La mécanique du coeur de Mathias Malzieu

juillet 3, 2014 dans Lectures et critiques littéraires

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Edimbourg, 1874.

Jack nait le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à. l’accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d’éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d’état amoureux. Mais le regard de braise d’une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve prêt à toit pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu’aux arcades de Grenade et lui fera connaitre les délices de l’amour comme sa cruauté.

Il y a un certain temps, j’ai eu l’occasion de lire « La mécanique du cœur » de Mathias Malzieu. Un livre qui m’a agréablement surpris. Un livre « surprise » d’autant plus particulier qu’il m’a été offert par une amie.

Le titre en lui-même ainsi que la couverture sont intéressants et posent la question d’une « matérialité » du cœur. Ce dernier fonctionne-t-il comme une « simple » mécanique ? Le cœur peut-il ressembler à une horloge ou l’inverse ? Il suffirait de le « remonter » ou de l’arrêter, bref on pourrait le contrôler… contrôler cette entité mystérieuse, imprécise et aléatoire ô combien source de cyclones intérieurs au moins souvent incompréhensibles.

Voilà en tout cas un livre dans la lignée des « contes initiatiques » comme le Petit prince ou le Chevalier à l’armure rouillée. Un livre qui se conte autant aux adultes qu’aux enfants et qui cache derrière une grande simplicité apparente une profondeur et une réflexion sur la passion amoureuse. La mécanique du cœur touche tout un chacun peu importe son histoire en racontant une histoire de cœur entre les deux personnages principaux que sont Jack et Miss Acacia enivrés dans les sentiments, la spontanéité, des interrogations, des disputes, des moments difficiles et de bons moments.

Ce qui a fait de ce livre un coup de cœur est son incroyable poésie ! Tout y est écrit avec beaucoup de subtilité et de délicatesse. En ce sens La mécanique du cœur de Mathias Malzieu mérite vraiment une distinction particulière tant il s’écarte, comme 1Q84, de ce qui s’écrit aujourd’hui.

Extraits :

[...] J’aurais voulu prendre un peu plus de temps pour observer à loisir ses chevilles de poussin, pour remonter le long de ses mollets aérodynamiques jusqu’aux cailloux ambrés qui lui servent de genoux. Alors j’aurais longé ses cuisses entrouvertes pour me poser sur la plus douce des pistes d’atterrissage. Là je me serais entraîné à devenir le plus grand caresseur-embrasseur du monde. A chaque fois qu’elle voudra rentrer chez elle, je lui ferai le coup. Blocage temporel, suivi d’un cours de langues pas étrangères. Alors je redémarrerai le monde, elle se sentira toute chose et elle ne pourra résister à l’idée de passer encore quelques vraies minutes lumineuses au creux de mon lit. Et durant ces instants volés au temps, elle ne sera que pour moi. [...]

[...] — A qui sont toutes ces larmes ? je lui demande.
— Ce sont les miennes. Dès que je pleure, je récupère mes larmes dans un flacon et je les stocke dans cette cave pour en faire des cocktails.
— Comment est-ce possible que tu en fabriques de telles quantités ?
— Dans ma jeunesse, un embryon s’est trompé de direction pour rejoindre mon ventre. Il s’est coincé dans l’une de mes trompes, provoquant une hémorragie interne. Depuis ce jour, je ne peux pas avoir d’enfant. Même si je suis heureuse d’en faire naître pour les autres, j’ai beaucoup pleuré. Mais ça va mieux depuis que tu es là…
J’ai honte de lui avoir posé la question.
— Un jour de longs sanglots, je me suis aperçu que boire les larmes apportait du réconfort, surtout mélangées à un peu d’alcool de pomme. Mais il ne faut pas en prendre lorsqu’on est dans un état normal, sinon on ne parvient plus à être joyeux sans en boire et c’est le cercle vicieux, on n’arrête pas de pleurer pour pouvoir boire ses larmes.
— Tu passes ton temps à réparer les gens, mais tu noies tes blessures dans l’alcool de tes propres larmes, pourquoi ?
— Ne t’inquiète pas pour tout ça [...]

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1Q84 – Livre 1, Avril-Juin d’Haruki Murakami

juin 23, 2014 dans Lectures et critiques littéraires

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Le passé — tel qu’il était peut-être — fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent — différent de ce qu’il fût ?

Un événement éditorial sans précédent
Une œuvre hypnotique et troublante
Un roman d’aventures
Deux êtres unis par un pacte secret

Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé…

Voilà six mois que j’ai terminé les 534 pages de « 1Q84 – Livre 1, Avril-Juin » d’Haruki Murakami.

Difficile de me remettre dedans d’autant plus que j’ai lu d’autres livres depuis mais je tiens, profitant d’une petite accalmie estivale, à rédiger un billet sur ce livre que j’ai particulièrement apprécié.

J’ai été franchement séduit !

Certaines séries et animes dans lesquels j’ai été berçé dans mon enfance et mon adolescence m’ont fait découvrir l’orient qui m’a toujours attiré. Le Japon et la Chine essentiellement.

J’ai entre autres découvert l’auteur britannique d’origine japonaise Kazuo Ishiguro par son livre « Quand nous étions orphelins », histoire qui se passe dans le Shanghai des années 30. Quel plaisir et étrange sentiment d’avoir lu ce livre alors que je résidais à l’époque de cette lecture à Shanghai, soit plus de 70 ans plus tard. Les rues m’étaient familières, l’atmosphère de cette mégalopole de près de vingt millions d’habitants avec ses odeurs, sa frénésie, son rythme… Une « même » ville, deux époques différentes.

