Le nom de plume a-t-il une vie propre ?

juin 14, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions

Au commencement, il y a eu « moi ».

Quand j’ai décidé de me lancer dans cette aventure — celle de l’écriture — je me suis posé la question d’utiliser un pseudo ou pas. Eh…oui, Nathan Malory n’est pas mon vrai nom, en tout cas pas celui que j’utilise dans la vie de tous les jours. Nathan c’est un personnage que j’ai créé ; un peu comme un personnage de roman, un personnage plus ou moins sorti tout droit de l’imaginaire, mais…avec un peu de moi-même en lui aussi.

On est toujours libre d’écrire sous son vrai nom ou sous un autre. On peut aussi, lorsqu’on écrit différents genres littéraires choisir un pseudo par genre, pourquoi pas ! Pour ma part, j’ai choisi de ne pas écrire sous mon vrai nom pour dissocier mon activité d’écrivain, ou au moins d’ »écrivant » de mon identité réelle. Ne pas mélanger les deux. Protéger ma sphère privée. Protéger mon identité. Protéger ma vie réelle.

Puis « moi » a commencé à s’effacer. « moi » n’était déjà plus totalement « moi ».

Bien sûr qu’il y a de moi dans ce que j’écris, mais je tenais néanmoins à garder une certaine distance. Et puis comme ça, je gagne aussi en liberté dans le sens où je peux faire ce que je veux avec ce pseudo. Car même s’il y a un peu de moi dedans, ce n’est pas tout non plus et je veux pouvoir me donner la possibilité de lui donner la vie dont il rêve. Tiens, là déjà, je fais une dissociation, comme s’il n’était déjà plus moi. Comme s’il ne m’appartenait plus. Comme s’il était devenu une entité à part entière. Il y a « moi » et il y a « lui ». Cet ami intime qui est à la fois moi et plus totalement moi. Cet ami intime que je connais par cœur et qui me connaît si bien tellement il est proche de moi. Parfois on se parle lui et moi. On discute de choses et d’autres. On se raconte surtout beaucoup d’histoires !

Un pseudo, c’est aussi une histoire. C’est un nom et une vie à inventer. Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, c’est parti de façon relativement ordinaire. Adolescent, j’adorais une série américaine qui me faisait rêver et qui s’appelait « Sliders : les mondes parallèles« . Le héros de la série s’appelle Quinn Mallory. J’aimais bien la sonorité, j’ai gardé le patronyme en retirant un « l », j’ai ensuite cherché un prénom pour aller avec et je suis tombé sur Nathan ! Voilà comment « il » est né pour devenir Nathan Malory !

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Extraits de « Et si l’Amour… »

juin 5, 2013 dans À propos de Nathan Malory, essai "Et si l'amour...", Être écrivain

Voilà ce à quoi la société humaine se résume aujourd’hui. La fornication animale pure et dure. L’homme et la femme, parfois on peut même se demander lequel est lequel. Deux produits de consommation. Deux animaux faibles dominés par leurs seules pulsions. On prend, on jouit, on jette. Sur ce principe, on comprend mieux pourquoi il y a autant de célibataires et de divorces. Comme s’il existait une croyance, faussement répandue, selon laquelle l’union durable du couple dans sa définition la plus traditionnelle, empêchait le plaisir, l’excitation ou le bonheur et que le seul moyen d’y arriver n’était au fond que l’infidélité ou le célibat sexuel, seules portes du bonheur qui se transforment en une sorte de bacchanale du sexe totalement libertine et déculpabilisée dont l’admiration n’est égale qu’au nombre excessif de parties de jambes en l’air pour ses pratiquants à qui il ne manque plus que des Jeux Olympiques. La vie est devenue banalement et tristement horizontale. Rien de nouveau. Rien d’extraordinaire. Bon, je vous l’accorde, en vertical ou en oblique, c’est possible aussi. Qui a dit que le morpion était ennuyeux ? Alors forcément, quand on perçoit une vraie relation comme une prison aliénante du plaisir et du bonheur, on comprend mieux pourquoi.

Soyons clairs sur une chose : je ne prône pas du tout l’abstinence ! Surtout pas, je dirais ! Et puis je considère que l’Amour et le sexe sont indissociables. Le sexe étant pour sa part un besoin, une fonction et un plaisir nécessaires dans la vie humaine. La société a évolué, sa sexualité également. La révolution sexuelle est passée par là. Curieusement, on semble revenir à un nouveau carrefour où l’humain revendique à la fois sa « liberté sexuelle » mais en même temps un certain « retour aux valeurs ». Est-il possible de concilier les deux ou faut-il faire un choix ?

