Dis Papa, c’est quoi un héros ? (1)

septembre 5, 2011 dans Dis Papa..., Être écrivain, Ici et là, Réflexions

La question résonna dans mon esprit et son écho me fit sortir de ma léthargie créative.

Fatigué par mes heures passées à écrire devant mon ordinateur je levai la tête, les yeux perdus un instant dans le vide. Qu’est-ce qu’un héros ?

Pris par surprise, je réfléchis un court instant, me sentant concerné par la question ; d’autant plus nécessaire qu’elle représente un aspect majeur d’un roman ! Et puis… je ne pouvais passer à côté d’une telle interrogation ! L’esprit des enfants est ainsi fait. Des gourmands intellectuels, à la recherche de la plus petite sucrerie susceptible de satisfaire leur curiosité sur le monde qui les entoure.

Quels étaient mes héros ? Quels avaient-ils été ?

Mes yeux, égarés dans ma mémoire d’enfant à les chercher, restaient figés.

Je pensais aux héros passés. Aux héros présents. Aucun doute, ils avaient changé !

Je me voyais mal lui parler de Starky et Hutch, de la Tulipe Noire, du Frelon vert, du Saint, de Zorro, voire même de Sangoku ou de Nicky Larson !

Qu’est-ce qui m’attirait donc chez eux ?

Et puis je réalisai qu’ils étaient inaccessibles. Ces héros là, on ne les trouve pas dans la vraie vie ! À la télé et dans les livres oui. Ils entretiennent notre imaginaire. Mais sinon ? Existent-ils vraiment ? Ceux qu’on peut voir de ses yeux, ceux-là mêmes que l’on peut approcher et à qui on peut parler, qui sont-ils ? Où sont-ils ?

J’hésitai à me lancer dans une explication aussi vaste qu’ennuyeuse. Quant à la définition du dictionnaire, comment dire… je savais par expérience qu’elle était trop simpliste. Inutile de le sortir de son étagère poussiéreuse.

J’optai alors pour la meilleure réponse possible !

— Un héros, c’est…ton Papa, ma puce !

Fier de ma réponse aussi belle que spontanée, je guettai, impatient, sa réaction.

Elle ne dit mot et me regarda, amusée, avec ses grands yeux coquins emplis de sa tendresse de petite fille, l’air de dire : « Mais Papa, tu seras toujours mon héros ! »

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que dans deux ans, date à laquelle elle rentrerait au collège, elle ne me considèrerait probablement plus comme tel ! Tenant alors absolument à gagner encore un peu de temps, je me gardai bien de le lui dire !

Un bruyant silence s’était joint à nous. Nous nous regardâmes les yeux dans les yeux. Sans dire mot pendant un long moment. J’eus à cet instant précis, en la fixant dans les yeux, l’impression et la sensation de revivre ces 9 dernières années depuis sa naissance lorsque mon attention se trouva détournée, à travers la vitre, par un mouvement furtif. Un couple d’oiseaux en train de se chamailler. Eux, au moins, ne se posaient pas autant de questions existentielles !

Toujours perdu dans ma réflexion…

 

Share