C’est donc très logiquement que je me suis tourné vers Haruki Murakami dont le synopsis de 1Q84 a retenu mon attention. J’ai d’ailleurs trouvé sa 4ème de couverture plutôt originale contrairement à celles que l’on trouve habituellement formatées par les grandes maisons d’édition et qui ne ressemblent à rien. Cette 4ème de couverture me parlait mais surtout elle reflétait son auteur ainsi que sa couverture somme toute épurée. Cette notion de « vide » que l’on retrouve très souvent dans l’art visuel et iconographique oriental. Un vide qui a du sens et qui a sa place. Simplicité. Légèreté.

Son titre m’a aussi interpellé. A la fois mot et nombre. Un peu de mystère juste ce qu’il faut.

Il ne m’en fallait pas plus pour l’acheter.

1Q84 qui se déroule…en 1984 est un livre écrit avec beaucoup de poésie et ceci malgré le fait que l’un des personnages principaux, Aomamé, soit une tueuse en série !

Par poésie je ne parle pas du rythme des mots ou des syllabes, aspects techniques qui ne m’intéressent guère mais de la douceur qui régnait dans ce livre et de ses émotions. Mêmes les scènes « dures » qui y sont sont écrites le sont avec beaucoup de poésie. Cela change du style un peu trop « gore » que l’on trouve — un peu trop à mon goût — dans la littérature contemporaine dont le leitmotiv pourrait être « plus c’est violent, plus c’est trash et plus ça plaît »… Triste monde quand on voit ce qui plaît à notre époque…

1Q84 s’écarte de cette hégémonie littéraire. Dans 1Q84 même la violence et le sexe deviennent poésie.

Et bien que son titre fasse penser au fameux roman de George Orwell, le roman d’Haruki Murakami pose des questions et donne un regard sur l’existence humaine ainsi que sur ses moralités, qui restent sans réponse. A chacun de trouver les siennes !

Outre sa poésie et sa profonde simplicité, j’ai adoré les personnages principaux, clefs de voûte d’un excellent roman qui se respecte comme dans « L’homme qui n’aimait pas les femmes » et « La fille de papier« .

L’intrigue tourne principalement autour d’Aomamé, tueuse à gages et de Tengo, professeur d’école préparatoire qui a toujours rêvé de devenir écrivain tous les deux personnages secrets dont on découvre au fur et à mesure leur passé respectif.

Le troisième personnage qui reste quand même très important est la jeune adolescente de 17 ans, Fukaéri, auteure du roman que Tengo va être en charge de réécrire.

Bref difficile de vous en dire plus sans spoiler.

Alors si vous voulez voyager au Japon mais aussi dans un « monde parallèle » qui allie avec finesse et intelligence de l’épouvante, de la psychologie, du suspense et une fin assez inattendue, le tout dans une parenthèse de douceur dans ce monde de brutes avec qui sait la possibilité de rêver si vous vous laissez porter, alors je vous recommande 1Q84 ! :-)

Et si vous connaissez pas Haruki Murakami, peut-être serez-vous aussi séduit !

Mais rappelez-vous que cette lecture n’est pas à prendre à la légère ! Il y a lire et lire…

Prochain billet sur un livre récemment terminé « La mécanique du cœur » de Mathias Malzieu avant d’enchaîner sur un livre de l’auteur chinois Qiu XiaLong que je suis actuellement en train de lire : « Dragon bleu, tigre blanc » puis « L’annulaire » de Yôko Ogawa.

Extraits :

[...] Les scènes de ces moments-là lui revenaient à l’esprit. Vivantes, claires. La nuit d’été, le lit étroit, l’odeur légère de transpiration. Les mots qui leur étaient venus à la bouche. Les sentiments qui ne s’étaient pas traduits en mots. Les promesses qu’on finirait par oublier. Les espoirs qui ne se réaliseraient pas. Les aspirations sans issue. [...]

[...] C’était aussi simple que de piquer une aiguille dans du tofu. L’extrémité transperçait la chair, atteignait une zone bien précise située sous le cerveau et le cœur s’arrêtait de battre. Comme une bougie sur laquelle on aurait soufflé. Tout prenait fin en un très bref instant. Presque trop court. Et cela, seule Aomamé était capable de l’accomplir. Personne d’autre ne savait déterminer, juste au toucher, ce point vital et pourtant si délicat. Mais elle, elle savait. Au bout de ces doigts, elle possédait cette intuition particulière. [...]

[...] Fukaéri conserva encore le silence. Mais cette fois ce n’était pas un silence délibéré. Ce que la question de Tengo sous-tendait, elle était tout bonnement incapable de le saisir. Cette question ne pouvait pénétrer  sa conscience. Elle dépassait ses limites, comme si elle était aspirée dans le néant à tout jamais. A la manière d’une sonde spatiale solitaire qui passe tout à côté de Pluton sans s’y poser. [...]

[...] Que cela me plaise ou non, je me trouve à présent dans l’année 1Q84. L’année 1984 que je connaissais n’existe plus nulle part. Je suis maintenant en 1Q84. L’air a changé, le paysage a changé. Il faut que je m’acclimate le mieux possible à ce monde lourd d’interrogations. Comme un animal lâché dans une forêt inconnue. Pour survivre et assurer ma sauvegarde, je dois en comprendre au plus tôt les règles et m’y adapter. [...]