Et l’Amour dans tout ça ?
C’est « drôle » mais on n’en n’a jamais autant parlé et on ne s’en est jamais autant éloigné à la fois. Et quand bien même, l’Amour semble avoir perdu ses lettres de noblesse. Il a été relégué dans les celliers de l’oubli avec les torchons et les serviettes.

Faire la distinction entre apprécier ce qu’est la personne (sa personnalité, son histoire personnelle, ses valeurs, ses rêves etc.) de ce qu’elle vous apporte et bien sûr sans essayer de façonner la personne pour qu’elle ressemble à ce que VOUS souhaiteriez qu’elle ressemble, lui montrer que vous l’aimez telle qu’elle est en lui laissant la liberté d’exprimer son individualité. Une relation se construit à deux, chacun mettant un peu de soi-même à l’intérieur, mais sans se perdre soi-même !

Chaque phrase, chaque mot que j’écris traduit très fidèlement ma pensée. Voilà déjà quelques clefs de l’Amour vrai : franchise, sincérité et authenticité. Alors, pas d’hypocrisie ici ni de lunettes roses pour regarder les petits poneys sur un arc-en-ciel en prenant le risque de vivre dans le mensonge. Les valeurs ne doivent sûrement pas être mises à la poubelle mais elles ne doivent pas qu’être exprimées, elles doivent aussi être démontrées, si l’on veut vraiment être crédible. Être, au-delà de parler. Et je serai tout au long de ce livre, jusqu’à son point final.

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Histoire de cons

mai 30, 2013 dans Coups de ♥, Être écrivain, Langue française, Un peu de poésie

La langue française a ceci de particulier, que des mots qui en apparence n’ont qu’un sens, cachent dans leur contraction une subtile interprétation qu’il est aisé de découvrir quand on les décortique. Il en va ainsi pour beaucoup de mots. Mais nous nous intéresserons aujourd’hui à ceux qui commencent par la phonétique KON, ce qui est tout à fait justifié puisque c’est le sujet de cette présente étude.

Prenons par exemple le mot Compère. Ce n’est pas, il faut le savoir, la contraction de paire de cons  ni père d’un con ou encore con de père. C’est issu de compater qui veut dire, en latin, avec le père, comme commère avec la mère.

Compagnon ne veut pas dire que Monsieur Pagnon est con. Non, si c’était le cas on l’écrirait comme ça : il est con Pagnon. Par contre, il est vrai pourtant que si nous avons à faire à une paire de cons, nous pourrions dire que ce sont de fameux compères. Imaginez maintenant qu’ils sont frères : leur père serait père de paire de cons. Nous avons donc père de paire de cons. Le problème se corse si le père est pair. Il devient le pair père de père de cons. Si la paire de cons devient père à son tour, on aura le pair père d’une paire de cons pères. On retrouve alors, bizarrement, la terminologie  phonétique de compère.

Compas nous pose un problème. A priori on pourrait penser que ça désigne quelqu’un qui n’est pas con. Pourtant il passe sa vie à tourner en rond sur un pied. Pour comparse pas de problème. Lui on se doute qu’il est con mais on ne sait pas exactement pourquoi : con parce (sous entendu que) il restera toujours un doute.

Le complice c’est plus simple. Lui il est con et il plie des parachutes et repasse des jupes.

Complot c’est un peu comme compas. Au lieu de tourner en rond, il est prostré sur un plot et il réfléchit. Ça compense. Un que j’adore. C’est comparaison ! Lui il a raisonné et a choisi d’être con par raison. En fait il joue au con. Le comparatif coupe les cheveux en quatre. On peut dire qu’il est compétitif.

Et compassion ! Celui là je l’adore ! Il est saisissant. Deux voire trois possibilités d’explication. On peut penser par exemple que c’est un mec passionné par les cons. Là je me sens un peu concerné. Sinon je n’aurai pas choisi ce sujet. Je me sens cerné de cons. Non non ! Pas maintenant avec vous ! Ça peut être aussi un con qui a la passion de quelque chose. Là ça ferait beaucoup de cons. Enfin le mec con par passion. C’est pire que le con par raison. Plus con que lui tu meures.

Un con qu’on (ça en fait deux) rencontre souvent à Cannes ou à Hollywood, c’est le comprimable. Ça c’est avant la distribution des Césars et autres Oscars. Dès qu’ils ont eu leur prix, on les appelle des comprimés. Si si c’est vrai. Le compressible, celui là nous pouvons l’écraser. Passons donc dessus.

Le composteur c’est celui qui envoie des lettres anonymes.

Un joli couple attendrissant : le compromis et la compromise. Ils sont faits pour s’entendre.

