrir de nouveaux mondes.

Quand tu étais petite, tu m’apprenais à redécouvrir le monde avec tes yeux d’enfant émerveillé devant la plus grande des simplicités. Mes blagues stupides te faisaient rire et tu étais fière de ton Papa que tu trouvais extraordinaire. J’avais réponse à toutes tes questions : « Dis Papa, pourquoi… ? » et tout ce que je faisais, tout ce que je disais, était magique pour toi !

À l’adolescence, tu as trouvé mes blagues moins drôles, voire pourries, tu t’es rendue compte que même les adultes n’avaient pas toujours réponse à tout et tu me faisais comprendre que je te fatiguais ! Je me méfiais des garçons qui tournaient autour de toi, je disais forcément plein de bêtises, je ne comprenais jamais rien et j’avais toujours tort !

Mais je ne t’en voulais pas, continuais de t’aimer et j’ai patienté quelques années tout en gardant un œil sur toi…jusqu’au jour où tu prendrais ton envol et où tu commencerais à devenir une femme. Aujourd’hui tu fêtes tes 18 ans, et j’espère que bientôt, tu seras à nouveau fière de ton vieux Papa toujours aux petits soins pour toi ! Alors pour ton anniversaire, sache que peu importe l’âge que tu auras, tu seras toujours ma fille, peu importe ton caractère et tes bêtises ! Je t’aimerai telle que tu seras, ma pitchoune, ma fille dont je serai toujours fier et grâce à qui j’aurai appris le plus beau des métiers, celui de Papa !

Ton Papa qui t’aime et qui t’aimera toujours.

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Concours de la plus belle lettre d’amour, organisé par La Vague Des Livres en mars 2011. (Rhône)


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