[...] Tamaki a une peau douce, une peau au grain fin. Ses mammelons sont gonflés, avec une jolie forme ovale. Ils font penser à des olives. Ses poils pubiens sont fins, légers comme de délicates feuilles de saule. Ceux d’Aomamé sont raides et durs. Elles rient de leurs différences. Elles se touchent sur tout le corps et s’enseignent mutuellement les endroits les plus sensibles. Certains concordent, d’autres non. Puis, avec le doigt, chacune caresse le clitoris de l’autre. Toutes les deux ont l’expérience de la masturbation. Fréquente. Et chacune songe, lorsque l’on se caresse soi-même, c’est bien différent. Le vent traverse les steppes verdoyantes de Bohème. [...]

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Le bonheur : une nouvelle religion ?

juin 19, 2014 dans À propos de Nathan Malory, Chroniques, Coups de gueule, Réflexions

Voilà bien longtemps que je n’avais pas écrit un billet…ma nouvelle vie étant très prenante. Pour ceux ou celles qui l’ignorent encore, je suis retourné sur les bancs de la fac. C’est fou la vie d’étudiant quand même, les gens ne se rendent pas compte : entre les cours, les prises de notes à reprendre en rentrant, le transport, les examens, les révisions, les dossiers, les stages, l’administration universitaire (qui n’a rien à envier aux autres administrations…) et j’en passe : plus de vie ! Mon année est finie, mes partiels aussi, je profite donc de cette accalmie scolaire pour me remettre au moins un peu à l’écriture que j’ai trop délaissée au cours de ces derniers mois.
J’ai aussi décidé d’arrêter l’écriture de mon essai sur l’Amour vrai. Trop polémique. Trop dérangeant. Avec l’intention de jeter un pavé dans la mare comme j’aime. Sauf qu’on ne rend pas la vue à des aveugles et le but de mon essai aurait finalement été vain. Me faire détester pas de soucis, j’ai l’habitude je peux gérer. :-)
En revanche passer mon temps à me justifier non. Plus le temps de perdre mon temps.

Je vais profiter de cet été pour caresser doucement l’un de mes rêves d’enfant : mon premier roman dont je vais — enfin — commencer l’écriture ! Et puis après tout rien ne m’empêche de ne pas évoquer l’Amour.
Seul le genre littéraire sera différent. Plus intéressant et plus vivant à traiter dans un roman.

Pourquoi un billet sur le bonheur donc ? J’ai récemment ouï dire que le sujet de BAC de philo de cette année s’était penché sur le bonheur.
Ça tombe bien ! Ça faisait un moment que j’avais envie d’écrire sur le sujet ! M’est alors venu à l’idée d’écrire des chroniques en fonction du moment. J’ai déjà une idée dans mes cartons d’ailleurs pour la chronique suivante. Un autre coup de gueule.

Ce sujet de philo 2014 m’a profondément agacé.
Attention je ne dis pas qu’il ne faut pas du tout chercher à être heureux. Là n’est pas la question. Mais certains pourraient le croire…
Ce sujet est en même temps — malheureusement ? — révélateur de notre époque. Une époque où l’on n’arrive pas à être heureux. Mais en réalité n’est-ce vraiment qu’à notre époque ? Peut-être que ce sont les réseaux sociaux, l’accès à l’information et sa diffusion ainsi que la création de nouveaux besoins dans la société humaine qui ont exacerbé cette quête du bonheur en fait probablement déjà présente.

Pourquoi révélateur ? Car visiblement nous ne savons pas être heureux. Vous ne me croyez pas ? Regardez autour de vous. Écoutez.
Vous n’entendez rien ? Vous ne voyez rien ?

Ne paniquez pas !

Fort heureusement, il y a des gens pour nous dire comment l’être. « Nous ne voulons que votre bien. » La belle parole…
Nous ne les voyons pas mais eux nous voient. Nous ne savons pas mais eux savent pour nous. Tiens c’est drôle ça me fait penser à un type « Il voit tout, il entend tout, il sait tout. »

Ouf, nous sommes saufs alors ! Le bonheur est notre sauveur. Tiens c’est drôle ça me fait penser à un autre type aux cheveux longs il y a longtemps qui était là aussi pour nous sauver.
Deux mille ans après, on voit le résultat…le nombre de morts et de laissés pour compte sur la route.

Vous aurez donc compris mon agacement. Une partie seulement car ce n’est pas tout.

Notre société est inondée d’injonctions en tous genres : soyez minces, soyez beaux, soyez ceci, soyez cela, pensez de telle ou telle façon, mangez des fruits et des légumes cinq fois par jour.
Pour faire simple : « Soyez des idiots tant qu’à faire. De cette façon nous contrôlerons votre esprit beaucoup plus facilement ». CQFD.

Ah oui, j’oubliais…le 11ème commandement : « Malheureux tu ne seras point. »

N’en déplaise à certains mais force est de constater que le bonheur semble être pour un certain nombre de gens universel. Mais oui bien sûr l’Homme est universel, n’est-ce pas ?

« Donc si moi je suis heureux de cette façon, alors toi tu le seras aussi comme moi. »
Certes, certes…

Sauf que…cette vision nie l’Homme dans son individualité. Elle oublie que chaque être humain est différent. Et que tout un chacun conçoit et vit le bonheur de façon unique et individuelle. Il n’y a pas de recette toute faite. Il ne s’agit pas de faire un copier-coller bête et méchant. L’être humain n’est pas un ordinateur. Pas encore en tout cas.