Deux cons promis l’un à l’autre et qui vont voler. Ben oui ! Convoler en justes noces. C’est vrai ! Avant on disait bien en parlant de fiancés. C’est sa promise, c’est son promis. Mais on ne disait pas qu’ils étaient cons. Non on ne le disait pas. Enfin pas tout l’monde. Une facile, des cons qui courent vite sont des cons pressés. Les cons qui te serrent la main à t’écraser les doigts sont des compresseurs. Certains aiment à regarder par le trou des serrures, épier les jolies elles dévêtues. Ceux là, on les appelle des convoyeurs. C’est sûr que pour être voyeur, il faut déjà avoir une bonne dose de connerie. Mais il y a pire. C’est le con voyeur de fonds. Je n’irai pas au fond des choses ! Le constant lui, souffre de priapisme.

Quand on voit un mec qui se plaint d’avoir mal au ventre, on a tendance à penser qu’il est constipé. Ce n’est pas forcément vrai. Ce n’est pas parce qu’il a mal au ventre qu’il est con s’type hé ! Quand même.

Y en a un qui est bien c’est le concorde. Lui il connaît toutes les ficelles. Faut pas le prendre pour un con celui-là. Et le convalescent !  Il ne range jamais rien. Ce con va, laissant toutes ses affaires traîner.

L’affolé des greens, le golfeur. C’est le computer (en anglais) il fait des puts. Avant on appelait ça un maquereau. Les choses ont bien changé. Dans un bois suisse il y a deux personnes, un con scient du bois et l’autre com pile les morceaux.

Savez-vous comment on sait si un mec tombé à l’eau était con ou pas, aux  bulles, Ouais ! Il y a con s’il y a bulles. Le consultant c’est le roi des cons : et il a une maison à Constance. On peut dire qu’il persévère. Les nains cons s’appellent des concours. Il y en a de très connus comme Lépine. Les écrivains, qui sont des gens intelligents, ont changé la première lettre. Ils ne voulaient pas passer pour des cons et c’est pour ça que certains s’appellent des Goncourt. Le plus malheureux c’est le concave il n’a rien pour lui et il se vexe facilement ce con.

Concupiscent… j’ose pas le décrire, il est suffisamment explicite. Si certains ne voient pas, je leur expliquerai plus tard en toute convivialité. Contraction, c’est si l’on peut dire la force attractive que produit le con quand il tourne sur lui même. Le condescendant, il n’a pas de chance. il s’enfonce dans la connerie. Paradoxalement, il n’existe pas de con montant. A croire qu’une fois que tu as touché le fond de la connerie, tu ne peux plus en sortir.

Compatriote, je me demande où ça peut mener. Être patriote c’est bien. Tu aimes ta patrie, tu la défends s’il y a des conflits. Mais si tu es con et patriote, tu risques de devenir borgne, Si ! C’est arrivé à un type d’extrême droite. A force de se mettre le doigt dans l’œil.

Le seul con qui est susceptible de ne pas être tout seul c’est compote. Il a des copains aussi cons que lui et ça le rassure. Quand il mourra il ira au ciel car tous les potes iront.

Les hommes politiques devraient modérer leurs expressions, quand ils s’adressent au peuple. « Mes chers concitoyens » disent-ils le plus souvent. De quel droit se permettent-ils de nous traiter de cons. Nous sommes citoyens c’est déjà pas mal. Mais cons non. Quoiqu’un peu quand même. On n’est jamais content d’eux mais à chaque élection, on remet les mêmes au pouvoir. On n’a rien compris et ils continuent à nous prendre pour des cons. Il y a un truc étonnant chez ces hommes-là. Ils adorent s’entourer de gens qui souffrent d’aérophagie et qui ont des problèmes de flatulence. Je les ai entendus dire qu’il leur fallait des gens compétents pour les seconder. C’est confondant non? Celui qui a tout vu, qui sait tout sur tout, le mec qui a la science infuse, c’est l’homme de conscience. A ne pas confondre avec l’homme de confiance qui est plus prés du compromis. C’est comme celui qui étale sa culture. Il ne l’étale pas d’ailleurs, il la chie. On appelle celui là conchyliculture.

Parmi tous ces cons, on en trouve des polis, l’un n’empêche pas l’autre, pleins de tact. Ce sont les contacts. L’art aussi a sa part de cons. On a déjà vu les comprimables et les comprimés dans le cinéma et les Goncourt dans la littérature. Pour les autres nous n’aurons pas cette fois la phonétique KON. Cela est dû à la langue française qui veut que quand deux « n ») se suivent on prononce KONNE. Ce qui donne connard! Un petit dernier pour finir. Au Club Med il y a une multitude de gens qui se promènent pratiquement nus. Vêtus d’un minuscule bout de tissu. Ce sont les compagnes.

Il y a environ vingt-et-une pages de mots commençant par cette phonétique dans le Petit Robert Larousse. On pourrait donc en traduire plein d’autres. Combien ? Je ne sais pas. Enfin, mes chers concitoyens, puisque nous sommes tous le con de quelqu’un. je me rangerai moi-même dans la catégorie la plus répandue : celle des con…tribuables.