Dernier point et pas le moindre, ce dogme du bonheur stigmatise encore plus les gens qui le cherchent car on en arrive à un point où être heureux devient est devenu une norme en soi. Ce qui exclut donc ceux qui n’y arrivent pas (ou qui ne le cherchent pas, c’est également un choix !). « Je ne suis pas heureux, donc je ne suis pas normal » et donc ce 11ème commandement du bonheur peut finalement rendre malheureux.

A la question donc : « Doit-on tout faire pour être heureux ? » voici donc la copie que je rends pour le sujet de BAC de philo 2014 : « Doit-on tout faire pour être soumis ? »

Alors je laisse à chacun et chacune le soin de penser et vivre son bonheur (et sa quête) à sa façon.
Il m’arrive de parler religion avec des athées et des croyants. J’ai des amis qui sont croyants mais (heureusement !) ils ne cherchent pas à me convertir. Dommage que tous les croyants ne soient pas comme ça…
Si l’on conçoit que le bonheur est devenu une foi ou quelque chose d’assimilé alors elle est affaire personnelle, et n’a pas sa place sur la scène publique.

En ce qui me concerne, à ces prêcheurs du bonheur je leur dis : « Foutez-moi la paix et arrêtez de me casser les c*******, laissez-moi vivre tranquille ! ». La tranquillité c’est mon bonheur à moi ! Et ma liberté ! :-)

Et pour vous alors, le bonheur c’est quoi ?

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Dédicace à la Librairie-Boutique des Marais à Villefranche s/s

octobre 19, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Événements

Merci à la Librairie-Boutique des Marais à Villefranche-sur-Saône (69) pour son invitation et son accueil ! :-)

 

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Le nom de plume a-t-il une vie propre ?

juin 14, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Être écrivain, Réflexions

Au commencement, il y a eu « moi ».

Quand j’ai décidé de me lancer dans cette aventure — celle de l’écriture — je me suis posé la question d’utiliser un pseudo ou pas. Eh…oui, Nathan Malory n’est pas mon vrai nom, en tout cas pas celui que j’utilise dans la vie de tous les jours. Nathan c’est un personnage que j’ai créé ; un peu comme un personnage de roman, un personnage plus ou moins sorti tout droit de l’imaginaire, mais…avec un peu de moi-même en lui aussi.

On est toujours libre d’écrire sous son vrai nom ou sous un autre. On peut aussi, lorsqu’on écrit différents genres littéraires choisir un pseudo par genre, pourquoi pas ! Pour ma part, j’ai choisi de ne pas écrire sous mon vrai nom pour dissocier mon activité d’écrivain, ou au moins d’ »écrivant » de mon identité réelle. Ne pas mélanger les deux. Protéger ma sphère privée. Protéger mon identité. Protéger ma vie réelle.

Puis « moi » a commencé à s’effacer. « moi » n’était déjà plus totalement « moi ».

Bien sûr qu’il y a de moi dans ce que j’écris, mais je tenais néanmoins à garder une certaine distance. Et puis comme ça, je gagne aussi en liberté dans le sens où je peux faire ce que je veux avec ce pseudo. Car même s’il y a un peu de moi dedans, ce n’est pas tout non plus et je veux pouvoir me donner la possibilité de lui donner la vie dont il rêve. Tiens, là déjà, je fais une dissociation, comme s’il n’était déjà plus moi. Comme s’il ne m’appartenait plus. Comme s’il était devenu une entité à part entière. Il y a « moi » et il y a « lui ». Cet ami intime qui est à la fois moi et plus totalement moi. Cet ami intime que je connais par cœur et qui me connaît si bien tellement il est proche de moi. Parfois on se parle lui et moi. On discute de choses et d’autres. On se raconte surtout beaucoup d’histoires !

Un pseudo, c’est aussi une histoire. C’est un nom et une vie à inventer. Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, c’est parti de façon relativement ordinaire. Adolescent, j’adorais une série américaine qui me faisait rêver et qui s’appelait « Sliders : les mondes parallèles« . Le héros de la série s’appelle Quinn Mallory. J’aimais bien la sonorité, j’ai gardé le patronyme en retirant un « l », j’ai ensuite cherché un prénom pour aller avec et je suis tombé sur Nathan ! Voilà comment « il » est né pour devenir Nathan Malory !

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Extraits de « Et si l’Amour… »

juin 5, 2013 dans À propos de Nathan Malory, essai "Et si l'amour...", Être écrivain

Voilà ce à quoi la société humaine se résume aujourd’hui. La fornication animale pure et dure. L’homme et la femme, parfois on peut même se demander lequel est lequel. Deux produits de consommation. Deux animaux faibles dominés par leurs seules pulsions. On prend, on jouit, on jette. Sur ce principe, on comprend mieux pourquoi il y a autant de célibataires et de divorces. Comme s’il existait une croyance, faussement répandue, selon laquelle l’union durable du couple dans sa définition la plus traditionnelle, empêchait le plaisir, l’excitation ou le bonheur et que le seul moyen d’y arriver n’était au fond que l’infidélité ou le célibat sexuel, seules portes du bonheur qui se transforment en une sorte de bacchanale du sexe totalement libertine et déculpabilisée dont l’admiration n’est égale qu’au nombre excessif de parties de jambes en l’air pour ses pratiquants à qui il ne manque plus que des Jeux Olympiques. La vie est devenue banalement et tristement horizontale. Rien de nouveau. Rien d’extraordinaire. Bon, je vous l’accorde, en vertical ou en oblique, c’est possible aussi. Qui a dit que le morpion était ennuyeux ? Alors forcément, quand on perçoit une vraie relation comme une prison aliénante du plaisir et du bonheur, on comprend mieux pourquoi.