                                    ET LA, NOUS SOMMES NOMBREUX

Par Patrick Laurain, dit « Bobby », le 20 mars 2009 et les jours suivants

 

Publié sur mon blog avec l’aimable autorisation de son auteur, Bobby, un ami auteur et haut en couleurs dont la sympathique personnalité n’a d’égal que son amour des mots et à qui je voulais rendre hommage pour ce texte que j’adore, et tous les autres que je n’ai pas encore lus !

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Bien écrire. Règle n°4 : observer et écouter l’environnement extérieur

mai 24, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Dans un récent billet : « Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras ! », j’évoquais alors la nécessité d’une certaine maîtrise de la langue française.

J’aborde maintenant un autre aspect également important qui est celui de l’environnement extérieur, dimension qui répond d’ailleurs implicitement à la question : Pour qui écrit-on ? Pour soi ou pour les autres ? J’aurais tendance à dire pour les deux ; du moins quand on veut dépasser le stade de son ego.

En effet, il me semble primordial de se faire plaisir lorsqu’on écrit puisqu’on est d’abord son propre lecteur. Et il est a priori plus facile de se satisfaire soi-même que de satisfaire tout le monde puisque l’on se connaît mieux soi-même ! Nous savons ce que nous aimons, ou pas. Nous savons ce qui nous effraie, ou pas. Nous savons ce qui nous touche, ou pas.

Et quand bien même nous n’aimerions pas ce que nous aurions écrit, la réponse est simple : poubelle ! Ni plus ni moins. Et puis…personne ne sera au courant ; la prise de risques est faible.

Mais qu’en est-il de ces autres lecteurs qui sont une entité différente de nous-mêmes ? Ce qui nous plaît à nous-mêmes plaît-il forcément aux autres ? Rien n’est moins sûr…

Le meilleur moyen de le savoir est de s’y confronter…en observant ces « autres ». Il s’agit pour cela de partir à leur rencontre. Il faut les observer et les écouter. Y a-t-il une tendance majoritaire que l’on retrouverait dans une partie importante d’un groupe de lecteurs ? Quand on prend le temps d’étudier les différents ingrédients qui font recette dans les livres à succès, on peut le penser.

Il arrive ce moment où l’on a envie de faire plaisir à son lectorat, en plus de soi-même. Il arrive ce moment où on se sent prêt à prendre ce risque. Il arrive ce moment où cette petite voix en nous, essaie de se frayer un chemin, quitte à se déchirer au bord de nos lèvres en accouchant une sorte de : « J’ai envie d’écrire aussi pour vous. Mais au fait…qui êtes-vous ? J’ai besoin de vous connaître ! Qu’est-ce que vous aimez ? Qu’avez-vous envie de trouver dans un livre pour vous sentir heureux et/ou bouleversé ?

Alors, oui. Il arrive ce moment où l’on a ce désir de se hisser jusqu’à l’autre pour qu’il puisse trouver sa propre place dans une histoire qui a commencé à être nôtre pour devenir celle de l’autre.

Alors…c’est quand que l’on se rencontre ? :-)

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Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras !

avril 9, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Je continue d’apprendre à écrire.

D’ailleurs, écrire est comme tout métier. Il y a une part de talent, ce fameux coup de baguette magique qui semble inné à des « élus », que l’on ne sait pas trop expliquer et qui permet de faire des merveilles dans une voie, qu’elle soit professionnelle, sportive ou artistique et qui transforme un homme ou une femme en artiste reconnu et admiré par la société humaine.

ET il y a aussi l’expérience que l’on acquiert au fil du temps. Ces réussites et ces échecs qui nous permettent de réfléchir à ce qui nous anime à l’intérieur et de faire évoluer notre passion. L’expérience peut-elle donner naissance au talent ?

Quoi qu’il en soit, cette expérience représente une sorte de base à l’épistémologie — celle de l’écriture ici — sur laquelle je me pencherai un jour davantage, quand j’aurai acquis plus d’expérience et de maturité littéraires. Le jour où je ne serai plus un apprenti mais un écrivain confirmé.

Cela étant, j’écris au quotidien et je côtoie également beaucoup de gens qui écrivent déjà aussi, d’autres qui ont essayé et qui ont laissé tomber, d’autres enfin qui n’osent pas se lancer.

Nous sommes tous différents, et nous écrivons différemment, et pour des raisons différentes. Nous avons chacun un rapport aux mots qui n’est pas le même et aussi une expérience et un regard différents sur l’écriture.

J’ai envie de dire : « Allez-y ! Osez ! Jetez-vous dans les mots, ils n’attendent que vous ! »

Certes… Mais par où commencer ?

Instinctivement, si au départ vous n’écrivez que pour vous, pas d’exigence particulière, j’aurais tendance à vous dire de vous laisser guider par votre intuition. Laissez votre main, ou vos doigts, écrire pour vous, peu importe le sujet. J’y reviendrai ultérieurement dans un autre billet.

Mais si vous écrivez pour être lu, l’exigence est alors de rigueur et aujourd’hui, je compte environ 5 qualités que je juge nécessaires pour « bien écrire » en dehors du talent de l’artiste, et qui sont issues de ma propre expérience. Elles ne sont donc pas absolues et d’autres personnes pourraient vous donner d’autres qualités qu’ils jugeraient également tout aussi pertinentes ! Il est même très probable que ces mêmes qualités que je considère aujourd’hui ne seront pas tout à fait les mêmes dans l’avenir ou alors elles seront complétées. Ça ne sera plus un top 5 mais un top 10. :-)

Aujourd’hui, je commence donc par la première qualité ou règle qui me semble la moins importante (j’expliquerai dans un autre billet pourquoi) mais qui paradoxalement est tellement capitale qu’il n’est pas envisageable de passer à côté… Celle d’être…

…un bon technicien de la langue. J’entends par là, connaître les règles élémentaires de la langue : l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la ponctuation. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de connaître toutes les règles et d’ailleurs il serait assez difficile de toutes les connaître tellement la langue française est tordue et regorge d’exceptions ! Je laisse cette perfection à ces cracks qui ne font aucune faute aux dictées complètement insensées de M. Pivot, et qui forcent mon admiration. Moi-même enfant, je faisais environ 15 fautes aux dictées adultes !

Néanmoins, je dirais qu’il est possible, tout en connaissant quelques règles de base de corriger au moins 80% des fautes usuelles que l’on rencontre tous les jours. Ce sont des règles dont la maîtrise ne demande aucun talent et qui peuvent s’acquérir très facilement juste en les apprenant. Une certaine humilité me semble aussi importante, celle de vérifier au moindre doute ! Grevisse, Bescherelle et Google sont vos amis ! N’hésitez donc pas à vérifier, revérifier ET aussi à solliciter l’aide de votre entourage. Beaucoup oublient une règle essentielle qui est de se faire relire !

Pourquoi cette règle n°5 est-elle importante ? Eh bien parce que c’est elle qui viendra en bout de chaîne de votre création littéraire et qui empêchera vos lecteurs de partir en courant au bout de la dixième faute ! Lire un texte plein de fautes est épuisant, gêne la lecture et surtout sa compréhension ! Bref…on referme le livre au bout de deux pages…c’est dommage ! Qui sait…vous venez peut-être de passer à côté du nouveau prix Goncourt ! Avant d’être un auteur, soyez d’abord votre propre lecteur ! (dans la mesure du possible bien sûr…)

Sachant que tous les grands auteurs ne sont pas forcément de bons techniciens de la langue. Certains sont corrigés. Comme quoi on peut avoir du talent tout en faisant des fautes (dans une proportion raisonnable.)

J’en profite pour insister sur un dernier point et là je m’adresse autant aux auteurs qu’aux lecteurs et aux éditeurs. Toutes les maisons d’édition n’imposent pas une correction des manuscrits. Et à une époque où les petits éditeurs se multiplient, beaucoup ne proposent une correction qu’en option, laquelle n’est souvent pas choisie par l’auteur pour des raisons qu’on peut comprendre : beaucoup d’entre eux (la plupart en fait…) ne gagnent pas leur vie avec l’écriture et ces petits éditeurs publient, sans que cela les dérange le moins du monde, des ouvrages qui donnent malheureusement une mauvaise image de la profession d’écrivain et d’éditeur. Il est du devoir de chacun, dans la chaîne du livre, de ne pas faire de tort aux professions, de faire honneur à la langue française et de respecter les lecteurs.

À bon entendeur !

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Cité dans l’Echo Beaujolais !

mai 12, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Événements

 

Cité à la page 12 de l’Echo Beaujolais, magazine d’informations locales du Beaujolais, N°209 de mai 2012, 48 530 exemplaires :-)

Nathan Malory dans l'echo beaujolais

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« Pourquoi avez-vous écrit Tourbillon ? »

avril 23, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Recueil "Tourbillon", Réflexions, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

« Je me suis pris un uppercut. »

« Une rage de vaincre. »

« J’ai faim de vous lire. »

« Il faut s’accrocher ! »

« Les émotions des textes resurgissaient et s’imposaient à moi. »

Voici quelques retours de mes lecteurs. Très positifs avouons-le ! Dans l’un de mes précédent billets, notamment « Quand les émotions s’éveillent dans les cœurs endormis« , je n’ai fait qu’esquisser les raisons pour lesquelles j’avais écrit mon recueil Tourbillon.