Soyons clairs sur une chose : je ne prône pas du tout l’abstinence ! Surtout pas, je dirais ! Et puis je considère que l’Amour et le sexe sont indissociables. Le sexe étant pour sa part un besoin, une fonction et un plaisir nécessaires dans la vie humaine. La société a évolué, sa sexualité également. La révolution sexuelle est passée par là. Curieusement, on semble revenir à un nouveau carrefour où l’humain revendique à la fois sa « liberté sexuelle » mais en même temps un certain « retour aux valeurs ». Est-il possible de concilier les deux ou faut-il faire un choix ?

Et l’Amour dans tout ça ?
C’est « drôle » mais on n’en n’a jamais autant parlé et on ne s’en est jamais autant éloigné à la fois. Et quand bien même, l’Amour semble avoir perdu ses lettres de noblesse. Il a été relégué dans les celliers de l’oubli avec les torchons et les serviettes.

Faire la distinction entre apprécier ce qu’est la personne (sa personnalité, son histoire personnelle, ses valeurs, ses rêves etc.) de ce qu’elle vous apporte et bien sûr sans essayer de façonner la personne pour qu’elle ressemble à ce que VOUS souhaiteriez qu’elle ressemble, lui montrer que vous l’aimez telle qu’elle est en lui laissant la liberté d’exprimer son individualité. Une relation se construit à deux, chacun mettant un peu de soi-même à l’intérieur, mais sans se perdre soi-même !

Chaque phrase, chaque mot que j’écris traduit très fidèlement ma pensée. Voilà déjà quelques clefs de l’Amour vrai : franchise, sincérité et authenticité. Alors, pas d’hypocrisie ici ni de lunettes roses pour regarder les petits poneys sur un arc-en-ciel en prenant le risque de vivre dans le mensonge. Les valeurs ne doivent sûrement pas être mises à la poubelle mais elles ne doivent pas qu’être exprimées, elles doivent aussi être démontrées, si l’on veut vraiment être crédible. Être, au-delà de parler. Et je serai tout au long de ce livre, jusqu’à son point final.

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Histoire de cons

mai 30, 2013 dans Coups de ♥, Être écrivain, Langue française, Un peu de poésie

La langue française a ceci de particulier, que des mots qui en apparence n’ont qu’un sens, cachent dans leur contraction une subtile interprétation qu’il est aisé de découvrir quand on les décortique. Il en va ainsi pour beaucoup de mots. Mais nous nous intéresserons aujourd’hui à ceux qui commencent par la phonétique KON, ce qui est tout à fait justifié puisque c’est le sujet de cette présente étude.

Prenons par exemple le mot Compère. Ce n’est pas, il faut le savoir, la contraction de paire de cons  ni père d’un con ou encore con de père. C’est issu de compater qui veut dire, en latin, avec le père, comme commère avec la mère.

Compagnon ne veut pas dire que Monsieur Pagnon est con. Non, si c’était le cas on l’écrirait comme ça : il est con Pagnon. Par contre, il est vrai pourtant que si nous avons à faire à une paire de cons, nous pourrions dire que ce sont de fameux compères. Imaginez maintenant qu’ils sont frères : leur père serait père de paire de cons. Nous avons donc père de paire de cons. Le problème se corse si le père est pair. Il devient le pair père de père de cons. Si la paire de cons devient père à son tour, on aura le pair père d’une paire de cons pères. On retrouve alors, bizarrement, la terminologie  phonétique de compère.

Compas nous pose un problème. A priori on pourrait penser que ça désigne quelqu’un qui n’est pas con. Pourtant il passe sa vie à tourner en rond sur un pied. Pour comparse pas de problème. Lui on se doute qu’il est con mais on ne sait pas exactement pourquoi : con parce (sous entendu que) il restera toujours un doute.

Le complice c’est plus simple. Lui il est con et il plie des parachutes et repasse des jupes.

Complot c’est un peu comme compas. Au lieu de tourner en rond, il est prostré sur un plot et il réfléchit. Ça compense. Un que j’adore. C’est comparaison ! Lui il a raisonné et a choisi d’être con par raison. En fait il joue au con. Le comparatif coupe les cheveux en quatre. On peut dire qu’il est compétitif.

Et compassion ! Celui là je l’adore ! Il est saisissant. Deux voire trois possibilités d’explication. On peut penser par exemple que c’est un mec passionné par les cons. Là je me sens un peu concerné. Sinon je n’aurai pas choisi ce sujet. Je me sens cerné de cons. Non non ! Pas maintenant avec vous ! Ça peut être aussi un con qui a la passion de quelque chose. Là ça ferait beaucoup de cons. Enfin le mec con par passion. C’est pire que le con par raison. Plus con que lui tu meures.

Un con qu’on (ça en fait deux) rencontre souvent à Cannes ou à Hollywood, c’est le comprimable. Ça c’est avant la distribution des Césars et autres Oscars. Dès qu’ils ont eu leur prix, on les appelle des comprimés. Si si c’est vrai. Le compressible, celui là nous pouvons l’écraser. Passons donc dessus.

Le composteur c’est celui qui envoie des lettres anonymes.

Un joli couple attendrissant : le compromis et la compromise. Ils sont faits pour s’entendre.

Deux cons promis l’un à l’autre et qui vont voler. Ben oui ! Convoler en justes noces. C’est vrai ! Avant on disait bien en parlant de fiancés. C’est sa promise, c’est son promis. Mais on ne disait pas qu’ils étaient cons. Non on ne le disait pas. Enfin pas tout l’monde. Une facile, des cons qui courent vite sont des cons pressés. Les cons qui te serrent la main à t’écraser les doigts sont des compresseurs. Certains aiment à regarder par le trou des serrures, épier les jolies elles dévêtues. Ceux là, on les appelle des convoyeurs. C’est sûr que pour être voyeur, il faut déjà avoir une bonne dose de connerie. Mais il y a pire. C’est le con voyeur de fonds. Je n’irai pas au fond des choses ! Le constant lui, souffre de priapisme.

Quand on voit un mec qui se plaint d’avoir mal au ventre, on a tendance à penser qu’il est constipé. Ce n’est pas forcément vrai. Ce n’est pas parce qu’il a mal au ventre qu’il est con s’type hé ! Quand même.

Y en a un qui est bien c’est le concorde. Lui il connaît toutes les ficelles. Faut pas le prendre pour un con celui-là. Et le convalescent !  Il ne range jamais rien. Ce con va, laissant toutes ses affaires traîner.

L’affolé des greens, le golfeur. C’est le computer (en anglais) il fait des puts. Avant on appelait ça un maquereau. Les choses ont bien changé. Dans un bois suisse il y a deux personnes, un con scient du bois et l’autre com pile les morceaux.

Savez-vous comment on sait si un mec tombé à l’eau était con ou pas, aux  bulles, Ouais ! Il y a con s’il y a bulles. Le consultant c’est le roi des cons : et il a une maison à Constance. On peut dire qu’il persévère. Les nains cons s’appellent des concours. Il y en a de très connus comme Lépine. Les écrivains, qui sont des gens intelligents, ont changé la première lettre. Ils ne voulaient pas passer pour des cons et c’est pour ça que certains s’appellent des Goncourt. Le plus malheureux c’est le concave il n’a rien pour lui et il se vexe facilement ce con.

Concupiscent… j’ose pas le décrire, il est suffisamment explicite. Si certains ne voient pas, je leur expliquerai plus tard en toute convivialité. Contraction, c’est si l’on peut dire la force attractive que produit le con quand il tourne sur lui même. Le condescendant, il n’a pas de chance. il s’enfonce dans la connerie. Paradoxalement, il n’existe pas de con montant. A croire qu’une fois que tu as touché le fond de la connerie, tu ne peux plus en sortir.

Compatriote, je me demande où ça peut mener. Être patriote c’est bien. Tu aimes ta patrie, tu la défends s’il y a des conflits. Mais si tu es con et patriote, tu risques de devenir borgne, Si ! C’est arrivé à un type d’extrême droite. A force de se mettre le doigt dans l’œil.

Le seul con qui est susceptible de ne pas être tout seul c’est compote. Il a des copains aussi cons que lui et ça le rassure. Quand il mourra il ira au ciel car tous les potes iront.

Les hommes politiques devraient modérer leurs expressions, quand ils s’adressent au peuple. « Mes chers concitoyens » disent-ils le plus souvent. De quel droit se permettent-ils de nous traiter de cons. Nous sommes citoyens c’est déjà pas mal. Mais cons non. Quoiqu’un peu quand même. On n’est jamais content d’eux mais à chaque élection, on remet les mêmes au pouvoir. On n’a rien compris et ils continuent à nous prendre pour des cons. Il y a un truc étonnant chez ces hommes-là. Ils adorent s’entourer de gens qui souffrent d’aérophagie et qui ont des problèmes de flatulence. Je les ai entendus dire qu’il leur fallait des gens compétents pour les seconder. C’est confondant non? Celui qui a tout vu, qui sait tout sur tout, le mec qui a la science infuse, c’est l’homme de conscience. A ne pas confondre avec l’homme de confiance qui est plus prés du compromis. C’est comme celui qui étale sa culture. Il ne l’étale pas d’ailleurs, il la chie. On appelle celui là conchyliculture.

Parmi tous ces cons, on en trouve des polis, l’un n’empêche pas l’autre, pleins de tact. Ce sont les contacts. L’art aussi a sa part de cons. On a déjà vu les comprimables et les comprimés dans le cinéma et les Goncourt dans la littérature. Pour les autres nous n’aurons pas cette fois la phonétique KON. Cela est dû à la langue française qui veut que quand deux « n ») se suivent on prononce KONNE. Ce qui donne connard! Un petit dernier pour finir. Au Club Med il y a une multitude de gens qui se promènent pratiquement nus. Vêtus d’un minuscule bout de tissu. Ce sont les compagnes.

Il y a environ vingt-et-une pages de mots commençant par cette phonétique dans le Petit Robert Larousse. On pourrait donc en traduire plein d’autres. Combien ? Je ne sais pas. Enfin, mes chers concitoyens, puisque nous sommes tous le con de quelqu’un. je me rangerai moi-même dans la catégorie la plus répandue : celle des con…tribuables.

                                    ET LA, NOUS SOMMES NOMBREUX

Par Patrick Laurain, dit « Bobby », le 20 mars 2009 et les jours suivants

 

Publié sur mon blog avec l’aimable autorisation de son auteur, Bobby, un ami auteur et haut en couleurs dont la sympathique personnalité n’a d’égal que son amour des mots et à qui je voulais rendre hommage pour ce texte que j’adore, et tous les autres que je n’ai pas encore lus !