J’ai également pris la peine de réfléchir aux différentes réactions. Elles ne sont pas toutes positives, heureusement ! J’aime et j’ai l’envie de discuter des ressentis avec les personnes qui m’ont lu. C’est un vrai plaisir. Un échange humain, authentique et essentiel. Mais cet échange n’a (n’aura !) vraiment lieu que lors de rencontres dédicaces. Plus difficile par personne interposée ou derrière un écran. Certaines réactions sont — de façon tout à fait légitime — teintées d’incompréhension. De crainte peut-être aussi ? Mais toutes ces réactions sont intéressantes. Elles me fascinent !

Cela dit, avec le recul, j’ai de plus en plus l’impression que la souffrance est un sujet…tabou ! Comme si c’était malsain d’en parler.

La souffrance ? Ah non, il ne faut surtout pas en parler ! Et puis les gens qui souffrent, ils sont bizarres ! Il ne faut pas les approcher, un peu comme des pestiférés. Bref, on les exclue, on s’en débarrasse parce qu’ils dérangent.

Et puis, pour ce qui me concerne, il faut bien avouer qu’un artiste est « jugé » et/ou perçu à travers et sur l’ensemble de ses œuvres. Logique ! On ne peut donc percevoir pour l’instant qu’une facette, et pas toutes !

Vivement la suite ! :-)

Je ne juge pas ces réactions mais elles m’interpellent. Je reste moi-même dans l’incompréhension ! Et je comprends que certains n’osent pas en parler. Alors, comme j’aime bien m’amuser, j’en parle ! :-) Et puis ça fait partie du rôle de l’écrivain.

Provoquer ! Déranger ! Pas tout le temps non plus, mais j’avoue y prendre un certain plaisir ! Les œillères n’ont jamais été ma tasse de thé ! Quoique…pourquoi ne pas s’asseoir là maintenant tout de suite et discuter autour…d’une tasse de thé ? :-)

Allons-y, asseyons-nous! :-)

« Pourquoi j’ai écrit Tourbillon » ? Voilà une excellente question, et je vous en remercie !

Par besoin.

Par envie aussi.

Le besoin d’affronter ma vie passée, de lui faire face et de lui jeter à la figure : « À partir de maintenant, je ne te subis plus ! Je prends les rennes ! ».

Le besoin aussi de faire sortir le venin de la vie de mon corps à l’instar de celui d’un serpent qui vous a mordu. Quand c’est un serpent qui vous mord c’est une chose. Quand c’est la vie, c’en est une autre et ça prend beaucoup plus de temps de tout nettoyer, tout purger.

Au début de sa vie, on manque de force et de conscience.

Pour effectuer ce travail, il est nécessaire de devenir plus fort, d’aller au plus profond de soi-même, de ses morsures, de ses infections, et d’appuyer. Appuyer encore et encore jusqu’à ce que tout sorte et coule hors de vous. Le mal ne sort qu’avec le mal ! C’est une épreuve que l’on doit s’imposer à soi-même si on veut justement sortir du cercle ! On peut ne pas y arriver comme on peut y arriver.

Un ensemble de facteurs peut tout changer. Des circonstances, ou des gens qui amènent à des prises de conscience et à une envie de changer. De transformer une vie infectée en une vie saine.

Une libération !

Mais tout en restant tourmenté ! Car ce sont les tourments qui créent les artistes ! Sans tourments, l’art n’existerait pas !  Pas de Lamartine, pas de Baudelaire, pas de Victor Hugo… Triste monde !

Et puis sans les tourments, je n’aurai jamais écrit et publié un livre ! Subir ou utiliser, là est la question ! Les tourments sont à l’art ce que le sang est à la vie !

En plus d’un besoin, il y aussi une envie.

Celle d’exprimer une souffrance collective ! Car cette souffrance c’est avant tout celle de toute le monde. En tout cas de beaucoup de gens. J’en ai rencontré beaucoup dans ma vie. Beaucoup ont souffert. Certains s’expriment et d’autres pas. Par fierté, par pudeur ou par crainte d’être jugés gratuitement. Ils souffrent en silence. J’avais envie d’être leur messager. De parler en leur nom à tous. Leur donner l’opportunité de s’exprimer à travers moi : « Je ressens ce que vous ressentez, je vous comprends. Et je vais l’exprimer pour vous. »

Alors quand je vois ces témoignages que mes lecteurs veulent bien partager avec moi, je vois bien dans leurs mots qu’ils ont compris mon message et mon désir. Je suis rassuré ! Je n’ai pas fait de hors-sujet. Je suis dans le juste !