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Bien écrire. Règle n°4 : observer et écouter l’environnement extérieur

mai 24, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Dans un récent billet : « Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras ! », j’évoquais alors la nécessité d’une certaine maîtrise de la langue française.

J’aborde maintenant un autre aspect également important qui est celui de l’environnement extérieur, dimension qui répond d’ailleurs implicitement à la question : Pour qui écrit-on ? Pour soi ou pour les autres ? J’aurais tendance à dire pour les deux ; du moins quand on veut dépasser le stade de son ego.

En effet, il me semble primordial de se faire plaisir lorsqu’on écrit puisqu’on est d’abord son propre lecteur. Et il est a priori plus facile de se satisfaire soi-même que de satisfaire tout le monde puisque l’on se connaît mieux soi-même ! Nous savons ce que nous aimons, ou pas. Nous savons ce qui nous effraie, ou pas. Nous savons ce qui nous touche, ou pas.

Et quand bien même nous n’aimerions pas ce que nous aurions écrit, la réponse est simple : poubelle ! Ni plus ni moins. Et puis…personne ne sera au courant ; la prise de risques est faible.

Mais qu’en est-il de ces autres lecteurs qui sont une entité différente de nous-mêmes ? Ce qui nous plaît à nous-mêmes plaît-il forcément aux autres ? Rien n’est moins sûr…

Le meilleur moyen de le savoir est de s’y confronter…en observant ces « autres ». Il s’agit pour cela de partir à leur rencontre. Il faut les observer et les écouter. Y a-t-il une tendance majoritaire que l’on retrouverait dans une partie importante d’un groupe de lecteurs ? Quand on prend le temps d’étudier les différents ingrédients qui font recette dans les livres à succès, on peut le penser.

Il arrive ce moment où l’on a envie de faire plaisir à son lectorat, en plus de soi-même. Il arrive ce moment où on se sent prêt à prendre ce risque. Il arrive ce moment où cette petite voix en nous, essaie de se frayer un chemin, quitte à se déchirer au bord de nos lèvres en accouchant une sorte de : « J’ai envie d’écrire aussi pour vous. Mais au fait…qui êtes-vous ? J’ai besoin de vous connaître ! Qu’est-ce que vous aimez ? Qu’avez-vous envie de trouver dans un livre pour vous sentir heureux et/ou bouleversé ?

Alors, oui. Il arrive ce moment où l’on a ce désir de se hisser jusqu’à l’autre pour qu’il puisse trouver sa propre place dans une histoire qui a commencé à être nôtre pour devenir celle de l’autre.

Alors…c’est quand que l’on se rencontre ? :-)

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Quand le pardon vient frapper à votre porte – partie 1

mai 15, 2013 dans À propos de Nathan Malory, Réflexions

Je ne sais pas vous, mais certains se posent des questions existentielles : « Quelle glace je vais prendre aujourd’hui ? Vanille ou chocolat ? », d’autres encore s’interrogent — quel dilemme ! — sur la paire de chaussures qu’elles doivent acheter. Rouges ou noires ? (Ne souriez pas, ça existe vraiment et pour les femmes, c’est EXISTENTIEL !). En général elles prendront les deux…pardon…les quatre :-)
Je sens que je vais me faire plein d’amies sur ce coup là… Pas taper, pas taper  :-)

Ces derniers mois je me suis, pour ma part, interrogé sur le pardon.
Eh oui, c’est une question comme une autre ! Quelle est donc cette étrange bestiole connue des uns et pas des autres ? Pourquoi, ou comment certains font-ils pour pardonner pendant que d’autres n’y arrivent pas ? Peu importe qu’ils essayent ou pas d’ailleurs. Qu’est-ce que le pardon ? A quoi ça peut bien servir ? Peut-tout tout pardonner ? Sur quels critères ? Doit-on attendre que la personne nous demande pardon pour pardonner ou pas ? Le pardon a-t-il un prix ? Doit-on attendre d’avoir pardonné pour pardonner ou faut-il d’abord pardonner pour pardonner ? Y a-t-il une clé, et si oui, où peut-elle bien se cacher ?

Je vous assure, ce sont de VRAIES questions qui m’ont torturé l’esprit pendant des mois ! Un questionnement qui ressemble d’ailleurs davantage à un voyage dans un tunnel tellement on semble avancer dans l’obscurité au fur et à mesure que l’on avance ; mais avec l’espoir — un peu quand même — de trouver une certaine lumière. Une lumière pas si évidente que ça à trouver car le pardon semble tout autant universel que relatif.

La démarche inverse est tout aussi pertinente. Demander pardon peut, au fond, être tout aussi difficile que de pardonner. Dans un cas comme dans l’autre, il me semble important de considérer, et ceci de manière égale, autant sa propre position que celle de l’autre personne.

Au cours des derniers mois, je me suis donc interrogé. J’ai lu (Arendt et Jankélévitch entre autres). J’ai assommé les gens de mes questions, un peu comme un enfant curieux de comprendre quelque chose qu’il venait juste de découvrir : « Dites, pour vous c’est quoi le pardon ? ». J’ai également provoqué des rencontres…au point de rencontrer un prêtre, moi qui suis radicalement athée, en plus d’être rancunier, pour avoir le regard d’un homme de foi. J’en ai fait du chemin !

La quête du pardon vous interpelle ? Alors, ne ratez pas la suite dans un prochain billet… :-)

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Bien écrire. Règle n°5 : Un bon technicien de la langue tu seras !

avril 9, 2013 dans Être écrivain, Langue française

Je continue d’apprendre à écrire.