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Quand les émotions s’éveillent dans les cœurs endormis

avril 7, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Recueil "Tourbillon", Réflexions, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Lorsque j’ai commencé mon recueil, il y a eu, au début, des raisons conscientes et d’autres pas. J’en parle d’ailleurs dans sa genèse. Et puis une évolution durant la phase d’écriture.

L’inconscient s’est conscientisé. Une réflexion également, sur l’avant, le pendant et l’après. C’est-à-dire arriver à se plonger dans le travail littéraire en cours tout en se projetant notamment sur les travaux suivants.

Penser global.

Se concentrer dans l’instant tout en gardant une vision à long terme.

Créer un fil directeur entre les ouvrages. Les broder ensemble.

Quant à la mesure de l’impact émotionnel chez les lecteurs, je ne pouvais pas du tout avoir le recul pour l’évaluer ! Cela dit les quelques privilégiés qui ont pu en lire une partie pendant l’écriture, qui sont des proches et qui connaissent ma vie, m’avaient exprimé ce qui semble devenir maintenant un leitmotiv récurrent : « C’est dur. » Ou encore « C’est noir. », « Beaucoup de souffrance, de tristesse, de douleur ».

Oui c’est ça ! Exactement ça !

Créer un condensé. De souffrance. Créer un concentré. De douleur.

Pari plus ou moins gagné semble-t-il. En tout cas aux premiers échos que j’en ai.

Mon but, ou plutôt mes buts : exprimer et partager ce que j’ai vécu dans ma vie. Avec mes amis les mots. Et la façon dont je les utilise. Mais pas dans un but exhibitionniste ou malsain.

C’était un besoin.

C’était une envie aussi bien sûr.

Mon seul regret : j’ai gardé une certaine retenue. Je n’ai pas réussi à me lâcher totalement. C’est dommage. Je suppose que ça viendra avec le temps. La maturité littéraire vient au fil des mots et…des ouvrages.

Ce qui m’a troublé : un lien s’est créé entre mon recueil et moi. Tourbillon s’est imposé à moi (pour reprendre les termes d’une lectrice !). Je crois qu’il s’amuse avec ses lecteurs. Il a son âme, il est vivant !

Nous nous sommes accouchés l’un l’autre. Lui et moi. Il a été mon exutoire. J’ai été son révélateur.

Pas toujours facile cependant de jouer avec les mots car je trouve qu’ils ont, dans leur fonction sémantique, une « limite émotionnelle ». Les mots sont réducteurs dans un sens. Ils enferment car enfermés dans leurs définition et leur signification intrinsèque. Les mots sont équipés d’un limiteur…de sens !

Et il arrive un « plafond ».

Duquel il devient difficile d’exprimer avec des mots ce qui est infini. Les émotions sont comme un grand océan où tout se mélange, où tout se dilue. Tout devient à la fois flou et abstrait. Pourtant il y a une force démesurée dans cette abstraction !

Faire en sorte que la lecture crée une réaction. Provoquer des émotions. Faire plonger le lecteur et le noyer dans un climat…océanique bien sûr ! Et puis dans le mien aussi tant qu’à faire ! Dans mon monde un peu bizarre, un peu (beaucoup !) déjanté ! :-)

Créer un univers émotionnel global tout en suscitant des émotions subjectives dans leur ressenti car tout un chacun ressent différemment. L’une de mes meilleures amies m’a dit : « Chacun de tes textes a son propre univers. On peut s’y identifier facilement ».

Deuxième pari gagné ! Créer un lien et faire vivre quelque chose d’essentiel. Car l’essentiel se joue à l’intérieur. Quelque chose qui se passe au plus profond de soi.

Un premier travail qui n’est qu’un commencement. Ce recueil a son sens à lui, mais il prendra un autre sens dans la suite de mon travail littéraire. Une page de ma vie se tourne maintenant avec Tourbillon, il est temps pour moi de tourner la page suivante et de continuer à explorer le champ (vaste !) des émotions humaines. Voilà ce que représente l’art à mes yeux dans son sens le plus large.

L’écrivain sait où il va ! Quoique…les pages savent aussi nous surprendre, surtout quand elles se mettent à tourner toutes seules !

Tiens, le soleil se lève ! J’aime la nuit. Les oiseaux chantent encore le chant des émotions. :-)

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Témoignages emballés en cadeaux

avril 6, 2012 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions, Témoignages, Un peu de poésie, Œuvres littéraires

Je suis surpris.

J’ai des retours de mes lecteurs sur mon recueil de poésie. Logique.

Tellement logique que je ne m’y attendais pas… J’aurai dû pourtant ! Je m’en veux. :-)

Il y a des gens que je connais. D’autres un peu moins. Et d’autres qui sont de parfaits inconnus !

Ces « inconnus »…je n’ai pas du tout eu le réflexe de les encourager à me contacter par la suite pour me donner leurs impressions. Ils l’ont fait de leur propre initiative. Je penserai dorénavant à leur demander de me raconter ! Pour avoir encore plus de retours ! Et puis c’est plus sympa. C’est une façon de faire du tricot avec les cœurs. Transformer des rencontres éphémères  et tisser des liens.

Je ne parle pas de liens superficiels comme on en voit tant maintenant dans notre société globale. Non.

Je parle de vrais liens, basés sur l’essentiel, sur des échanges profonds. C’est-à-dire sur l’âme humaine. Ceux-là mêmes qui manquent justement. Construire et pas seulement profiter, c’est ça aussi changer la vie. Et changer la société chacun à son niveau.

Quoi qu’il en soit, tous ces gens, connus et inconnus, qui ont pris la peine de me faire ce cadeau, ont tous un point en commun. Ils m’ont lu.

J’avoue que c’est un peu nouveau tout ça pour moi. ça fait drôle !

Et…

Ils m’ont offert leurs témoignages.

Ils m’ont dévoilé leurs ressentis.

Ils m’ont raconté leur voyage.

À l’oral ou à l’écrit.

Je les ai entendus et lus à mon tour.

Tiens ? Les cadeaux seraient-ils revenus à la mode ?…

Mais grâce à eux, j’ai eu une idée ! Celle de créer un livre d’or pour chacun de mes recueils car ce qu’ils ressentent est vraiment beau ! Pas envie de garder juste pour moi. Mais au contraire partager. C’est la moindre des choses que je puisse faire pour les remercier ! :-)

Merci à vous lecteurs, qui me donnez de nouvelles idées et m’encouragez à continuer !

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Dis Papa, c’est quoi un héros ? (1)

septembre 5, 2011 dans Dis Papa..., Être écrivain, Ici et là, Réflexions

La question résonna dans mon esprit et son écho me fit sortir de ma léthargie créative.

Fatigué par mes heures passées à écrire devant mon ordinateur je levai la tête, les yeux perdus un instant dans le vide. Qu’est-ce qu’un héros ?

Pris par surprise, je réfléchis un court instant, me sentant concerné par la question ; d’autant plus nécessaire qu’elle représente un aspect majeur d’un roman ! Et puis… je ne pouvais passer à côté d’une telle interrogation ! L’esprit des enfants est ainsi fait. Des gourmands intellectuels, à la recherche de la plus petite sucrerie susceptible de satisfaire leur curiosité sur le monde qui les entoure.

Quels étaient mes héros ? Quels avaient-ils été ?

Mes yeux, égarés dans ma mémoire d’enfant à les chercher, restaient figés.

Je pensais aux héros passés. Aux héros présents. Aucun doute, ils avaient changé !

Je me voyais mal lui parler de Starky et Hutch, de la Tulipe Noire, du Frelon vert, du Saint, de Zorro, voire même de Sangoku ou de Nicky Larson !

Qu’est-ce qui m’attirait donc chez eux ?

Et puis je réalisai qu’ils étaient inaccessibles. Ces héros là, on ne les trouve pas dans la vraie vie ! À la télé et dans les livres oui. Ils entretiennent notre imaginaire. Mais sinon ? Existent-ils vraiment ? Ceux qu’on peut voir de ses yeux, ceux-là mêmes que l’on peut approcher et à qui on peut parler, qui sont-ils ? Où sont-ils ?

J’hésitai à me lancer dans une explication aussi vaste qu’ennuyeuse. Quant à la définition du dictionnaire, comment dire… je savais par expérience qu’elle était trop simpliste. Inutile de le sortir de son étagère poussiéreuse.

J’optai alors pour la meilleure réponse possible !

— Un héros, c’est…ton Papa, ma puce !

Fier de ma réponse aussi belle que spontanée, je guettai, impatient, sa réaction.

Elle ne dit mot et me regarda, amusée, avec ses grands yeux coquins emplis de sa tendresse de petite fille, l’air de dire : « Mais Papa, tu seras toujours mon héros ! »

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que dans deux ans, date à laquelle elle rentrerait au collège, elle ne me considèrerait probablement plus comme tel ! Tenant alors absolument à gagner encore un peu de temps, je me gardai bien de le lui dire !

Un bruyant silence s’était joint à nous. Nous nous regardâmes les yeux dans les yeux. Sans dire mot pendant un long moment. J’eus à cet instant précis, en la fixant dans les yeux, l’impression et la sensation de revivre ces 9 dernières années depuis sa naissance lorsque mon attention se trouva détournée, à travers la vitre, par un mouvement furtif. Un couple d’oiseaux en train de se chamailler. Eux, au moins, ne se posaient pas autant de questions existentielles !

Toujours perdu dans ma réflexion…

 

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