D’ailleurs, écrire est comme tout métier. Il y a une part de talent, ce fameux coup de baguette magique qui semble inné à des « élus », que l’on ne sait pas trop expliquer et qui permet de faire des merveilles dans une voie, qu’elle soit professionnelle, sportive ou artistique et qui transforme un homme ou une femme en artiste reconnu et admiré par la société humaine.

ET il y a aussi l’expérience que l’on acquiert au fil du temps. Ces réussites et ces échecs qui nous permettent de réfléchir à ce qui nous anime à l’intérieur et de faire évoluer notre passion. L’expérience peut-elle donner naissance au talent ?

Quoi qu’il en soit, cette expérience représente une sorte de base à l’épistémologie — celle de l’écriture ici — sur laquelle je me pencherai un jour davantage, quand j’aurai acquis plus d’expérience et de maturité littéraires. Le jour où je ne serai plus un apprenti mais un écrivain confirmé.

Cela étant, j’écris au quotidien et je côtoie également beaucoup de gens qui écrivent déjà aussi, d’autres qui ont essayé et qui ont laissé tomber, d’autres enfin qui n’osent pas se lancer.

Nous sommes tous différents, et nous écrivons différemment, et pour des raisons différentes. Nous avons chacun un rapport aux mots qui n’est pas le même et aussi une expérience et un regard différents sur l’écriture.

J’ai envie de dire : « Allez-y ! Osez ! Jetez-vous dans les mots, ils n’attendent que vous ! »

Certes… Mais par où commencer ?

Instinctivement, si au départ vous n’écrivez que pour vous, pas d’exigence particulière, j’aurais tendance à vous dire de vous laisser guider par votre intuition. Laissez votre main, ou vos doigts, écrire pour vous, peu importe le sujet. J’y reviendrai ultérieurement dans un autre billet.

Mais si vous écrivez pour être lu, l’exigence est alors de rigueur et aujourd’hui, je compte environ 5 qualités que je juge nécessaires pour « bien écrire » en dehors du talent de l’artiste, et qui sont issues de ma propre expérience. Elles ne sont donc pas absolues et d’autres personnes pourraient vous donner d’autres qualités qu’ils jugeraient également tout aussi pertinentes ! Il est même très probable que ces mêmes qualités que je considère aujourd’hui ne seront pas tout à fait les mêmes dans l’avenir ou alors elles seront complétées. Ça ne sera plus un top 5 mais un top 10. :-)

Aujourd’hui, je commence donc par la première qualité ou règle qui me semble la moins importante (j’expliquerai dans un autre billet pourquoi) mais qui paradoxalement est tellement capitale qu’il n’est pas envisageable de passer à côté… Celle d’être…

…un bon technicien de la langue. J’entends par là, connaître les règles élémentaires de la langue : l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la ponctuation. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de connaître toutes les règles et d’ailleurs il serait assez difficile de toutes les connaître tellement la langue française est tordue et regorge d’exceptions ! Je laisse cette perfection à ces cracks qui ne font aucune faute aux dictées complètement insensées de M. Pivot, et qui forcent mon admiration. Moi-même enfant, je faisais environ 15 fautes aux dictées adultes !

Néanmoins, je dirais qu’il est possible, tout en connaissant quelques règles de base de corriger au moins 80% des fautes usuelles que l’on rencontre tous les jours. Ce sont des règles dont la maîtrise ne demande aucun talent et qui peuvent s’acquérir très facilement juste en les apprenant. Une certaine humilité me semble aussi importante, celle de vérifier au moindre doute ! Grevisse, Bescherelle et Google sont vos amis ! N’hésitez donc pas à vérifier, revérifier ET aussi à solliciter l’aide de votre entourage. Beaucoup oublient une règle essentielle qui est de se faire relire !

Pourquoi cette règle n°5 est-elle importante ? Eh bien parce que c’est elle qui viendra en bout de chaîne de votre création littéraire et qui empêchera vos lecteurs de partir en courant au bout de la dixième faute ! Lire un texte plein de fautes est épuisant, gêne la lecture et surtout sa compréhension ! Bref…on referme le livre au bout de deux pages…c’est dommage ! Qui sait…vous venez peut-être de passer à côté du nouveau prix Goncourt ! Avant d’être un auteur, soyez d’abord votre propre lecteur ! (dans la mesure du possible bien sûr…)

Sachant que tous les grands auteurs ne sont pas forcément de bons techniciens de la langue. Certains sont corrigés. Comme quoi on peut avoir du talent tout en faisant des fautes (dans une proportion raisonnable.)

J’en profite pour insister sur un dernier point et là je m’adresse autant aux auteurs qu’aux lecteurs et aux éditeurs. Toutes les maisons d’édition n’imposent pas une correction des manuscrits. Et à une époque où les petits éditeurs se multiplient, beaucoup ne proposent une correction qu’en option, laquelle n’est souvent pas choisie par l’auteur pour des raisons qu’on peut comprendre : beaucoup d’entre eux (la plupart en fait…) ne gagnent pas leur vie avec l’écriture et ces petits éditeurs publient, sans que cela les dérange le moins du monde, des ouvrages qui donnent malheureusement une mauvaise image de la profession d’écrivain et d’éditeur. Il est du devoir de chacun, dans la chaîne du livre, de ne pas faire de tort aux professions, de faire honneur à la langue française et de respecter les lecteurs.

À bon entendeur !

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